Le réacteur nucléaire de Dimona portera le nom de Shimon Peres
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Le réacteur nucléaire de Dimona portera le nom de Shimon Peres

Le Premier ministre a dit qu'il était 'juste' de renommer l'infrastructure nucléaire du nom de l'ancien président, qui avait joué un rôle essentiel lors de sa création

Shimon Peres et David Ben Gurion visitent le réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d'Israël. (Crédit : archives du ministère de la Défense)
Shimon Peres et David Ben Gurion visitent le réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d'Israël. (Crédit : archives du ministère de la Défense)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche son intention de renommer le réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d’Israël, du nom de feu l’ancien président et Premier ministre Shimon Peres.

Lors de la rencontre hebdomadaire de son cabinet, Netanyahu a déclaré à ses ministres : “J’ai l’intention de renommer le Centre de Recherche Nucléaire de Negev du nom de Shimon Peres.”

“Il a été très actif dans l’établissement de ce projet important pour la sécurité israélienne pour les générations futures, et je pense qu’il est approprié et juste de donner son nom à ce réacteur », a ajouté le Premier ministre.
Cette annonce survient presque deux semaines après le décès de Peres, ancien homme d’Etat qui occupa les plus hautes fonctions en Israël, à l’âge de 93 ans.

Alors qu’il était juste trentenaire, au cours des années 1950, Peres avait joué un rôle essentiel dans la poursuite de la mise en place d’un dispositif de dissuasion nucléaire sur la recommandation du Premier ministre israélien de l’époque, David Ben-Gourion.

Il était parvenu à finaliser un accord secret avec la France qui avait mené à la construction d’un réacteur nucléaire à Dimona, qui atteignit la criticité aux environs de 1962.

Israël est dorénavant considéré comme la seule puissance détenant l’arme nucléaire du Moyen-Orient, même si cela n’a jamais été confirmée, le pays ayant maintenu une politique d’ambiguité.

Selon les estimations, le pays aurait produit suffisamment de plutonium à vocation militaire pour armer entre 100 et 200 ogives, selon la Nuclear Threat Initiative basée aux Etats-Unis.

Vue partielle de la centrale nucléaire de Dimona, dans le Néguev, au sud d'Israël, le 8 septembre 2002. (Crédit : AFP/Thomas Coex)
Vue partielle de la centrale nucléaire de Dimona, dans le Néguev, au sud d’Israël, le 8 septembre 2002. (Crédit : AFP/Thomas Coex)

A la suite de sa mort, dans une déclaration exceptionnelle, Zeev Snir, chef de la Commission de l’Energie Atomique israélienne, a rendu hommage à la “contribution substantielle de Peres” à l’établissement du Centre de Recherche Nucléaire de Negev situé à proximité de Dimona et à la « fondation de la politique nucléaire israélienne en tant que facteur significatif garantissant la force nationale du pays ».

Peres, qui a été président et Premier ministre par deux dois, avait reçu le Prix Nobel en 1994 pour son rôle dans la négociation des accords d’Oslo contractés avec les Palestiniens, ne percevant aucune contradiction entre cette convention passée et ses efforts livrés dans le nucléaire.

“Dimona nous a aidés à réaliser Oslo”, avait-il indiqué au Times Magazine lors d’une interview accordée au mois de février.

“Parce que de nombreux Arabes, par suspicion, en sont arrivés à la conclusion qu’il est très dur de détruire Israël en raison de cette force, en raison de ce soupçon ».

“Et si le résultat, c’est Dimona, je pense que j’ai eu raison. De toute façon, nous n’avons jamais menacé quiconque avec les bombes nucléaires, et nous ne les avons jamais testées ».

La semaine dernière, le ministre des Transports, Yisrael Katz a également annoncé qu’il réfléchirait à renommer l’autoroute d’Ayalon, qui travers Tel Aviv, du nom de Peres.

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