Les 28 de l’UE rejettent la liste noire anti-blanchiment incluant Ryad
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Les 28 de l’UE rejettent la liste noire anti-blanchiment incluant Ryad

Par ailleurs, l'Iran veut se doter d'ici au 20 mars de l'organe qui lui permettra de commercer avec les Européens malgré les sanctions américaines

Blanchiment d'argent. Illustration. (Crédit : iStock)
Blanchiment d'argent. Illustration. (Crédit : iStock)

Les représentants des 28 Etats membres de l’UE ont rejeté mercredi la liste noire contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, proposée par la Commission européenne et incluant notamment l’Arabie Saoudite, selon des sources européennes.

« Les 28 ont rejeté à l’unanimité lors d’une réunion à Bruxelles la liste » présentée par l’exécutif européen il y a près de trois semaines, ont indiqué deux sources à l’AFP.

Les ministres de l’Intérieur de l’UE devraient valider formellement ce rejet jeudi, lors d’une réunion dans la capitale belge.

Ce rejet était attendu après les critiques sur la méthodologie employée pour dresser la liste et des pressions de Ryad et Washington.

Il constitue un revers pour la Commission, qui avait proposé le 14 février dernier d’ajouter sept nouveaux Etats à la liste, portant cette dernière à un total de 23 pays à « haut risque ».

Parmi les 7 nouveaux pays ajoutés par la Commission à la liste noire se trouvaient outre l’Arabie Saoudite, notamment le Panama et quatre territoires américains : les Samoa américaines, Guam, Porto Rico et les Îles Vierges américaines.

Tout comme le Panama et l’Arabie saoudite, ces quatre territoires ne sont pas sur la liste du Groupe d’action financière international (Gafi), l’organisme chargé de coordonner les efforts mondiaux pour assainir le système financier international, actuellement présidé par les Etats-Unis.

Parmi les 16 pays figurant déjà sur la liste initiale se trouvent l’Iran, l’Irak, le Pakistan ou encore l’Ethiopie et la Corée du Nord.

Le fait de se retrouver sur cette liste ne déclenche pas de sanctions, mais il oblige les banques européennes à appliquer des contrôles renforcés sur les opérations financières avec des clients ou des établissements financiers dans ces pays.

Sur une cinquantaine de pays passés à la loupe, la Commission avait conclu que 23 présentaient des « carences stratégiques » dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Sanctions : l’Iran veut se doter de son entité de troc d’ici le 20 mars

L’Iran veut se doter d’ici au 20 mars de l’organe qui lui permettra de commercer avec les Européens malgré les sanctions américaines, a affirmé mercredi à Vienne le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

« Nous espérons que ce sera d’ici la fin de l’année iranienne », qui s’achèvera le 20 mars, a-t-il déclaré à des journalistes en marge d’une réunion de suivi de l’accord nucléaire de 2015 dans la capitale autrichienne.

Cet organe sera le pendant et le partenaire de l’entité Instex entérinée début février par l’Union européenne malgré les critiques américaines.

Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères et chef des négociateurs nucléaires iraniens, lors d’une conférence de presse à Téhéran, le 14 mai 2013
(Crédit : AFP/Archives Atta Kenare)

L’UE a imaginé cet instrument pour permettre à Téhéran de continuer de bénéficier des retombées économiques de l’accord de 2015 et donc d’en rester partie prenante après le rétablissement de sanctions contre l’Iran par Washington en novembre.

Le président américain Donald Trump a dénoncé en mai ce texte négocié par l’administration Obama et dont il a toujours été un farouche opposant.

En pratique, l’Instex doit fonctionner comme une chambre de compensation permettant à l’Iran de continuer à vendre du pétrole et d’importer en contrepartie d’autres produits ou services nécessaires à son économie.

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La mise en place d’un organe côté iranien s’avère techniquement délicate car celui-ci « ne doit avoir aucun lien avec la Banque centrale d’Iran, sous le coup des sanctions américaines, et respecter les règles internationales contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », selon une source européenne.

M. Araghchi a précisé que le directeur de l’Instex, l’Allemand Per Fischer, était attendu « à Téhéran très prochainement pour avoir des discussions en cercle restreint avec ses homologues iraniens ».

« Une structure miroir (de l’Instex, ndlr) va être mise en place très rapidement et ces deux structures travailleront ensemble », a-t-il assuré. Il y a « un très fort soutien » de toutes les parties pour que l’accord puisse perdurer malgré les manoeuvres américaines, a ajouté le diplomate iranien.

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