Les bactéries pourraient être la clé de la lutte contre les infections virales
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Les bactéries pourraient être la clé de la lutte contre les infections virales

Comparant la découverte à celle des antibiotiques, un chercheur israélien dit qu'elles "pourraient conduire à des médicaments qui guérissent divers virus" et "peut-être celui-ci"

Illustration d'un technicien de laboratoire travaillant sur une culture bactérienne 
(Credit : 10174593_258, iStock by Getty Images)
Illustration d'un technicien de laboratoire travaillant sur une culture bactérienne (Credit : 10174593_258, iStock by Getty Images)

Les bactéries pourraient s’avérer essentielles pour guérir le coronavirus et d’autres virus, affirment des chercheurs israéliens, suite à une découverte qu’ils assimilent à celle des antibiotiques.

Une équipe de l’Institut scientifique Weizmann a identifié des molécules que les bactéries produisent pour se protéger lorsqu’elles sont attaquées par des virus.

Ils pensent que ces molécules, qui peuvent être fabriquées synthétiquement, auront la même capacité de lutte contre les virus si elles sont introduites dans des cellules humaines infectées, et testent cette théorie sur des tissus humains en laboratoire.

Une société pharmaceutique israélienne, Pantheon Biosciences, a déjà obtenu l’autorisation de développer des médicaments antiviraux sur la base de cette découverte.

L’étude de l’institut a été examinée par des pairs et publiée mercredi dans la revue Nature.

Un virus, en haut à droite, s’attaquant à une bactérie. Des chercheurs de l’Institut Weizmann de science pensent être capables de déclencher le mécanisme de défense des bactéries contre les virus pour aider les humains à les combattre. (Autorisation : Weizmann Institute of Science)

« Notre découverte pourrait conduire à des médicaments qui guérissent divers virus, et fournir une solution pour la prochaine pandémie, ou peut-être même à celle-ci », a indiqué au Times of Israël le chercheur principal Rotem Sorek, du département de génétique moléculaire de l’Institut Weizmann.

Il a établi un parallèle avec la découverte des antibiotiques, des composés trouvés dans les bactéries et les champignons qui sont capables de tuer ou d’inhiber les infections bactériennes. « Nous pensons avoir trouvé des composés parallèles qui inhibent les virus », a-t-il commenté.

Les études menées au cours de la dernière décennie par M. Sorek, ainsi que celles d’autres scientifiques, ont révélé que les bactéries avaient un système immunitaire très sophistiqué, malgré leur taille microscopique. Elles sont notamment équipées pour lutter contre les phages – des virus qui infectent les bactéries.

Rotem Sorek du département de génétique moléculaire de l’Institut Weizmann. (Autorisation : Weizmann Institute)

La vipérine est au cœur de la dernière découverte. C’est une enzyme connue pour faire partie du système immunitaire des mammifères, y compris des humains, mais l’équipe de Rotem Sorek a découvert qu’elle faisait également partie du système immunitaire des bactéries.

Il indique : « La plupart des gens sont surpris d’entendre que les virus attaquent les bactéries, et que les bactéries ont leurs propres moyens de défense. Les scientifiques en sont conscients, les gens, en général, ne le savent pas. »

« Nous avons découvert que l’une des façons dont les bactéries combattent les virus consiste à faire produire par la vipérine des composés antiviraux, qui sont de petites molécules qui inhibent la réplication d’un virus à l’intérieur des bactéries. »

« Le mécanisme par lequel elles bloquent la réplication du virus pourrait, selon nous, bloquer également la réplication des virus qui nous infectent. Cela n’est pas encore vérifié, mais nous sommes en train de tester si cela fonctionne », révèle M. Sorek.

Des virus infectant des bactéries. (Autorisation : Weizmann Institute of Science)

Son équipe a découvert les composés au cours d’un projet de recherche plus vaste qui a impliqué l’analyse de quelque 100 000 bactéries.

Il décrit : « Nous avons analysé par calcul la séquence génétique de 100 000 bactéries, trouvé quelques centaines qui codent la vipérine, et vu les molécules antivirales qui sont produites. »

Le chercheur n’a pas trouvé un seul type de molécules, mais une famille de molécules. Il trouve cela « passionnant », car cela soulève la possibilité que différentes molécules puissent servir à combattre différents virus.

« Nous espérons que ce n’est que le début et que cela ouvrira un nouveau domaine de recherche qui verra plus de molécules antivirales trouvées dans les bactéries, qui pourraient être adoptées par l’humanité comme nouveaux médicaments contre les virus », se réjouit-il.

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