« Les mémoires des Klarsfeld » remporte le prix du meilleur livre juif américain
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« Les mémoires des Klarsfeld » remporte le prix du meilleur livre juif américain

Le livre de Serge et Beate Klarsfeld, qui poursuivent les criminels de guerre nazis depuis plus d'un demi-siècle, a été élu "Livre juif de l'année"

Serge Klarsfeld et sa femme Beate, les Français « chasseurs de nazis », regardent des photos de jeunes juifs déportés de France, au Mémorial de la Shoah à Paris, le 5 décembre 2017 (Photo AP / Michel Euler)
Serge Klarsfeld et sa femme Beate, les Français « chasseurs de nazis », regardent des photos de jeunes juifs déportés de France, au Mémorial de la Shoah à Paris, le 5 décembre 2017 (Photo AP / Michel Euler)

Serge et Beate Klarsfeld, deux éminents chasseurs de nazis français, ont remporté mercredi le premier prix du livre américain décerné par le Jewish Book Council.

Hunting the Truth : Memoirs of Serge and Beate Klarsfeld comprend des récits à la première personne des 50 ans et plus de poursuite des criminels de guerre nazis par le couple.

Le Jewish Book Council a confié que les Klarsfeld hésitaient au début à travailler sur une autobiographie, affirmant qu’ils manquaient de « talent pour raconter des histoires », mais étaient satisfaits du résultat.

D’autres lauréats ont été annoncés dans des catégories telles que les études juives américaines, la vie et la pratique juives contemporaines, la biographie et plus encore. Parmi eux, l’autobiographie de l’ancien Premier ministre Ehud Barak et les mémoires d’Alice Shalvi, une pionnière du féminisme et des droits des femmes en Israël.

Né le 17 septembre 1935 à Bucarest, la capitale roumaine, Serge Klarsfeld échappe par miracle à la Gestapo en 1943 à Nice, dans le sud de la France, où ses parents se sont réfugiés. Mais son père a été déporté à Auschwitz, le camp de concentration nazi, où il est mort.

Il a été naturalisé en 1950, et 10 ans plus tard, alors qu’il étudiait à la prestigieuse université Science-Po à Paris, Klarsfled a rencontré Beate Kuenzel, la fille d’un ancien soldat allemand, sur le quai d’une station de métro.

Ils se sont mariés trois ans plus tard, et ont décidé de traduire en justice les fugitifs nazis, une mission qu’ils ont accomplie pendant plus d’un demi-siècle.

(A partir de la gauche) Serge Klarsfeld et son épouse Beate Klarsfeld, son fils, l’avocat franco-israélien Arno Klarsfeld, le président français Emmanuel Macron et le président du CRIF Francis Kalifat lors du 33e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le 7 mars 2018, à Paris (Crédit : AFP PHOTO / POOL / MARIN LUDOVIC)

Dans l’une de leurs affaires les plus médiatisées, les Klarsfeld ont retrouvé le célèbre criminel de guerre nazi Klaus Barbie, un ancien officier de la Gestapo connu comme le « boucher de Lyon » pour avoir torturé des prisonniers pendant la guerre, qui avait fui en Amérique du Sud.

En 1971, les Klarsfeld ont révélé que Barbie vivait en Bolivie et en 1983, il a été extradé vers la France. Quatre ans plus tard, il a été reconnu coupable lors d’un procès et est mort derrière les barreaux.

Ils ont également poursuivi des membres du régime collaborateur de Vichy, dont René Bousquet, Jean Leguay et Maurice Papon, malgré l’obstruction du président François Mitterrand.

Le successeur de Mitterrand, Jacques Chirac, a finalement reconnu le rôle de la France dans les déportations, une déclaration que Serge Klarsfeld a dit être pour beaucoup le résultat de ses efforts et de ceux de Beate.

« Aucun des deux n’aurait pu réussir sans l’autre », a dit un jour leur fille Lida.

En octobre, Serge Klarsfeld, 83 ans, a reçu la Grand croix de la légion d’honneur, la plus haute distinction française, tandis que Beate Klarsfeld, 79 ans, a reçu l’Ordre national du mérite, après avoir été décorée de la Légion d’honneur en 2014 avec le grade de Grand officier.

Le grand rabbin de France Haim Korsia était parmi ceux qui ont assisté à la cérémonie au Palais de l’Elysée, limitée à la famille, aux amis intimes et quelques proches.

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