Les Netanyahu seront interrogés lundi concernant l’affaire Bezeq
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Les Netanyahu seront interrogés lundi concernant l’affaire Bezeq

En plus de Benjamin Netanyahu et de sa femme Sara, les enquêteurs pourraient interroger leur fils aîné Yair

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara assistent à la cérémonie d'ouverture de la nouvelle salle d'urgence de l'hôpital Barzilay, à Ashkelon, en Israël, le 20 février 2018. (Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara assistent à la cérémonie d'ouverture de la nouvelle salle d'urgence de l'hôpital Barzilay, à Ashkelon, en Israël, le 20 février 2018. (Flash90)

La police interrogera le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa femme Sara Netanyahu lundi prochain dans l’enquête concernant Bezeq. L’interrogatoire sera le premier depuis qu’un ancien conseiller est devenu témoin d’Etat dans le cadre de cette enquête de corruption, ont affirmé des sources judiciaires proches de l’enquête ce mercredi au Times of Israël.

Le fils du Premier ministre, Yair Netanyahu, pourrait être interrogé dans le même temps, a rapporté Hadashot.

La police n’a pas confirmé ou infirmé la date d’interrogatoire prévue.

Les trois membres de la famille Netanyahu devaient être interrogés plus tôt cette semaine, mais l’interrogatoire aurait été reporté pour des raisons de santé.

Le Premier ministre et son épouse ont été interrogés pour la dernière fois dans l’affaire Bezeq au début du mois. Dans cette enquête, connue sous le nom « d’Affaire 4000 », Netanyahu est soupçonné d’avoir favorisé le passage d’une loi qui bénéficierait à Shaul Elovitch, propriétaire de Bezeq, en échange d’une couverture médiatique flatteuse de la part de son site d’information Walla.

Quelques jours plus tard, Nir Hefetz, ancien conseiller médias auprès de la famille Netanyahu, est devenu témoin d’Etat dans l’enquête. Il est devenu le troisième proche de Netanyahu à bénéficier de ce statut dans les affaires impliquant le Premier ministre, rejoignant Shlomo Filber, ancien directeur général du ministère des Communications, et Ari Harrow, ancien chef de cabinet.

L’ancien porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Nir Hefetz, au premier plan, et l’actionnaire principal de Bezeq, Shaul Elovitch, lors d’une audience de prolongement de détention devant la cour des magistrats de Tel Aviv, le 26 février 2018 (Crédit : Flash90)

La police chercherait à connaitre la version des Netanyahu après avoir recueilli le témoignage de Hefetz.

Comme ce fut le cas au début du mois, on s’attend à ce que le Premier ministre et son épouse soient interrogés dans des locaux distincts. Hefetz et Filber devraient également être interrogés au même moment, ainsi que Elovitch et son épouse Iris, a indiqué notre source.

Ce serait en revanche la première fois que Yair Netanyahu serait interrogé.

Plus tôt ce mois-ci, la télévision israélienne a rapporté que Hefetz devait témoigner sur deux récents incidents sécuritaires dans lesquels, sous la pression de son épouse et de son fils, Netanyahu a pris des décisions contraires aux positions de ses conseillers – parmi lesquels les dirigeants du Mossad et du Shin Bet.

Selon un reportage de Hadashot, Hefetz a déclaré à des associés que Yair Netanyahu exerçait une influence dramatique sur Netanyahu qui, « inspiré et influencé par son fils Yair, a fait preuve d’une irresponsabilité nationale et a pris des décisions qui ont nui aux intérêts nationaux et à la sécurité d’Israël ».

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv le 26 Novembre 2017. (Crédit : Flash90)

Netanyahu a déclaré dans un communiqué de réponse que « les commentaires attribués à Hefetz sont absurdes » et « sans fondement » et a prétendu que Hefetz avait été « totalement mis à l’écart » des relations et des prises de décision avec les renseignements et la défense.

Outre l’affaire 4000, Netanyahu est également soupçonné d’actes répréhensibles dans les affaires 1000 et 2000, dans lesquelles la police a recommandé qu’il soit inculpé pour corruption, abus de confiance et fraude.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu et sa femme sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites pour un montant d’environ un million de shekels (230 000 euros) de la part du producteur hollywoodien Arnon Milchan et du propriétaire australien James Packer en échange de certains avantages.

L’Affaire 2000 implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir par le biais d’une législation un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture médiatique de ses actions plus favorable.

Netanyahu n’a pas été désigné comme suspect dans une autre enquête, l’affaire 3000, mais il a été signalé que la police envisagerait de l’interroger.

Le Premier ministre est indirectement lié à cette affaire, une vaste enquête sur une corruption présumée entourant l’achat de navires et de sous-marins pour plusieurs milliards de shekels auprès du constructeur naval allemand ThyssenKrupp. Bien que Netanyahu ne soit pas suspect, ses proches collaborateurs, dont deux assistants personnels, ont été arrêtés ou interrogés.

Netanyahu et sa famille ont nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible dans les différentes affaires.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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