Les réseaux sociaux arabes très critiques de la normalisation avec Israël
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Les réseaux sociaux arabes très critiques de la normalisation avec Israël

Selon une enquête commandée par le ministère des Affaires stratégiques, près de 90 % des publications sur les Accords d'Abraham sont négatives

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Caricature du dessinateur jordanien Emad Hajjaj représentant le leader des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed bin Zayed Al-Nahyan, tenant une colombe sur laquelle figure le drapeau israélien, lui crachant au visage, avec une mention en arabe faisant référence à l'opposition d'Israël à la vente d'avions F-35 américains aux Émirats arabes unis, le 27 août 2020. (Crédit : AFP)
Caricature du dessinateur jordanien Emad Hajjaj représentant le leader des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed bin Zayed Al-Nahyan, tenant une colombe sur laquelle figure le drapeau israélien, lui crachant au visage, avec une mention en arabe faisant référence à l'opposition d'Israël à la vente d'avions F-35 américains aux Émirats arabes unis, le 27 août 2020. (Crédit : AFP)

Selon un rapport publié dimanche par le gouvernement israélien, une écrasante majorité des publications sur les réseaux sociaux dans le monde arabe, portant sur les récents accords de normalisation entre Israël et les Emirats arabes unis et Bahreïn, sont négatives.

Le rapport de neuf pages, basé sur une enquête commandée par le ministère des Affaires stratégiques, rapporte que 81 % des messages des internautes à ce sujet sont « négatifs ». 8 % sont « très négatifs », et seulement 5 % d’entre eux seraient positifs.

L’enquête, menée entre la mi-août et la mi-septembre, avance que près de la moitié des commentaires sur l’accord Israël-Emirats publiés dans le monde arabes – 45 % – le décrivaient comme une « trahison ».

27 % des utilisateurs déploreraient « l’interaction avec les sionistes », 10 % « l’hypocrisie » et 5 % perçoivent cet accord comme une capitulation d’Abou Dhabi face aux intérêts américains. « Les arguments en faveur de la normalisation, qui sont minoritaires, ont mis en lumière les avantages de l’accord dans le domaine de la sécurité (61 %), faisabilité économique (33 %) et la ‘validation’ d’une situation existant de facto (6 %) », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Orit Farkash-Hacohen, issue du parti Kakhol lavan et ministre sortante des Affaires stratégiques, a indiqué que les résultats de l’enquête témoignaient d’une « tentative organisée de créer un discours négatif contre les accords par le camp anti-paix dans le monde arabe ».

« Nous soutenons l’idée que le dialogue et les partenariats – plutôt que les boycotts – sont les moyens qui permettront de parvenir à la paix avec nos voisins », a-t-elle dit.

Orit Farkash-Hacohen. (Yanai Yechiel)

« Etant donné l’importance cruciale du processus de normalisation pour le futur du Moyen-Orient et à la lumière du discours de haine contre nos récents partenariats dans le Golfe, nous continuerons à promouvoir un état d’esprit positif en arabe qui mettra en avant les avantages à la paix, tout en remettant en cause le discours négatif. »

La plupart des utilisateurs arabes des réseaux sociaux favorables à la normalisation avec Israël proviennent d’Irak. Ils ont ouvertement formulé l’espoir que leur propre pays emboîterait le pas aux Emirats, selon le ministère.

« Les principaux opposants à la normalisation s’avéraient être des comptes associés au Hezbollah, au Hamas et à l’Autorité palestinienne, ainsi qu’à des ONG palestiniennes qui promeuvent la délégitimation d’Israël. »

Les hashtags #NormalizationIsTreason (la normalisation est une trahison) et #BahrainisAgainstNormalization (Bahreinis contre la normalisation) ont été exposés à plus de 100 millions de comptes, a précisé le ministère. L’utilisation de ces hashtags était une « campagne coordonnée menée pour produire un semblant d’opposition généralisée dans le monde arabe aux accords dans un effort pour dissuader plus de pays d’embrasser des liens plus chaleureux avec Israël ».

En réaction, le ministère a recommandé le lancement d’une cyber-campagne pour « changer la perception d’Israël en mettant l’accent sur le monde arabe », qui « proposerait une information plus équilibrée et fiable, notamment dans le contexte de la délégitimation d’Israël ».

Le président américain Donald Trump (au centre) avec, de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed al-Nahyan, lors de la cérémonie de signature des Accords d’Abraham sur la pelouse sud de la Maison Blanche, le 15 septembre 2020, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Le 13 août dernier, les Emirats arabes unis ont annoncé, à la surprise générale, avoir accepté de normaliser leurs relations avec Israël en échange de la suspension des plans d’annexion unilatéraux par Israël de pans de Cisjordanie. De hauts fonctionnaires des Émirats arabes unis ont souligné que cette initiative bénéficiait d’un grand soutien au sein de la population du pays, allant même jusqu’à dire qu’ils étaient « enthousiastes » à l’idée de la paix avec Israël.

L’accord de paix EAU-Israël a été signé le 15 septembre à la Maison Blanche.

Bahreïn, une petite nation insulaire traditionnellement proche des Émirats arabes unis, a également annoncé qu’il normaliserait ses liens avec Israël. Toutefois, étant donné que le royaume compte une importante population chiite, la décision des dirigeants sunnites de normaliser les liens avec l’État juif a fait l’objet de critiques publiques véhémentes.

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