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Les autorités malaisiennes libèrent le Gazaoui enlevé à Kuala Lumpur

L'informaticien palestinien pourrait avoir été enlevé par des agents formés par le Mossad en Malaisie, chargés d'enquêter sur son appartenance au Hamas

Une femme portant un masque passant devant les tours jumelles de Kuala Lumpur, en Malaisie, le 18 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Vincent Thian)
Une femme portant un masque passant devant les tours jumelles de Kuala Lumpur, en Malaisie, le 18 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Vincent Thian)

Les autorités malaisiennes auraient libéré un Palestinien, capturé à la fin du mois dernier par des agents du Mossad et interrogé depuis à Kuala Lumpur, en lien avec son appartenance présumée au groupe terroriste du Hamas et à sa branche armée, les Brigades Izz ad-Din al-Qassam.

Selon des informations non vérifiées d’Al Jazeera Arabic et du New Straits Times de Malaisie, des agents malaisiens recrutés par l’agence d’espionnage israélienne et formés en Europe auraient enlevé un Palestinien originaire de la bande de Gaza en plein coeur de la capitale malaisienne, le 28 septembre dernier, alors qu’il s’apprêtait à monter à bord d’un véhicule avec un autre Gazaoui.

Tous deux sont considérés comme des experts en informatique.

Le deuxième homme, qui, selon des informations malaisiennes, aurait tenté d’aider son ami a été sommé de se tenir à l’écart tandis que les agents emmenaient leur prisonnier vers une voiture qui les attendait.

Il s’est empressé de donner l’alerte aux autorités.

Le New Straits Times indique que l’homme enlevé a été conduit dans une maison, à environ une heure de route de Kuala Lumpur, puis attaché à une chaise et questionné par des agents de renseignement israéliens par vidéoconférence.

« Vous savez pourquoi vous vous trouvez ici », auraient-ils dit au Palestinien.

Une source « proche de l’affaire » a déclaré au site d’information malaisien que « les Israéliens voulaient savoir précisément ce qu’il faisait en matière d’applications informatiques, où en était le Hamas dans le développement de logiciels, quels membres de la brigade Al-Qassam il connaissait et quelles étaient leurs forces ».

L’interrogatoire aurait duré une journée avant que les autorités malaisiennes n’effectuent une descente dans la maison et n’arrêtent les ravisseurs et leur victime.

Selon des informations malaisiennes, le Palestinien aurait été blessé par les coups infligés par ses geôliers.

Il aurait depuis quitté la Malaisie.

En 2018, Fadi Mohammed al-Batsh, ingénieur électricien né à Gaza et membre du Hamas, avait été abattu à Kuala Lumpur par deux motocyclistes alors qu’il se rendait à la mosquée pour les prières de l’aube.

Pour beaucoup, il était clair qu’Israël avait commandité l’assassinat.

Photo prise le 21 avril 2018 : deux hommes placardent la photo d’un membre du Hamas, Fadi Mohammad al-Batsh âgé de 35 ans, devant la maison de sa famille, à Jabaliya, au nord de la bande de Gaza. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

D’ailleurs, la famille du scientifique n’a pas tardé à accuser le Mossad.

Le Hamas a fait savoir, une fois al-Batsh mort, qu’il avait effectivement fait partie de l’organisation, louant la mémoire d’ « un commandant » de son aile armée.

L’homme politique israélien Avigdor Liberman, alors ministre de la Défense, avait nié toute forme de responsabilité israélienne, mais rappelé qu’al-Batsh avait pris part à la conception des systèmes de missiles du Hamas.

« Cet homme n’était pas un saint. Il ne travaillait pas à l’amélioration du réseau électrique ou de l’eau… Son travail consistait à concevoir des missiles toujours plus précis », avait alors déclaré Liberman à la radio militaire.

« Ce n’est pas nous qui l’avons tué, mais nous n’allons certainement pas le pleurer », avait-il ajouté.

Plus tôt cette année, le Hamas a déclaré avoir arrêté un Palestinien de Gaza qui, selon lui, aurait prêté main forte au Mossad pour organiser l’assassinat d’al-Batsh.

Aaron Boxerman a contribué à la rédaction de cet article.

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