Le seul abattoir casher des Pays-Bas sur le point de fermer
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Le seul abattoir casher des Pays-Bas sur le point de fermer

Les employés de l’abattoir Slagerij Marcus affirment que les nouvelles clauses sur la régulation des méthodes d’abattage vont causer une baisse de 40 % sur leur revenu

Un sacrificateur rituel juif affûte son matériel. (Kobi Gideon/Flash90)
Un sacrificateur rituel juif affûte son matériel. (Kobi Gideon/Flash90)

Le seul abattoir casher des Pays-Bas est sur le point de fermer, depuis que le gouvernement a introduit une loi interdisant l’exportation de ces produits, selon l’avocat de l’abattoir.

Cette interdiction s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu le 5 juillet entre le gouvernement et les dirigeants juifs et musulmans.

Herman Loonstein s’est plaint des répercussions dans une lettre envoyée la semaine dernière aux dirigeants de la communauté juive hollandaise au nom de l’abattoir Slagerij Marcus.

Une clause dans le document signé de juillet stipule que la viande peut être préparée sans étourdir au préalable l’animal, comme c’est le cas dans les abattoirs casher, mais que cette viande « ne devra pas excéder les besoins réels de la communauté présente aux Pays-Bas ».

Pour Slagerij Marcus, cette clause est synonyme d’une perte d’environ 40 % de son revenu, qui provient de l’exportation, a déclaré Loonstein au JTA, ce qui le met dans une position « financièrement insoutenable ».

Cet accord est l’extension d’un avenant à un accord signé entre le gouvernement et les responsables religieux en 2012. Mais la clause sur les exportations n’a été ajoutée à document original qu’en juillet.

Dépourvue de 40 % de son chiffre d’affaires, l’abattoir juif « ne peut pas continuer à exister », a écrit Loonstein. « En somme, cette interdiction d’exportation signe la fin du dernier abattoir casher aux Pays-Bas ».

Les lois religieuses de l’islam et du judaïsme exigent que l’animal soit conscient au moment où il est égorgé. Les militants des droits des animaux considèrent que c’est une pratique cruelle, bien que ses adhérents affirment qu’elle engendre autant, si ce n’est moins de souffrance, comparée aux méthodes d’abattage industrielle avec étourdissement.

Les nationalistes et les activistes anti-islam s’opposent également à l’abattage rituel en Europe, principalement parce qu’ils considèrent que c’est une pratique étrangère à la culture locale.

En 2011, le parlement hollandais à adopté une interdiction sur l’abattage rituel avec le soutien du Parti pour les Animaux et du parti d’extrême-droite Parti pour la Liberté. Mais le sénat hollandais a annulé cette interdiction, indiquant qu’elle empiétait sur la liberté de culte.

Deux des trois régions de Belgique ont déjà adopté dernièrement des lois interdisant la production de viande casher et halal.

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