Les parachutistes s’entraînent à la guerre contre le Hezbollah dans le nord
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Les parachutistes s’entraînent à la guerre contre le Hezbollah dans le nord

L'armée dit avoir effectué son quatrième grand exercice en un mois malgré les critiques qui lui reprochent d'être mal préparée

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des parachutistes participent à un exercice de simulation de la guerre avec l'organisation terroriste libanaise du Hezbollah, en septembre 2018. (Armée israélienne)
Des parachutistes participent à un exercice de simulation de la guerre avec l'organisation terroriste libanaise du Hezbollah, en septembre 2018. (Armée israélienne)

L’armée israélienne a simulé cette semaine une guerre avec l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah, à laquelle ont participé des parachutistes, des avions de chasse, des hélicoptères d’attaque, des chars et l’artillerie.

Les troupes israéliennes, qui ont fait l’objet de critiques selon lesquelles elles étaient mal préparées à une guerre, ont déclaré qu’il s’agissait de leur quatrième exercice à grande échelle au cours du mois dernier.

L’exercice de cette semaine a été dirigé par la Brigade de parachutistes, couronnant 17 semaines d’entraînement de cette unité », qui comprenait des exercices de commandement, des exercices en équipe et quatre exercices en bataillon, tout en améliorant la coopération avec les forces aériennes », a indiqué l’armée.

En plus de l’armée de l’air, les parachutistes ont été rejoints dans la simulation de guerre contre le Hezbollah par le Corps blindé et le Corps d’artillerie.

L’exercice d’une semaine comprenait un entraînement au combat urbain, des combats dans des zones boisées comme celles du Sud-Liban, et des évacuations rapides par hélicoptère, a indiqué l’armée.

Des parachutistes participent à un exercice de simulation de la guerre avec l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah, en septembre 2018. (Armée israélienne)

Le colonel Yaki Dolef, commandant de la Brigade de parachutistes, a supervisé l’exercice, qui a reçu la visite et l’évaluation du chef de la division, le général Yaron Finkleman et du chef du commandement central, le major général Nadav Padan.

Mardi, le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot et le ministre de la Défense Avigdor Liberman ont également assisté à l’entraînement.

« J’ai l’impression que nous avons une force terrestre opérationnelle au plus haut niveau de préparation, prête pour n’importe quelle mission », a déclaré M. Liberman sur place.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, (au centre), le chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eizenkot et des officiers supérieurs de Tsahal participent à un exercice simulant une guerre avec l’organisation terroriste Hezbollah implantée au Liban le 4 septembre 2018. (Ariel Hermoni / Ministère de la Défense)

« C’est la force la plus puissante qui existe dans tout le Moyen-Orient. Aucun ennemi ne peut s’y opposer, et j’espère vivement que nous n’aurons pas besoin de le vérifier », a-t-il ajouté.

L’armée considère le Hezbollah soutenu par l’Iran comme sa principale menace dans la région, et se réfère souvent à l’armée terroriste pour mesurer son niveau de préparation.

L’organisation, basée au Liban, disposerait d’un arsenal énorme composé de 100 000 à 150 000 obus de mortier, roquettes et missiles – la plupart de mauvaise qualité, mais aussi de nombreux modèles plus sophistiqués et précis capables de viser des sites stratégiques israéliens comme des bases militaires et les infrastructures les plus essentielles.

Des parachutistes participent à un exercice de simulation de guerre avec l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah, en septembre 2018. (Armée israélienne)

Israël a mené une guerre contre le Hezbollah en 2006, dans laquelle ses résultats ont été entravés par l’impréparation et la mauvaise gestion de l’armée israélienne et de ses dirigeants politiques. Depuis lors, l’armée s’est efforcée de s’attaquer aux zones qui se sont révélées particulièrement problématiques pendant la Seconde Guerre du Liban, en mettant l’accent sur l’amélioration de la formation, du partage du renseignement et de la logistique.

Certains des récents efforts menés par l’armée pour rationaliser et améliorer – dans le cadre d’un programme pluriannuel connu sous le nom de Plan Gideon – ont fait l’objet de critiques et d’allégations selon lesquelles ils rendent en fait l’armée israélienne encore moins bien préparée en cas de guerre.

Des parachutistes participent à un exercice de simulation de guerre avec l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah, en septembre 2018. (Armée israélienne)

Par exemple, le médiateur militaire, le général de division (rés.) Yitzhak Brick, ancien chef des contentieux au ministère de la Défense, a envoyé une lettre aux députés cet été pour leur signaler que les réductions des effectifs de Tsahal compromettaient la capacité de l’armée à faire la guerre.

Dans le cadre du Plan Gideon, le nombre de soldats de carrière a été considérablement réduit, les officiers étant réévalués lorsqu’ils atteignent l’âge de 28, 35 et 42 ans. À ces moments-là, si l’officier concerné ne semble pas devoir être promu, il ou elle est renvoyé(e) de l’armée.

Selon M. Brick, cette politique de « promu ou démobilisé » a un impact négatif sur la capacité de l’armée à fonctionner. « Les décisions de l’armée seront basées sur le compromis, et le service militaire deviendra le service d’officiers médiocres », a-t-il écrit.

En réponse semble-t-il aux affirmations de Brick, le chef d’état-major de Tsahal Eizenkot a envoyé cette semaine un rapport classifié, accompagné d’une lettre déclassifiée, aux principaux députés sur le degré de préparation des militaires.

Des officiers supérieurs de Tsahal assistent à un exercice simulant la guerre avec l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah le 4 septembre 2018 (Armée israélienne).

« L’armée israélienne est à un haut niveau de préparation et est prête à faire face à tout scénario de menace », a écrit Eizenkot dans la lettre adressée aux membres du cabinet de sécurité et de la puissante Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.

« En tant que responsable de l’état de préparation de l’armée à la guerre, je déclare que l’armée israélienne est prête pour toute mission qui lui sera confiée », a-t-il ajouté dans cette lettre, qui était jointe à un rapport classifié.

Eizenkot a ensuite salué « la supériorité des militaires en matière de renseignement et sur le plan de l’aviation, leurs capacités terrestres et leur grande expérience opérationnelle, qui se mesurent quotidiennement dans tous les théâtres de guerre ».

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