Les relations entre Israël et le Qatar seraient « bonnes », – le Qatar, cible d’un piratage
Rechercher

Les relations entre Israël et le Qatar seraient « bonnes », – le Qatar, cible d’un piratage

Une enquête a été ouverte après que l'agence de presse du Qatar a indiqué avoir été victime d'une cyber-attaque ; des propos pro-Iran et pro-Hamas ont été attribués à l'émir al-Thani

L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Des déclarations retentissantes attribuées à l’émir du Qatar ont provoqué mercredi une onde de choc dans le Golfe, plusieurs chaînes de télévision leur accordant du crédit jusqu’à un démenti de Doha qui a dénoncé une cyber-attaque contre son agence officielle.

Les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur un piratage sans précédent de l’agence QNA via laquelle ont été diffusés des propos attribués à l’émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani et traitant de questions régionales hautement sensibles.

Le service de presse gouvernemental s’est empressé dans la nuit de publier un communiqué qualifiant de « faux » et d' »infondés » les propos prêtés à l’émir.

Malgré ce démenti officiel, les chaînes de télévision à capitaux saoudiens et émiratis, respectivement Al-Arabiya et Sky News Arabia, continuaient mercredi la diffusion en boucle de larges extraits du prétendu discours de l’émir. Ces rediffusions étaient accompagnées de commentaires d’analystes et d’experts, invités pour l’occasion par les deux chaînes.

Selon les traductions dans la presse hébraïque, on aurait fait dire à l’émir que les relations entre Israël et le Qatar étaient « bonnes » et qu’il espérait jouer un rôle dans la négociation de l’accord de paix.

Parmi les sujets prétendument évoqués par le cheikh Tamim, figurent le mouvement terroriste palestinien Hamas, présenté comme « le représentant légitime du peuple palestinien », et l’Iran chiite vu comme un allié stratégique dans la région.

Est critiquée en outre la classification du mouvement chiite libanais Hezbollah et des Frères musulmans en Egypte comme groupes « terroristes », ainsi que l’administration du président américain Donald Trump.

La chaîne de télévision Al-Jazeera, basée à Doha, a annoncé que le compte Twitter officiel de QNA avait également été piraté et que de « fausses » informations selon lesquelles le Qatar retirait ses ambassadeurs de plusieurs pays avaient été diffusées puis démenties.

Le Qatar avait accueilli l’ancien numéro un du Hamas, Khaled Meshaal, qui a passé plusieurs années en exil, notamment en Syrie.

Al-Arabiya a également relayé qu’al-Thani aurait dit « qu’il n’y a aucune bonne raison d’être hostile envers l’Iran » et que les relations avec les États-Unis sous l’administration Trump étaient tendues.

‘Entité ‘inconnue’

La cyber-attaque semble destinée à nuire aux relations entre le Qatar et ses voisins arabes du Golfe, dont la majorité sont notamment hostiles à l’Iran, qui restent empruntes de méfiance malgré l’amélioration qu’elles ont connue ces dernières années, selon des analystes.

Dans la confusion, le service de communication du Qatar a annoncé dans la nuit que « l’agence de presse du Qatar a été piratée par une entité inconnue ». « Un faux communiqué attribué à Son Altesse a été publié », a-t-il ajouté.

Des responsables qataris, interrogés par l’AFP, ont indiqué qu’une enquête avait été ouverte et que le service de communication devait communiquer sur l’affaire plus tard dans la journée. QNA devait aussi tenir une conférence de presse.

Alors que le « faux » discours de l’émir était largement publié par des médias du Golfe, le site internet de la chaîne Al-Jazeera était mercredi matin inaccessible dans le royaume saoudien.

Des médias saoudiens ont critiqué les propos attribués à l’émir présentant l’Iran, rival du royaume, comme « un garant de la stabilité » de la région.

Un analyste intervenant sur la télévision d’Etat saoudienne Al-Akhbariya a parlé de « manque de maturité politique » en commentant les propos prêtés au chef de l’Etat du Qatar.

Les réseaux sociaux ont rapidement explosé avec des usagers de Twitter dans différentes monarchies du Golfe s’échangeant insultes et accusations.

Le discours que l’émir du Qatar aurait prononcé mardi survient deux jours après la rencontre que cheikh Tamim a eu à Ryad avec le président Donald Trump, en visite le weekend dernier en Arabie saoudite, son premier déplacement à l’étranger.

La cyberattaque contre la QNA survient après que le Qatar s’était dit samedi victime d’une campagne calomnieuse de certains médias l’accusant de « soutien » au terrorisme, des allégations qualifiées de « mensongères » par Doha.

Doha a longtemps fait l’objet, dans le monde arabe comme en Egypte, d’accusations selon lesquelles il parraine le terrorisme.

L’émirat a notamment été critiqué pour son soutien aux groupes rebelles qui se battent contre le président syrien Bachar al-Assad, et des Qataris ont été sanctionnés par le Trésor américain pour des activités de financement du terrorisme.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...