Les Etats-Unis prêts à augmenter l’aide militaire à Israël
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Les Etats-Unis prêts à augmenter l’aide militaire à Israël

La nouvelle aide pourrait atteindre 40$ milliards sur 10 ans ; Susan Rice indique que l’accord permettant à Israël d’acheter sur son propre marché devrait changer

La conseillère à la sécurité nationale des États-Unis, Susan Rice, lors d'une interview avec Charlie Rose le 24 février 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube/Charlie Rose)
La conseillère à la sécurité nationale des États-Unis, Susan Rice, lors d'une interview avec Charlie Rose le 24 février 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube/Charlie Rose)

Les Etats-Unis ont proposé d’accroître leur aide militaire à Israël dans le cadre d’un accord sur dix ans qui devrait prendre effet en 2018, à condition que Jérusalem dépense plus de financements en services et biens américains, plutôt que sur son propre marché intérieur comme il est à présent autorisé à le faire.

Les négociations entre Israël et les Etats-Unis pour un protocole d’accord pour une aide remplaçant celle qui expire en 2018 durent depuis des mois, parmi des tensions au sujet de l’accord nucléaire iranien signé l’année dernière et auquel Israël s’est ouvertement opposé.

Israël a accusé l’accord signé entre Téhéran et six puissances mondiales, dont les Etats-Unis, de poser une menace existentielle à Israël et de remettre en question son avantage militaire qualitatif dans la région.

L’offre américaine qui est actuellement sut la table, décrite vendredi aux membres du Congrès dans une lettre de Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale, comprend une promesse d’augmenter substantiellement l’aide, d’une valeur de 30 milliards de dollars, et de signer un nouvel accord qui constituerait « la plus grande promesse d’aide militaire à un pays dans l’histoire américaine ». La lettre a été envoyée en réponse à une missive signée en avril par 83 des 100 sénateurs appelant le président Barack Obama à augmenter l’aide étrangère à Israël et à signer le nouvel accord.

Selon le New York Times, le prochain accord sur 10 ans pourrait atteindre 40 milliards de dollars, et comprendrait une promesse de financer sur 10 ans le système de défense anti-missile d’Israël, qui est pour l’instant financé dans le cadre d’un autre accord bilatéral. Il a été sujet récemment à controverse quand la Maison Blanche et le Congrès se sont opposés sur le chiffre de la hausse annuelle à ce programme.

Les Etats-Unis ont développé conjointement ou financé les trois programmes israéliens, le Dôme de Fer (interception de missile à courte portée), le système Arrow (longue portée), et la Fronde de David (moyenne portée). Ce dernier est destiné à assurer qu’Israël puisse contrer les menaces voisines de la bande de Gaza, du sud du Liban et de Syrie, ainsi que de l’Iran, qui développe inlassablement ses missiles balistiques.

Un vol réussi de l'intercepteur de missiles du système Arrow 3, le 3 janvier 2014. (Crédit : ministère de la Défense)
Un vol réussi de l’intercepteur de missiles du système Arrow 3, le 3 janvier 2014. (Crédit : ministère de la Défense)

Pendant ces négociations avec les Etats-Unis, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a cherché à ancrer l’aide supplémentaire au système de défense anti-missile au protocole d’accord.

Les deux parties ont refusé de fournir officiellement des détails sur l’accord, mais des informations ont indiqué qu’Israël insistait sur un montant que les Etats-Unis hésitaient à approuver. Un responsable israélien avait déclaré le mois dernier que Netanyahu était déterminé à conclure les négociations, mais « pas à tout prix ».

Selon le New York Times de vendredi, un point de friction émergeant dans les négociations a été le montant américain qu’Israël serait autorisé à dépenser sur son propre marché et en biens et services américains.

Dans le cadre de l’accord existant, Israël peut dépenser environ 25 % de l’aide qu’il reçoit en dehors des Etats-Unis, et 13 % supplémentaires en carburant pour ses avions ; des permissions qu’aucun autre récipiendaire de l’aide américaine ne reçoit.

Selon l’article, cet accord a débuté dans les années 1980, pour construire l’industrie militaire israélienne, qui a prospéré, aidait Israël à entrer dans le top 10 mondial des exportateurs d’armement, et un concurrent des Etats-Unis.

Dans la lettre coécrite par le directeur du Bureau du management et du budget de la Maison Blanche, Shaun Donovan, Rice a indiqué que ces accords particuliers devaient changer.

Un responsable américain a déclaré à Haaretz que cette disposition « ne sert plus les intérêts israéliens ou américains. Nous aimerions la modifier. »

« Elle n’est pas logique d’un point de vue américain, a ajouté la source. Nous voulons qu’une plus grande partie de l’aide soit dépensée aux Etats-Unis, dans des entreprises américains pour aider à soutenir la croissance économique et la création d’emplois ici, aux Etats-Unis. »

Récemment, des responsables américains et israéliens, dont le ministre de la Défense Avigdor Liberman, ont indiqué être proches de la conclusion d’un accord.

Liberman était récemment aux Etats-Unis pour inaugurer la nouvelle ligne de production d’avions de combats F-35 qu’Israël a acheté au géant militaire américain Lockheed Martin.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dans le cockpit d'un avion de combat F-35, avec le chef d'Etat-major de l'armée de l'air israélienne, Tal Kelman, à ses côtés, pendant une cérémonie d'inauguration à  Fort Worth, Texas, le 22 juin 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dans le cockpit d’un avion de combat F-35, avec le chef d’Etat-major de l’armée de l’air israélienne, Tal Kelman, à ses côtés, pendant une cérémonie d’inauguration à Fort Worth, Texas, le 22 juin 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
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