L’envoyé de Trump invite les patrons des médias sociaux à cibler l’antisémitisme
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L’envoyé de Trump invite les patrons des médias sociaux à cibler l’antisémitisme

Elan Carr déclare à la commission de la liberté religieuse que Facebook et Twitter peuvent supprimer les contenus antisémites en appliquant leurs propres conditions d'utilisation

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

L'envoyé spécial des États-Unis pour la surveillance et la lutte contre l'antisémitisme, Elan Carr, prend la parole devant la Conférence des présidents à Jérusalem, le 21 février 2019. (Matty Stern / Ambassade des Etats-Unis à Jérusalem)
L'envoyé spécial des États-Unis pour la surveillance et la lutte contre l'antisémitisme, Elan Carr, prend la parole devant la Conférence des présidents à Jérusalem, le 21 février 2019. (Matty Stern / Ambassade des Etats-Unis à Jérusalem)

WASHINGTON – L’envoyé de l’administration Trump pour la lutte contre l’antisémitisme a appelé mercredi les sociétés de réseaux sociaux à appliquer plus rigoureusement leurs propres conditions d’utilisation pour éliminer les contenus antisémites en ligne.

Lors d’une audition sur l’antisémitisme organisée par la US Commission on International Religious Freedom [Commission américaine sur la liberté religieuse internationale], Elan Carr a détaillé une liste de propositions visant à réduire l’augmentation des incidents antisémites aux États-Unis et dans le monde, et à lutter contre la large diffusion des théories du complot antisémite sur le web.

M. Carr a déclaré que la plupart des messages de haine antisémites sur les grandes plateformes de médias sociaux, comme Facebook et Twitter, violent déjà les politiques de ces entreprises.

« Le discours antisémite viole très souvent les conditions d’utilisation de ces sites et de ces plateformes », a-t-il expliqué. « Nous devrions donc encourager, non pas la censure, mais le fait que ces plateformes appliquent leurs propres conditions. Pourquoi ne le feraient-elles pas ? S’il y a des conditions d’utilisation, elles devraient les faire respecter. Ce n’est pas au gouvernement de le faire, c’est à eux de le faire ».

Dans une salle d’audience bondée du Russell Senate Office Building à Capitol Hill, Carr a qualifié le défi de la lutte contre l’antisémitisme en ligne de « défi politique délicat ». Il a déclaré que l’objectif est de réduire efficacement le problème sans enfreindre le premier amendement, qui garantit la liberté d’expression.

Après avoir participé à une réunion avec les dirigeants des plus grandes sociétés de réseaux sociaux du monde, organisée par l’Anti-Defamation League (ADL), M. Carr a déclaré qu’il y avait une « prise de conscience croissante » de la nécessité de s’attaquer au problème.

Il a également indiqué qu’il avait le sentiment que Washington tentera de trouver des solutions politiques si les entreprises ne le font pas.

« J’ai l’impression qu’il y a une prise de conscience croissante sur le fait que c’est un problème qui doit être traité », a-t-il déclaré à la commission. « Si les entreprises de technologie ne s’en occupent pas, le gouvernement des États-Unis pourrait le faire. »

Le co-fondateur et PDG de Facebook Mark Zuckerberg témoigne devant la House Financial Services Committee dans le bâtiment Rayburn House Office à Capitol Hill, le 23 octobre 2019 à Washington, DC. (Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Il a continué : « Je m’occupe d’antisémitisme, je ne préconise pas de politique ou de législation ici. Cependant, je pense que l’on se rend de plus en plus compte dans le monde de la technologie que les dirigeants de notre pays et nos décideurs ont conscience qu’il faut faire quelque chose ».

M. Carr a déclaré que le gouvernement peut faire davantage pour dénoncer les activités antisémites en ligne.

Déplorant que les extrémistes antisémites « utilisent l’Internet pour répandre ce venin », il a déclaré qu’une enquête récente avait révélé qu’un groupe néo-nazi essayait de cibler les Noirs américains en ligne et de les retourner contre les Juifs à la suite d’une vague d’attaques antisémites dans la région de New York dont des Afro-Américains étaient responsables.

Le responsable de Trump a également attiré l’attention sur la communauté internationale, ajoutant que Washington s’employait à faire en sorte « que les pays enquêtent sur les crimes de haine, les poursuivent et les punissent comme il se doit ».

Il a ajouté que « même les délits mineurs doivent être traités car ce sont souvent les meilleures occasions d’intervenir dans la vie d’un jeune en colère et isolé avant qu’il ne se tourne vers la violence ».

De plus, M. Carr a recommandé une posture plus ferme sur les manuels scolaires qui seraient jugés antisémites. Il n’a pas précisé ce qui constituait de l’antisémitisme dans ce contexte, mais il a appelé à « exiger que les pays suppriment le contenu antisémite des manuels utilisés dans leurs écoles. Apprendre à des enfants innocents à haïr d’autres enfants, c’est de la maltraitance de masse ».

Parallèlement, M. Carr a déclaré que les dirigeants du monde devaient être vigilants pour affronter et condamner la haine antisémite.

« Nous devons comprendre qu’Internet a été le principal vecteur de cette maladie et nous devons continuer à exhorter les dirigeants du monde entier à s’élever rapidement contre les discours de haine », a-t-il déclaré.

Le président américain Donald Trump a été accusé de ne pas avoir condamné les antisémites qui le soutiennent politiquement.

Il avait notamment déclaré que des « gens très bien » ont défilé aux côtés des néo-nazis et des klansmen [membres du Ku Klux Klan] lors d’un rassemblement du pouvoir blanc à Charlottesville en 2017.

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