Le Soudan signe l’accord de normalisation avec Israël
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Le Soudan signe l’accord de normalisation avec Israël

L'accord "aidera davantage le Soudan sur la voie de la stabilité, la sécurité et l'opportunité économique", a déclaré l'ambassade américaine à Khartoum

Un drapeau israélien lors d'un rassemblement dans la ville côtière de Tel Aviv le 19 septembre 2020 ; et un drapeau soudanais lors d'un rassemblement à l'est de la capitale Khartoum, le 3 juin 2020. (JACK GUEZ et ASHRAF SHAZLY / AFP)
Un drapeau israélien lors d'un rassemblement dans la ville côtière de Tel Aviv le 19 septembre 2020 ; et un drapeau soudanais lors d'un rassemblement à l'est de la capitale Khartoum, le 3 juin 2020. (JACK GUEZ et ASHRAF SHAZLY / AFP)

Le Soudan a signé mercredi avec les États-Unis les accords dits d’Abraham sur la normalisation des relations diplomatiques de ce pays à majorité musulmane avec Israël, selon l’ambassade américaine à Khartoum.

« Nous félicitons le gouvernement de transition (soudanais) pour la signature de la Déclaration des accords d’Abraham, qui aidera le Soudan à poursuivre sa transformation vers la stabilité, la sécurité et les opportunités économiques », a tweeté l’ambassade.

« L’accord permet au Soudan, à Israël et aux autres signataires des Accords d’Abraham d’établir une confiance mutuelle et d’accroître la coopération dans la région », a-t-elle ajouté.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a qualifié cette signature « d’étape importante dans les accords de normalisation régionale au Moyen-Orient ».

Il a également remercié « l’administration américaine pour ses efforts constants visant à promouvoir la paix et la stabilité » dans la région.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin (à gauche) et le ministre soudanais de la Justice Nasredeen Abdulbari signent les accords d’Abraham à Khartoum, la capitale du Soudan, le 6 janvier 2021. (Capture d’écran : Facebook)

Au cours de la cérémonie de signature, le ministre de la Justice soudanais Nasreddine Abdelbari a aussi estimé qu’il s’agissait d’une « étape importante ». Selon une vidéo diffusée par l’agence de presse d’État Suna, il considère que l’accord « confirme notre croyance que la paix renforce les relations et les intérêts entre les peuples ».

Parallèlement, lors de sa brève visite à Khartoum mercredi, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a signé un accord donnant accès au Soudan à plus d’un milliard de dollars pour l’aider à rembourser sa dette envers la Banque mondiale.

La ministre soudanaise des Finances par intérim Hiba Ahmed et M. Mnuchin « ont signé un protocole d’accord à Khartoum pour fournir une facilité de financement (…), afin de couvrir les arriérés du Soudan envers la Banque mondiale ».

« Cette initiative va permettre au Soudan d’avoir de nouveau accès à plus d’un milliard de dollars de financements annuels de la part de la Banque mondiale pour la première fois en 27 ans », a précisé un communiqué du ministère.

Le secrétaire au Trésor américain Steve Mnuchin prononce un discours lors de la réception officielle à l’occasion de l’inauguration de l’ambassade des États-Unis au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 13 mai 2018. (AFP/Gali Tibbon)

Ces annonces interviennent après le retrait du Soudan de la liste noire des États accusés de soutenir le terrorisme, synonyme de sanctions et d’obstacles aux investissements internationaux pendant des décennies.

L’aide financière obtenue par Khartoum ouvre la voie aux investisseurs dans le pays, qui connaît actuellement une transition politique fragile et qui lutte contre une crise économique sans précédent avec une inflation galopante, le tout accentué par la pandémie de coronavirus.

La dette extérieure du Soudan est d’environ 60 milliards de dollars.

Le retrait du Soudan de la liste noire faisait partie d’un accord comprenant la normalisation de ses relations avec Israël.

Le président américain Donald Trump a annoncé coup sur coup le 23 octobre sa décision de retirer le Soudan de la liste noire américaine et l’accord de normalisation.

Lors de sa visite inédite à Khartoum, M. Mnuchin devait rencontrer le président du Conseil souverain Abdel Fattah al-Burhane et le Premier ministre Abdallah Hamdok.

Après avoir régné sans partage sur le pays pendant trente ans, Omar el-Béchir a été chassé du pouvoir en avril 2019 à la suite de manifestations de masse contre son régime.

Un gouvernement de transition, issu d’un accord entre militaires et dirigeants du mouvement de contestation, est en place depuis août 2019.

M. Mnuchin a également rencontré mercredi le ministre soudanais de l’Irrigation pour discuter du barrage construit sur le Nil par l’Ethiopie et contesté par l’Egypte et le Soudan.

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