Les extrême-droites française et suédoise tentent de gérer les dégâts après des propos sur les juifs
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Les extrême-droites française et suédoise tentent de gérer les dégâts après des propos sur les juifs

Un responsable du FN s’excuse après avoir critiqué un mémorial de la Shoah, qu’il n’a jamais visité, qui serait “trop politisé”

La présidente du parti français d'extrême-droite le Front National, Marine Le Pen, à Nanterre, le 30 mars 2014 (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)
La présidente du parti français d'extrême-droite le Front National, Marine Le Pen, à Nanterre, le 30 mars 2014 (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

Les partis d’extrême-droite de France et de Suède font face à d’intenses reproches pour des déclarations jugées hostiles aux juifs.

En France, Christophe Boudot, dirigeant d’une branche régionale du Front national, s’est excusé la semaine dernière d’avoir dit que les aides de l’Etat à un mémorial de l’Holocauste devraient être supprimées. D’après lui, le musée était « trop politisé » et cherchait la « repentance » de la France, qu’elle n’avait pas besoin d’offrir.

D’autre part, le Premier ministre suédois Stefan Löfven a déclaré, de manière inhabituelle, que le parti des Démocrates de Suède comptait des « éléments racistes et nazis » après la publication d’un e-mail contenant une blague raciste sur les juifs et d’autres minorités, écrit par le vice-président adjoint du parti.

Les excuses de Boudot sur Twitter portaient sur ses critiques du Mémorial des enfants juifs exterminés d’Izieu, un musée fondé avec des financements publics en 1994, dans la région Rhône-Alpes.

Boudot a déclaré à la chaîne Télé Lyon Métropole pendant un entretien que son parti a « toujours voté contre ce genre de subvention parce que ça aboutit à une forme de repentance, toujours la même. »

Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)
Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)

Tout en déclarant qu’il n’était pas opposé à la commémoration en générale, Boudot a déclaré que le musée était « trop politisé et un peu ‘too much’ [trop] ». Il a ensuite reconnu n’avoir jamais visité le site.

Ses déclarations ont généré une forte réaction en France, où le parti du Front national dirigé par Marine Le Pen a lutté pour améliorer sa respectabilité en excluant les politiciens affichant le négationnisme et l’antisémitisme de Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti et père de sa présidente actuelle.

Jean-Marie Le Pen a fait appel la semaine dernière de son expulsion du parti pour une série de remarques considérées comme une menace pour l’image du parti, notamment en se référant aux chambres à gaz comme à un « détail » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de ses partisans apprécient et admirent le régime collaborationniste de Vichy, qui a aidé les nazis à assassiner environ un quart de la communauté juive française.

Dans ses excuses du 7 octobre après ses critiques du musée d’Izieu, Boudot a écrit que « mal informé sur cette question, j’ai commis une erreur d’appréciation. Je tiens à m’en excuser. »

Le même jour, Löfven a averti contre le racisme présumé des Démocrates de Suède, un parti qui comme le Front national a tenté de se distancer de la rhétorique raciste de beaucoup de ses partisans et fondateurs.

« C’est un parti avec des racines racistes et nazies, mais ce ne sont pas simplement des racines, c’est ici et maintenant », a déclaré le Premier ministre suédois à Aftonbladet.

Son rejet a suivi la publication d’un e-mail de Carina Herrstedt, dans lequel elle ridiculisait les tentatives de promouvoir la diversité dans le football avec une blague comportant des termes jugés offensants pour les homosexuels, les noirs, les nonnes, les Roms et les juifs.

La semaine dernière, les Démocrates de Suède avaient fait parler d’eux quand un porte-parole du parti avait comparé joyeusement les juifs envoyés à un abattoir allemand et un projet de résolution d’une députée dénonçant une famille juive pour son prétendu contrôle des médias. Les dirigeants du parti ont promis d’appliquer une tolérance zéro envers le racisme, et déclaré qu’ils enquêtaient sur les membres et les employés du parti impliqué dans ces incidents.

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