Les dirigeants juifs autrichiens démentent un plan de normalisation avec l’extrême-droite
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Les dirigeants juifs autrichiens démentent un plan de normalisation avec l’extrême-droite

Le président de la communauté dit qu’il n’y a pas de contacts avec le Parti Liberté, ni de projets pour en avoir

Le candidat à la présidentielle du Parti Liberté autrichien (FPO) d'extrême-droite, Norbert Hofer, le 20 mai 2016. (Crédit : Joe Klamar/AFP)
Le candidat à la présidentielle du Parti Liberté autrichien (FPO) d'extrême-droite, Norbert Hofer, le 20 mai 2016. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

Les dirigeants juifs d’Autriche ont démenti un article d’un média israélien qui annonçait que la communauté avait préparé un programme de normalisation des relations avec le Pari Liberté d’extrême-droite, qu’elle évite pour l’instant.

Le site d’informations israélien hébraïque NRG avait annoncé le 3 juin que la communauté juive de Vienne avait un plan pour le Parti Liberté, qu’il devrait suivre s’il voulait avoir des relations officielles avec elle. L’article expliquait que le projet comprenait une désassociation des néonazis et de leurs évènements fréquentés par des membres du Parti Liberté, dont des députés.

Mais Oskar Deutsch, le président de la communauté, a déclaré qu’aucun plan de ce genre n’existait et qu’il avait simplement parlé de manière hypothétique avec le journaliste de NRG au sujet de la possibilité de suivre un tel plan.

« La communauté juive n’a aucun contact avec le Parti Liberté et n’a pas l’intention d’initier de tels contacts dans le futur », a déclaré Deutsch dans un communiqué mercredi.

« Pour la communauté juive, le combat contre l’antisémitisme et l’expulsion des officiels d’un tel parti est évident et non négociable, et ne peut pas être le sujet d’un processus de négociations sur un plan de route. Ainsi, parler de ‘normalisation’ entre la communauté juive d’Autriche et le parti Liberté n’a aucun fondement », a-t-il écrit.

Le mois dernier, le candidat présidentiel du Parti Liberté a perdu le deuxième et dernier tour de l’élection avec un écart entre les deux candidats de moins d’1 % des votes. Dans sa transformation d’un mouvement marginal il y a 15 ans en un parti de masse, le Parti Liberté, qui s’oppose à l’immigration originaire des pays musulmans, a cherché à modifier sa réputation raciste et antisémite.

Jorg Haider, l’ancien chef du parti, a fait l’éloge des politiques sur l’emploi des nazis et de la Waffen SS. Le dirigeant actuel, Heinz-Christian Strache, s’est excusé en 2012 pour avoir posté sur Facebook une caricature représentant un banquier obèse avec le nez crochu qui portait des boutons de manchette en forme d’étoile.

Les élus du Parti Liberté ont souvent participé ou parlé à des événements de commémoration des nazis, y compris un rassemblement en mémoire d’un pilote de combat nazi né en Autriche, qui a abattu 258 avions, dont 255 Russes. Et Strache lui-même a été accusé d’avoir utilisé un salut nazi peu connu en 2009, ce qu’il a nié. Il a également visité Israël cette année et y a rencontré des officiels israéliens.

Strache s’est rendu cette année en Israël et y a rencontré des officiels. Il a déclaré soutenir le combat d’Israël contre l’islam radical et a affirmé avoir purgé son parti de l’antisémitisme.

En avril, Karl Pfeifer, journaliste historique et militant antifasciste qui était le rédacteur en chef de la publication officielle de la communauté juive de Vienne, qui compte 8 000 membres, a déclaré au JTA que la communauté devrait établir des relations avec le Parti Liberté s’il devait arriver au pouvoir.

« La communauté juive n’aura pas d’autre choix que de coopérer », a déclaré Pfeifer.

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