Le vote sur la souveraineté israélienne sur le Golan bloqué à la Chambre US
Rechercher

Le vote sur la souveraineté israélienne sur le Golan bloqué à la Chambre US

Ron DeSantis, représentant de Floride, a déploré que sa mesure soit bloquée au vu de la "multitude de forces malveillantes" qui sapent la sécurité dans le secteur

Un drapeau israélien placé sur le mont Bental sur le plateau du Golan, le 10 mai 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / JALAA MAREY)
Un drapeau israélien placé sur le mont Bental sur le plateau du Golan, le 10 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JALAA MAREY)

La Chambre des représentants a bloqué une proposition émanant d’un législateur américain spécifiant la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, suite à l’opposition présumée de leaders de partis et de membres de la Maison Blanche.

Le représentant de la Floride, Ron DeSantis, avait présenté cette proposition non-contraignante la semaine dernière devant la commission du Congrès sur les Affaires étrangères, dont il est membre, disant que même si elle était symbolique, son approbation encouragerait une prise de position de l’administration sur le sujet.

La proposition a toutefois été écartée et ne sera donc pas votée dans le cadre de la loi d’autorisation de la Défense nationale, que la Chambre a adoptée jeudi.

« Je ne sais pas pourquoi ma proposition sur le plateau du Golan n’a pas été retenue et pourquoi un vote lui a été refusé », a dit DeSantis au site d’information Washington Free Beacon.

« C’était un amendement pertinent qui aurait donné à la Maison Blanche une opportunité d’ajouter de la clarté à la politique américaine vis-à-vis de la Syrie, dans un sens plus large ».

« Comment pourrions-nous seulement réfléchir à soutenir autre chose que l’application de la souveraineté israélienne sur un secteur tellement significatif au niveau stratégique, en particulier au vu de la multitude de forces malveillantes qui sapent la région ? », s’est-il interrogé.

Ron DeSantis, représentant républicain de la Floride, en conférence de presse à Jérusalem, le 5 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le site d’information a cité des responsables non-identifiés disant que les leaders républicains à la Chambre avaient empêché un vote sur la proposition, des membres de l’administration Trump ayant fait pression sur le président de la Chambre Paul Ryan. Les responsables de la Maison Blanche ont nié leur implication.

Israël a capturé le Golan en 1967 à la Syrie, qui utilisait sa position en hauteur pour bombarder les implantations israéliennes en Galilée. L’Etat juif a annexé le territoire en 1981, une initiative jamais reconnue par la communauté internationale – dont les Etats-Unis – qui considèrent encore la zone comme occupée.

Israël espère que l’administration Trump va reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, a déclaré le ministre du Renseignement Yisrael Katz dans un entretien publié mercredi, expliquant qu’une telle décision servirait de message d’avertissement à l’Iran.

S’exprimant auprès de l’agence de presse Reuters, Katz a dit que la reconnaissance du contrôle d’Israël sur le territoire du Golan était en « tête du programme » des discussions avec Washington, qui a déjà reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël et y a transféré ce mois-ci son ambassade.

« C’est le moment parfait pour prendre une telle décision », avait alors déclaré Katz qui est aussi le ministre des Transports et membre du cabinet de sécurité du gouvernement. « La riposte la plus douloureuse que l’on peut donner aux Iraniens est de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan – avec une déclaration américaine, une proclamation présidentielle ».

L’organisation sioniste d’Amérique (ZOA) a condamné vendredi les « efforts internes » visant à empêcher le vote sur la proposition.

« La ZOA a soutenu avec force la résolution de DeSantis, que nous considérons comme un développement important et vital dans la réalisation de la reconnaissance de l’importance stratégique et sécuritaire du plateau pour Israël », a noté le chef du groupe, Mort Klein, dans un communiqué.

« Le plateau du Golan a toujours été important à un degré vital pour la sécurité d’Israël mais nous avons constaté récemment qu’il l’était encore davantage dorénavant et maintenant que l’Iran a fait entrer ses propres forces en Syrie », a ajouté Klein. « C’est pour cette raison que la proposition de De Santis présente une telle importance à long-terme ».

Klein a également appelé d’autres groupes pro-israéliens et le président américain Donald Trump à soutenir la résolution.

DeSantis a déclaré au site Walla la semaine dernière que son action lui semblait être une suite naturelle de la relocalisation de l’ambassade de tel Aviv à Jérusalem, particulièrement au vu de la guerre civile en cours en Syrie et des tentatives de l’Iran de s’enraciner le long de la frontière avec Israël.

Le public écoute l’allocution pré-enregistrée de Donald Trump durant l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a ajouté que tout comme la réinstallation de son ambassade par Washington aidait à soustraire la question de Jérusalem des négociations de paix, la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan clarifierait le fait que Jérusalem ne serait pas forcé par les Etats-Unis d’abandonner ce territoire.

DeSantis a assisté à la cérémonie célébrant l’ouverture de l’ambassade de Jérusalem. Il était un partisan de longue date de ce transfert et, au mois de mars dernier, avait pris la tête d’une commission d’enquête au Congrès venue en Israël pour trouver un site approprié à une nouvelle mission.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...