Les Israéliens devraient pouvoir continuer à jouer au foot durant Shabbat
Rechercher

Les Israéliens devraient pouvoir continuer à jouer au foot durant Shabbat

Après des mois de tractations avec toutes les parties, la ministre des Sports, Miri Regev, vient d'annoncer un projet d'accord

La députée du Likud, Miri Regev, lors d'une conférence politique à l'université de Tel-Aviv, le 18 janvier 2015 (Crédit : Tomer Neuberg / FLASH 90)
La députée du Likud, Miri Regev, lors d'une conférence politique à l'université de Tel-Aviv, le 18 janvier 2015 (Crédit : Tomer Neuberg / FLASH 90)

Les Israéliens devraient pouvoir continuer à jouer au foot pendant le Shabbat, mais un joueur soucieux de respecter le jour sacré de repos hebdomadaire pourra dire non à son club, en vertu d’un accord de principe destiné à concilier engouement sportif et devoir religieux.

Le foot israélien, du plus haut au plus bas niveau, était confronté à un imbroglio politico-sportif depuis qu’un juge de Tel-Aviv, en août 2015, avait donné raison à des joueurs de deuxième division qui, par conviction religieuse, ne voulaient plus jouer pendant le Shabbat, du vendredi soir au samedi soir.

Après des mois de tractations avec toutes les parties, la ministre des Sports, Miri Regev, vient d’annoncer un projet d’accord dans un communiqué consulté mardi. L’accord doit encore être validé par la justice fin mars.

« Pour la première fois, nous sommes parvenus à un arrangement avec les équipes, les propriétaires de clubs, la fédération de football. Nous allons fournir une solution à long terme qui permettra de maintenir le statu quo sans compromettre les droits des joueurs. En résumé, le nombre de matches disputés le Shabbat sera réduit au minimum nécessaire », a dit la ministre.

On pourra continuer à jouer le samedi, mais un joueur, « quelle que soit la division dans laquelle il évolue, sera en mesure de ne pas transgresser le Shabbat », stipule l’accord.

Le jugement d’août 2015 remettait en cause, théoriquement, une véritable institution, avec des enjeux culturels et économiques potentiellement importants. Dans l’histoire d’Israël, on a toujours joué au football le jour du Shabbat quand le reste de l’activité du pays est quasiment à l’arrêt, disent les spécialistes.

La religion juive proscrit le travail, dans une acception très large, le jour du Shabbat et encourage l’étude de la Torah, la prière à la synagogue ou le sommeil.

Une partie des matches de première division ont lieu pendant le Shabbat et attirent au stade ou devant leur écran des dizaines de milliers de supporteurs.

La fédération israélienne avait menacé en septembre 2015 d’annuler tous les matches si le gouvernement se conformait à la décision du juge.

Dans les faits, l’exception footballistique n’a jamais vraiment été remise en question. Cette querelle n’était que l’une parmi d’autres à illustrer la confrontation ancienne entre l’observance des règles juives et la vie moderne. De telles disputes trouvent un écho accru avec un gouvernement faisant la part belle aux ultra-orthodoxes et aux nationalistes religieux.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...