Les inexactitudes du Monde au sujet de Salah Hamouri
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Les inexactitudes du Monde au sujet de Salah Hamouri

Interrogé sur France Inter, Christophe Ayad est accusé d'avoir proposé une analyse orientée concernant les motifs de la détention du terroriste franco-palestinien

Jean-Claude Lefort, un des président d'honneur de l'AFPS est le beau-père de Salah Hamouri ex-FPLP, qui a été arrêté par la police israélienne le 23 août pour appartenance à une organisation politique illégale (Crédit: capture d'écran Abachell Wikimedia Commons)
Jean-Claude Lefort, un des président d'honneur de l'AFPS est le beau-père de Salah Hamouri ex-FPLP, qui a été arrêté par la police israélienne le 23 août pour appartenance à une organisation politique illégale (Crédit: capture d'écran Abachell Wikimedia Commons)

Emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 après avoir été jugé coupable de tentative d’assassinat contre le feu rabbin Ovadia Yossef, et pour appartenance à des organisations politiques illégales, le Franco-palestinien Salah Hamouri a été de nouveau arrêté le 23 août 2017 par la police israélienne.

Il est depuis sous le régime de la « détention administrative ». Une pratique que l’Etat justifie pour des raisons de sécurité, mais décriée par certains pour son caractère apparemment arbitraire.

Il y a quelques jours, Christophe Ayad, chef du service international au Monde, consacrait sur France Inter une courte chronique au détenu franco-palestinien intitulée « Qui se soucie de Salah Hamouri ?« .

Si le journaliste précise que Salah Hamouri « a déjà passé 6 ans en prison », il précise les raisons de cette première détention : Hamouri a été jugé pour tentative d’assassinat sur le rabbin Obadia Yossef et pour appartenance au Front de libération de la la Palestine (FPLP), organisation classée terroriste par l’Union européenne. Ses défenseurs avancent que Salah Hamouri avait alors choisi une procédure de « plaider-coupable » dans le but de réduire sa peine. Le jugement a cependant bien eu lieu suite à une instruction et en présence de témoins.

Le site militant pro-israélien InfoEquitable  attentif au manque d’impartialité journalistique concernant Israël et le peuple juif dans les médias francophones » note également que Christophe Ayad a affirmé plus de contre-vérités.

« Christophe Ayad poursuit en affirmant que ni Salah Hamouri, ni ses proches ‘ne savent ce que les autorités israéliennes lui reprochent. […] On dispose, tout au plus d’une déclaration anonyme de la police qui le soupçonne de s’être engagé dans des activités politiques illégales’ ».

Il existe pourtant une déclaration de justice (ici en hébreu) qui justifie les raisons de sa détention, une détention reconnue comme dérogatoire au droit commun.

Elle décrit Salah Hamouri comme « un haut responsable d’une organisation terroriste opérant à Jérusalem, en Judée et en Samarie [Cisjordanie] ». Cette décision, explique le site, a été examinée par la Cour suprême, réputée pour son indépendance, qui s’est ainsi prononcée : « Il ressort des éléments que le prévenu constitue bien un danger important et réel pour la sécurité publique et que la détention administrative pour la période donnée est justifiée ».

Salah Hamouri avait été accusé d’avoir appartenu au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), décrit par certains comme un mouvement nationaliste de gauche, un groupe terroriste qui a revendiqué plusieurs attentats ayant fait des dizaines de morts entre 2001 et 2015, dont le massacre de quatre Juifs dans une synagogue à Jérusalem le 18 novembre 2014.

« Le consulat général de France à Jérusalem ‘suit le dossier de très près, avec Paris’, et se mobilise ‘pour assurer une protection consulaire’ à Hamouri, a confié au Monde un diplomate français sur place », indique le quotidien.

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