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Le shekel atteint (encore) un nouveau record jamais vu en 25 ans face au dollar

La force de la monnaie israélienne met en péril les fabricants locaux, alors que la pandémie continue de peser sur les chaînes d'approvisionnement mondiales

Des shekels israéliens. (Crédit : Orel Cohen/FLASH90)
Des shekels israéliens. (Crédit : Orel Cohen/FLASH90)

Le taux de change du shekel par rapport au dollar a atteint un nouveau record jamais vu en 25 ans lundi, 1 dollar ayant brièvement atteint 3,08 NIS avant de clôturer la journée autour de 3,11 NIS.

Le shekel s’est renforcé par rapport aux principales devises comme le dollar et l’euro, en grande partie grâce aux niveaux élevés d’investissements directs étrangers et à la force du secteur technologique.

Si une monnaie forte permet des importations moins chères, elle peut également nuire aux exportateurs en rendant leurs produits plus chers pour les clients étrangers.

Ce nouveau record est intervenu quelques jours seulement après que le précédent ait été brièvement atteint, avant de redescendre.

Le shekel s’est négocié autour de 3,6 pour un dollar pendant plusieurs années, mais plus récemment, il se situait dans une fourchette de 3,2 à 3,3.

Le quotidien économique Globes rapporte que la Banque d’Israël est intervenue mardi en achetant des devises étrangères pour ralentir la hausse du shekel. La banque s’est refusée à tout commentaire.

La force de la monnaie est due à des facteurs tels que la solidité de l’économie israélienne, les investissements étrangers dans les entreprises israéliennes qui font entrer des capitaux dans le pays, les politiques monétaires de la Banque d’Israël et la vigueur des marchés boursiers mondiaux, qui peuvent amener les institutions financières israéliennes à vendre des devises étrangères lorsque leur exposition augmente.

Le shekel fort est bénéfique pour les Israéliens qui font des achats à l’étranger ou qui échangent des devises, mais il nuit aux exportateurs, qui sont payés en devises étrangères et règlent leurs dépenses en shekels, ce qui fait craindre la fermeture de chaînes de production et des licenciements. La pandémie a également fait des ravages dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, entraînant une hausse des frais d’expédition et d’autres dépenses.

La hausse du shekel pourrait également nuire à l’avantage concurrentiel de certaines entreprises par rapport aux sociétés étrangères. L’association des fabricants a convoqué une réunion d’urgence la semaine dernière pour discuter de la situation des exportateurs.

Les entreprises technologiques qui perçoivent des revenus en dollars pourraient également être lésées par le taux de change.

La Banque d’Israël a déclaré le mois dernier qu’elle envisageait de réduire ses achats d’obligations et de resserrer sa politique monétaire. La banque doit se réunir le 22 novembre pour discuter de sa politique.

En janvier, la banque a déclaré qu’elle prévoyait d’acheter 30 milliards de dollars en devises étrangères pour endiguer la hausse du shekel en 2021, avant de préciser qu’elle ne se limitait pas à ce montant.

Luke Tress a contribué à cet article.

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