Rechercher

L’Egypte négocierait la fin des violences entre Israël et le Hamas

Des sources ont fait savoir que l'accord mettra un terme aux lancer de ballons incendiaires en Israël et aux tentatives d’ouverture de brèches dans la frontière

Des émeutiers palestiniens brandissent un drapeau près du littoral au nord de la bande de Gaza le 22 octobre  2018. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
Des émeutiers palestiniens brandissent un drapeau près du littoral au nord de la bande de Gaza le 22 octobre 2018. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

La délégation égyptienne qui s’est rendue à Tel Aviv, Gaza et Ramallah ces derniers jours, aurait tenté d’orchestrer un accord entre Israël et le Hamas qui permettrait de mettre un terme à toutes les violences émanant de la bande, notamment aux envois de ballons incendiaires et aux tensions à la clôture frontalière.

Des sources ont expliqué au journal arabe Al-Hayat, basé à Londres, que l’Egypte avait transmis un message aux hauts responsables de Gaza et de Cisjordanie, leur demandant d’éviter l’escalade des tensions, a fait savoir la Dixième chaîne israélienne.

Les sources ont clairement établi que l’accord ne consistait pas en un cessez-le-feu et que les Palestiniens pourront continuer leurs manifestations hebdomadaires le long de la frontière avec Israël mais sans commettre d’actes de violences, comme les tentatives d’ouverture de brèches dans la frontière, le lancer de ballons incendiaires ou les jets des cocktails Molotov sur les soldats israéliens stationnés dans la zone.

Selon les informations transmises, Israël aurait juré en retour d’élargir la zone maritime de pêche autorisée au large de la côte de Gaza, de permettre l’approvisionnement en carburant au sein de l’enclave côtière et d’augmenter les heures d’approvisionnement en électricité. L’Etat juif permettra également aux Nations unies de réaliser des projets d’infrastructures à Gaza.

Des pêcheurs gazaouis au large de la bande de Gaza, le 3 avril 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

Des sources ont fait savoir à Al-Hayat que le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont accepté les termes de l’accord.

L’Egypte aurait fait la promesse à l’Autorité palestinienne (AP), qui s’oppose à un accord entre Israël et le Hamas sans une réconciliation palestinienne interne préalable, qu’elle œuvrera en faveur du rétablissement de l’AP à Gaza.

L’Egypte aurait également pris des initiatives pour favoriser la reprise du processus de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, le mouvement dirigé par le président de l’AP Mahmoud Abbas, en accueillant les leaders des deux factions rivales pour des pourparlers séparés au Caire, le mois dernier.

Des sources ont fait savoir à Al-Hayat que l’AP ne devrait pas s’opposer à l’accord.

Le Hamas, ces derniers jours, semble avoir tenté de réduire le mouvement de protestation massif organisé à la frontière entre Gaza et l’Etat juif.

Seules quelques centaines de personnes ont participé à une manifestation, sur la plage, aux abords de la clôture du nord de Gaza dans la journée de lundi – une participation bien plus faible qu’au cours des dernières semaines. Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, 20 manifestants ont été blessés par des tirs israéliens.

Des manifestants palestiniens se couvrent le visage pour se protéger des gaz lacrymogènes des soldats israéliens pendant une manifestation sur la plage, à la frontière avec Israël, près de Beit Lahiya, au nord de la bande de Gaza, le 22 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Mardi, un adolescent palestinien a été tué et six personnes ont été blessées par des tirs israéliens au cours d’une manifestation frontalière, à l’est de Gaza City.

Pour la première fois depuis des mois, il n’y a pas eu de morts au cours du mouvement de protestation hebdomadaire de vendredi dernier. Plus de 100 Palestiniens auraient été blessés lors des affrontements violents alors que des milliers de personnes manifestaient aux abords de la frontière, faisant brûler des pneus et jetant des pierres sur les postes militaires israéliens à proximité de la clôture. Toutefois, les responsables israéliens de la Défense ont estimé qu’il s’agissait de la manifestation la plus calme depuis le début de « la marche du retour », au mois de mars.

La fréquence des manifestations s’est intensifié ces dernières semaines. D’abord hebdomadaires, elles sont devenues quotidiennes, le Hamas cherchant à exercer des pressions sur Israël en vue de la conclusion d’un accord. Il y a eu une réduction des violences ces derniers jours après l’intervention de médiateurs qui ont tenté de négocier l’apaisement.

Un Palestinien utilise un lance-pierres pour jeter un projectile en direction des forces israéliennes de l’autre côté de la clôture lors des affrontements à la frontière avec Israël à l’est de la Gaza City le 13 juillet 2018. (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

La chaîne israélienne Hadashot a fait savoir vendredi que les responsables israéliens estimaient que le Hamas a changé de politique concernant les émeutes et s’efforce de réduire les violences lors des rassemblements.

Jérusalem pense que le groupe tente de modérer les manifestations afin de donner aux médiateurs égyptiens la chance de conclure un accord entre le Hamas et Israël pour une trêve à long terme, a indiqué la chaîne.

L’Egypte, aux côtés du coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient des Nations unies, Nikolay Mladenov, joue un rôle essentiel dans ces pourparlers qui permettraient la mise en place d’un cessez-le-feu.

Jeudi, les habitants de Gaza ont bénéficié d’heures d’électricité supplémentaires après que plusieurs camions transportant du carburant – payé par le Qatar – ont rejoint la seule centrale électrique de l’enclave côtière.

Ce carburant avait commencé à arriver à la centrale dès le 9 octobre mais le ministre de la Défense israélien, Avigdor Liberman, avait stoppé son acheminement quatre jours plus tard, suite aux nombreuses semaines de manifestation ponctuées de violences contre les forces de sécurité à la frontière.

L’Etat juif a néanmoins décidé de lever l’embargo sur l’entrée du carburant, mardi, suite à une semaine de calme relatif dans la région frontalière.

Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, contrôle Gaza depuis qu’il a renversé l’AP, dominée par le Fatah, lors d’un coup d’Etat en 2007.

Des soldats israéliens marchent devant des tanks à un point de rassemblement près de la frontière avec Gaza, le 19 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le Fatah et l’AP s’opposent avec véhémence à un possible cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Ils ont demandé qu’une réconciliation entre le Fatah et le Hamas ait lieu avant la mise en place d’une trêve, et ils ont affirmé que l’OLP était le seul parti palestinien en mesure de négocier un tel accord.

Abbas a pris à la gorge le Hamas sur le volet financier pour faire en sorte que ce dernier cède le contrôle du territoire.

Les responsables de l’AP ont été furieux des initiatives de contournement de leur autorité visant à aider Gaza, et ils auraient réfléchi à stopper toute aide à l’enclave côtière – une coupure d’environ 96 millions de dollars qui, selon les responsables israéliens de la sécurité, pourrait amener le Hamas, désespéré et à court de liquidités, à entrer en conflit avec Israël.

Abbas a expliqué que l’AP ne devait pas être financièrement tenue pour responsable de la bande de Gaza, placée entre les mains du Hamas. Il avait, dans le passé, voulu se réconcilier avec le groupe terroriste et replacer l’enclave côtière sous le contrôle de l’AP. Il avait toutefois refusé tout accord sans désarmement du Hamas – une condition que le groupe islamiste ne veut pas accepter.

Mais un certain nombre de gouvernements arabes se sont opposés au désir d’Abbas d’étouffer financièrement le Hamas, concluant qu’une telle mesure entraînerait un pic de violences.

Depuis le 30 mars, les Palestiniens, dans la bande de Gaza, ont participé à une série de manifestations et d’émeutes qui ont essentiellement impliqué des pneus brûlés et des caillassages le long de la clôture de sécurité, mais qui ont aussi été l’occasion de fusillades et de bombardements. Des ballons et des cerfs-volants incendiaires ont également été lancés en direction d’Israël.

Cette photo prise au Kibbutz Nahal Oz dans le dus d’Israël montre un drone militaire israélien s’approcher de ballons transportant un dispositif incendiaire lancés depuis la bande de Gaza, le 18 octobre 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)

Il y a également eu plusieurs flambées de violence qui ont amené Israël et le Hamas au bord de la guerre, avec des tirs de roquettes palestiniens en Israël auxquels l’armée a répondu par des frappes aériennes.

Environ 156 Palestiniens ont été tués et des milliers blessés lors d’affrontements avec les soldats de l’armée israélienne. Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a reconnu que des douzaines de morts appartenaient à ses rangs. Du côté israélien, un soldat a été tué par balles par un tireur isolé palestinien sur la frontière.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...