Les fidèles des Femmes du mur harcelées par des extrémistes haredim
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Les fidèles des Femmes du mur harcelées par des extrémistes haredim

Des extrémistes ont pris des livres appartenant aux Juives progressistes qui se trouvaient au mur Occidental et les ont déchirés, disant qu'ils devaient être détruits

Des extrémistes haredim déchirent des livres de prière des fidèles des Femmes du mur au mur Occidental, le 11 juin 2021. (Capture d'écran/Facebook)
Des extrémistes haredim déchirent des livres de prière des fidèles des Femmes du mur au mur Occidental, le 11 juin 2021. (Capture d'écran/Facebook)

Des dizaines d’extrémistes ultra-orthodoxes ont harcelé les fidèles appartenant au groupe les Femmes du mur au mur Occidental à l’occasion de leur office mensuel, vendredi, arrachant une valise dans laquelle se trouvaient leurs livres de prières qu’ils ont déchirés.

Plusieurs d’entre eux ont hurlé que les livres étaient « sifrei ha-minim » — « les livres des sectaires » qui, selon la loi juive, doivent être détruits.

Selon les fidèles, les agents de police et les gardiens du mur Occidental se trouvaient sur les lieux mais ils ne sont pas intervenus pour empêcher les ultra-orthodoxes de déchirer les livres.

La Fondation du patrimoine du mur Occidental, qui administre le lieu saint, a fait savoir de son côté que ses employés « ont tout fait pour séparer les deux parties et pour apaiser les choses ».

« La Fondation du patrimoine du mur Occidental appelle à ce que les querelles soient conservées hors de la place et à ce que cette dernière puisse rester un lieu d’union », a ajouté le groupe.

Les Femmes du mur – un groupe pro-pluralisme qui organise un service de prière au mur Occidental au premier jour de chaque mois du calendrier hébreu, et qui a été à la tête d’une campagne en faveur de l’égalité des droits à la prière sur le site – a annoncé que des dizaines de livres de prières avaient été détruits lors de son office marquant le début du mois de Tamuz.

Le groupe a ajouté dans un communiqué que l’incident de vendredi « a été le résultat des incitations à la haine lancées, au cours de ces derniers jours, par les chefs haredim« .

Tehila Friedman (Crédit : capture d’écran)

L’ex-députée Kakhol lavan Tehila Friedman a déclaré que les actes de vandalisme n’avaient pas été spontanés mais plutôt organisés à l’avance par les dirigeants ultra-orthodoxes.

« Au cours de ma première semaine à la Knesset, le député de Yahadout HaTorah Yitzhak Pindros m’avait dit avec fierté être en charge de l’organisation des manifestations contre les femmes du mur Occidental depuis des années », a-t-elle écrit sur Twitter.

Friedman a expliqué que la Fondation du patrimoine du mur Occidental devait être démise de son rôle d’administratrice du site.

Le député Travailliste Gilad Kariv, rabbin issu du mouvement réformé et soutien du groupe, a fait savoir dans un communiqué que les actions des extrémistes au mur Occidental étaient « les fruits des incitations à la haine ».

Il a blâmé le rabbin du mur Occidental, Shmuel Rabinovitch, ajoutant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait soutenu un accord de compromis portant sur l’élargissement du pavillon de prière pluraliste au mur Occidental – connu en hébreu sous le nom de Kotel – assumait lui aussi une part de responsabilité dans ces harcèlements (parmi les accords de coalition qui ont été signés par le parti Yesh Atid, vendredi, une clause établit que le gouvernement qui devrait faire dimanche sa prestation de serment mènera à bien ce projet d’agrandissement de la zone pluraliste de prière).

Lors du service des Femmes du mur qui avait eu lieu il y a deux mois, Kariv avait utilisé son immunité parlementaire pour amener un rouleau de Torah au mur Occidental, qu’il avait confié aux femmes – contrevenant ainsi aux directives du lieu saint.

L’initiative de Kariv avait été condamnée par l’administration du Kotel et par les députés haredim. L’un d’entre eux l’avait comparé à un législateur qui avait fait entrer clandestinement des téléphones portables dans une prison accueillant des détenus condamnés pour terrorisme.

Les Femmes du mur ont essayé de faire entrer un rouleau de Torah sur la place, vendredi dernier, mais il a été confisqué par les gardiens de sécurité.

La Fondation chargée du mur Occidental – qui administre le site conformément aux normes traditionnelles orthodoxes – ne permet d’utiliser que ses propres rouleaux de Torah pendant les services de prière. Même si un jugement du tribunal, rendu en 2013, estime que les femmes ont le droit de lire des rouleaux de Torah pendant les services, peu de rouleaux sont mis, en pratique, à la disposition de la section réservée aux femmes au Kotel.

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