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Les commerces le long du tracé du tramway de Tel Aviv attendent encore le boom promis

On avait promis aux boutiques de la rue Yehuda Halevi la prospérité après 8 ans de survie sur un chantier de construction, mais jusqu'à présent cela est loin d'être le cas

Shlomo Marmor dans le magasin de fleurs qui appartient à sa famille depuis 70 ans, dans la rue Yehuda Halevi à Tel Aviv, septembre 2023. (Crédit : Shoshanna Solomon / The Times of Israel)
Shlomo Marmor dans le magasin de fleurs qui appartient à sa famille depuis 70 ans, dans la rue Yehuda Halevi à Tel Aviv, septembre 2023. (Crédit : Shoshanna Solomon / The Times of Israel)

Shlomo Marmor, le propriétaire d’un magasin de fleurs de la rue Yehuda Halevi à Tel Aviv, se sent lésé.

Le magasin, qui se trouve au même endroit et qui appartient à la famille depuis plus de 70 ans, se trouve juste en face d’une nouvelle station de tramway rutilante qui s’ouvre sur une promenade au milieu de la rue à double sens.

Le quartier est en chantier depuis près de dix ans, une série de retards et de controverses ayant retardé l’inauguration de la ligne de métro léger de Tel Aviv. La ligne rouge initiale a finalement été ouverte le mois dernier. Elle s’étend sur 24 kilomètres, de Petah Tikva à Bat Yam, en passant par les centres économiques de Tel Aviv.

En cette matinée d’été de la mi-septembre, juste avant les fêtes du Nouvel An juif, nous avons rencontré Marmor dans son magasin, alors qu’il préparait des compositions florales pour ses clients tout en regardant les quelques passagers – moins d’une poignée – qui sortaient de la station de métro et s’éparpillaient sur le trottoir.

« Personne ne sort de la station. Nous espérions que l’ouverture de la ligne de chemin de fer nous apporterait un peu de soulagement, mais les choses sont encore pires maintenant », a confié Marmor, 70 ans, au Times of Israel.

Avant le début des travaux ferroviaires, il avait deux employés. Aujourd’hui, parce que les affaires vont si mal, il travaille seul la plupart du temps, et n’a jamais reçu la moindre compensation pour les fermetures des routes.

Ils nous ont dit que ce serait ‘dur aujourd’hui, mais bien demain’. Mais nous, on attend encore que ce soit ‘bien’. Et cela tarde à venir », a déploré Marmor.

Essai du tramway, à Tel Aviv, le 16 août 2023. Illustration (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les entreprises et les habitants situés le long du tracé du premier tronçon du réseau de tramway (LRT) espéraient que le lancement des premiers services de trams, le 18 août, viendrait avec un regain de travail et d’activité – un regain tant attendu – censé les dédommager de huit années pénibles et coûteuses, de fermetures de routes, d’accès bloqués, de poussière et de chantiers bruyants.

Pour l’instant, ces espoirs semblent s’estomper. De nombreux propriétaires de magasins affirment que la renaissance éventuelle de leur rue – une reconnaissance susceptible d’être entraînée par la circulation des trains dans les mois ou les années à venir – risque de se révéler insuffisante et surtout d’arriver trop tard pour nombre d’entre eux.

Ronen, 54 ans, propriétaire d’un magasin de cosmétiques et d’articles de nettoyage appelé Gabay, également situé sur la rue Yehuda Halevi, trie des paquets sur le sol de son magasin vide, un jour avant la veille de Rosh haShana. Il loue les locaux dans lequel est situé son magasin depuis 30 ans.

« Regardez combien de personnes sortent de la gare », dit Ronen, debout à l’entrée du magasin, plissant les yeux sous le soleil éclatant de Tel Aviv. « Il n’y a personne. Avant, cette rue grouillait de monde. Aujourd’hui, c’est la veille du week-end et de Rosh HaShana. Il devrait y avoir du monde. Mais ce n’est pas le cas ».

« Ils nous ont dit qu’avec le tramway, tout irait bien. Mais ce n’est pas vrai. Il faudra des années pour que tout revienne », s’inquiète-t-il.

« Une rue détruite »

La ligne rouge de Dankal, qui est la première partie d’un projet plus vaste de tramway (LRT), est l’épine dorsale du système de transport public de la région métropolitaine de Tel Aviv.

Elle traverse certaines des zones les plus fréquentées de la région métropolitaine, desservant jusqu’à 234 000 passagers par jour, selon le site web du NTA Metropolitan Mass Transit System, connu en hébreu sous l’acronyme Neta. Ce dernier est chargé de la construction du système.

Le quotidien économique The Marker a rapporté cette semaine que, jusqu’à présent, le trafic a été inférieur à la moitié de ce qui était prévu, avec environ 110 000 passagers par jour.

La ligne rouge part de la gare centrale de Petah Tikvah et continue jusqu’à l’hôpital Beilinson, le long de la route Jabotinsky à Bnei Brak et à Ramat Gan. Elle passe ensuite près de la station Savidor à Tel Aviv et du centre Azrieli, et poursuit son parcours le long de la route Begin jusqu’à Neve Tzedek, au sud de la base militaire de Kirya, en passant par le boulevard de Jérusalem à Jaffa, et continue jusqu’au sud de Bat Yam.

L’une des trois sorties de la station Allenby à Tel Aviv se trouve sur la rue Yehuda Halevi.

Le magasin Gabay de la rue Yehuda Halevi, à Tel Aviv, en septembre 2023. (Crédit : Shoshanna Solomon / The Times of Israel)

Ronen dit qu’il se souvient très clairement du 1er août 2015, le jour où les travaux pour le train ont commencé sur Yehuda Halevi. « La rue en a pris un coup. Un mur de deux mètres avait été érigé devant les magasins de la rue Yehuda Halevi, de Ramchal à Allenby », raconte-t-il, « soit quelque 800 mètres de route. »

L’accès aux magasins était complètement coupé et fermé à la circulation, ajoute-t-il, et les piétons ne disposaient que d’un minuscule sentier, large de « quelques dalles seulement ».

Cette situation a affecté les entreprises. Nombre d’entre elles ont été contraintes de fermer, notamment des cafés, des étals de nourriture et des restaurants qui bordaient une rue ordinairement habituée à une forte affluence de personnes, de voitures et d’autobus. Plusieurs entreprises, dont des succursales de banques, des coiffeurs et de grandes compagnies d’assurance employant des centaines de personnes, ont été contraintes de s’installer ailleurs en raison du chaos qui régnait.

« Les gens avaient l’habitude de se promener dans la rue… mais dès que les travaux du tramway ont commencé, les gens ont déménagé leurs bureaux et leurs entreprises dans d’autres parties de la ville », explique Ronen.

Depuis, Ronen se bat pour maintenir son entreprise en vie, malgré la poussière, le bruit et la baisse du nombre de clients et des ventes. « Il est très difficile de redonner vie à une rue qui a été détruite ».

Les nouveaux commerces qui avaient récemment ouvert dans la rue dans l’espoir d’une augmentation de la fréquentation grâce au train ont déjà fermé, constate-t-il. « Une sandwicherie a ouvert et fermé en l’espace de six mois, et un nouveau magasin de vêtements d’occasion a subi le même sort. Ils ont vu que cela ne valait pas la peine d’ouvrir. Il n’y a ni travail, ni clients. »

Avant les travaux ferroviaires, quatre familles travaillaient ensemble dans le magasin de Ronen et vivaient des bénéfices. Aujourd’hui, il y a à peine de quoi nourrir une seule famille.

« Maintenant, il n’y a plus que moi et mes enfants pour faire tourner la boutique, » explique-t-il.

Ronen dans son magasin de cosmétiques et d’articles d’entretien ménager de la rue Yehuda Halevi, à Tel Aviv, en septembre 2023. (Credit : Shoshanna Solomon / The Times of Israel)

Ronen dit avoir survécu en réduisant ses stocks, en lançant des services de livraison et en travaillant encore plus dur. La rentabilité et le chiffre d’affaires ont tout de même chuté. « C’est comme si je gérais un magasin entièrement neuf. J’ai eu l’impression de repartir à zéro. Je me suis battu pour que ce magasin reste ouvert », raconte-t-il.

Il précise qu’il n’a reçu aucune aide des pouvoirs publics pour le compenser des importantes perturbations causées par la fermeture de la rue, « ni en termes de taxes municipales, ni d’aucune autre manière ».

Pendant qu’il parle, des clients arrivent. Une femme cherche une teinture, et Ronen passe quelques minutes à discuter avec elle de la nuance qui lui conviendrait le mieux. Une femme aux cheveux argentés vient chercher un soin capillaire. Ronen lui expose les différents choix de traitements, tout en lui coiffant les cheveux avec l’une de ses nouvelles brosses (qu’elle s’empresse d’acheter) et en appliquant délicatement le baume qu’il lui recommande (qu’elle achète également). Une autre femme vient chercher du vernis à ongles, et il lui offre quelques boules d’ouate.

« Je suis là si vous avez besoin de quelque chose », dit Ronen à ses clients. En 15 minutes, sept personnes sont entrées dans la boutique et le téléphone portable de Ronen n’a pas cessé de sonner.

« Si vous trouvez que c’est beaucoup de monde, vous auriez dû voir comment c’était avant le début des travaux », explique-t-il. « C’est peut-être beaucoup pour une seule personne, mais pas pour quatre familles. Ce que vous avez vu ici n’est pas du travail ».

En prévision d’une manne qui n’est toujours pas arrivée, le propriétaire a augmenté le loyer de Ronen à deux reprises, dit-il, et il paie aujourd’hui 15 % de plus qu’auparavant.

Roee Cohen, le président de la Fédération israélienne des organisations de petites entreprises (Lahav), déclare au Times of Israel lors d’un entretien téléphonique que « l’on s’attendait à ce que la mise en service du train conduise à une renaissance du quartier. Ces attentes n’ont pas été comblées pour l’instant ».

« Pas même un shekel n’a été octroyé en guise de compensation aux entreprises situées le long de la ligne », ajoute Cohen. « C’est là le plus grand échec : le manque total de compréhension et d’empathie à l’égard des entreprises situées le long de la ligne de tramway ».

Pour aider les entreprises, le système de transport en commun métropolitain NTA et la municipalité de Tel Aviv ont déclaré qu’ils mettraient en place un fonds commun de 10 millions de shekels, lancé en 2018, explique Cohen.

Construction en cours du tramway à l’intersection des rues Allenby et Yehuda Halevi, à Tel Aviv, le 4 août 2015. Illustration (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mais une fois le fonds mis en place, « nous avons compris que c’était du bluff », dit Cohen, car les critères d’attribution de l’aide ne prenaient pas en compte la baisse du chiffre d’affaires et n’exonéraient pas les entreprises de la taxe municipale (arnona).

Le fonds n’a apporté qu’une aide marginale, ajoute-t-il, en prenant en charge 50 % des coûts liés à la mise en ligne des activités des entreprises, par exemple, ou en payant une partie des coûts liés à l’amélioration de l’accès aux magasins dans le cadre de l’énorme chantier de construction.

« Ils ont prescrit du paracétamol pour une migraine », dit Cohen.

Difficultés et survie

Tous les magasins de Yehuda Halevi n’ont pas autant souffert : Anjaly vend des vêtements de yoga et d’entraînement pour hommes et femmes depuis 15 ans à la même adresse, et Hagit, une vendeuse, affirme que les clients fidèles du magasin ont continué à faire leurs achats malgré les perturbations occasionnées par le chantier. Elle ajoute que les ventes ont tout de même baissé pendant la période de construction.

« Il y avait une barrière devant notre vitrine ».

Aujourd’hui encore, dit-elle, peu de gens sortent de la gare. « Ce n’est pas très fréquenté. Cela prendra du temps. Mais je ne m’inquiète pas car la situation est déjà bien meilleure que pendant les travaux. »

Hagit, vendeuse, au magasin de vêtements d’entraînement Anjaly, rue Yehuda Halevi à Tel Aviv, septembre 2023. (Crédit : Shoshanna Solomon / The Times of Israel)

Hagit ajoute qu’elle a directement bénéficié du métro, puisqu’à présent le trajet de chez elle à la boutique ne lui prend plus qu’une heure, porte à porte. Elle prend le tramway à la station Hadera et descend à la station Allenby, et sort sur la rue Yehuda Halevi. « Le train m’a facilité mon trajet vers le travail », dit-elle.

De même, Ronny, le propriétaire d’Azura, affirme que des clients fidèles n’ont jamais cessé de fréquenter son restaurant, qui sert des piles de kubbeh fumants – boulettes de semoule farcies de viande et cuites dans une soupe – et d’autres délices méditerranéens aux clients affamés.

« C’était difficile pendant les travaux et avec les rues creusées, mais nous avons réussi à survivre », explique Ronny, même si les clients devaient faire un grand détour, marcher jusqu’à Allenby et revenir, pour accéder au restaurant. « Les affaires ont baissé », ajoute-t-il. Mais aujourd’hui, l’activité a retrouvé son niveau d’avant 2015, et l’entreprise familiale n’a procédé à aucun licenciement.

Avec le début des travaux de la ligne ferroviaire supplémentaire, la Purple Line, allant de Tel Aviv à Yehud-Monosson, une ville du centre d’Israël, en passant par Ramat Gan, quelque 1 000 commerces supplémentaires le long de la rue Allenby de Tel Aviv, déjà coupée à la circulation depuis le 5 août, devront lutter pour leur survie, dit Cohen de Lahav.

« Nous espérons que des leçons auront été tirées de l’expérience de la ligne rouge », ajoute-t-il.

Ronny, le propriétaire du restaurant Azura sur la rue Yehuda Halevi à Tel Aviv, en septembre 2023. (Crédit : Shoshanna Solomon / The Times of Israel)

Le 28 août, Lahav a déposé une requête auprès de la Haute Cour de justice afin que les entreprises situées le long de la Purple Line soient indemnisées en fonction de la baisse de leurs revenus par rapport au chiffre d’affaires de l’année précédente.

La fermeture d’Allenby à la circulation routière pendant les travaux de construction du tramway privera quelque 1 000 commerçants de leur gagne-pain, car toute activité commerciale dans la rue sera pratiquement interrompue pendant les quatre ans et demi que dureront les travaux, selon le recours.

Sans compensation, la fermeture de la rue portera un « coup fatal » aux commerces qui ont fait la réputation d’Allenby depuis de nombreuses années, selon la pétition.

« Les entreprises, d’une minute à l’autre, sans consultation et sans personne à qui parler […] ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 50 à 60 % alors que les coûts et leur endettement n’ont pas bougé », explique Cohen. « Elles doivent maintenant licencier, réduire les coûts et les activités. »

Est-il trop tard ?

De retour au magasin de fleurs de Marmor, où ce dernier, qui a 70 ans, est occupé à faire des compositions colorées pour ses clients.

« Comme demain c’est Rosh haShana et que les gens achètent des fleurs, j’ai une assistante qui m’aide aujourd’hui. Mais depuis huit ans, je travaille seul. Pendant huit ans, nous avons vécu sur un chantier de construction ».

Avant le début des travaux du train, Marmor avait songé à rénover le magasin, anticipant un essor commercial qui ne s’est jamais concrétisé, dit-il. « Heureusement, nous n’avons pas investi d’argent supplémentaire ici ».

Même si les choses reprennent dans quelques années, pour lui, ce sera trop tard, ajoute-t-il.

« Je suis déjà retraité. Dans cinq ans, j’aurai 75 ans. Les gens ont pris l’habitude d’aller ailleurs, ils ne viennent plus ici. Aujourd’hui, c’est la veille d’un jour férié et il n’y a personne », déplore-t-il.

La NTA n’a pas pu être jointe pour répondre à nos questions.

Après une demande de commentaire, le Times of Israel a reçu la réponse suivante du porte-parole de la municipalité de Tel Aviv :

« Le tramway est un projet national placé sous la responsabilité du gouvernement, réparti sur cinq villes différentes. La municipalité de Tel Aviv est la seule à avoir pris sur elle d’apporter une aide spécifique en créant un fonds d’aide, en coopération avec les ministères des Finances et des Transports, destiné aux entreprises confrontées aux travaux d’excavation des stations souterraines. »

« Contrairement à ce qui a été affirmé, le fonds a pu aider des entreprises situées sur le tracé de la ligne. Ainsi, sur la ligne rouge, des aides ont été accordées à 21 entreprises pour un montant d’environ 3,7 millions de shekels : 11 entreprises situées près de la station Allenby ont bénéficié de 2 325 000 shekels, une entreprise de la station Yehudit a bénéficié de 10 500 shekels, neuf entreprises de la station Carlebach ont bénéficié de 1 437 000 shekels », peut-on lire dans le communiqué.

« Au fil des ans, la municipalité a demandé à plusieurs reprises au ministère des Finances d’étendre la couverture du fonds aux entreprises qui ne sont pas adjacentes aux structures souterraines, mais aucun accord n’a été trouvé. Quant à la réduction de l’impôt foncier, elle ne relève pas de la municipalité mais des ministères de l’Intérieur et des Finances. La municipalité continue néanmoins à faire tout ce qui est en son pouvoir pour apporter d’autres aides, telles que l’exemption du paiement de la taxe sur les tables, les chaises et les auvents et l’autorisation d’exploitation nocturne pour les commerces situés sur le tracé du tramway », a déclaré la municipalité.

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