Les trois dernières familles qui vivaient dans la communauté bédouine de Ras Ein al-Auja, au nord de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, ont démantelé leurs habitations et quitté ce campement, dimanche matin, en raison des actes de harcèlement répétés des partisans du mouvement pro-implantations, a fait savoir le groupe de défense des droits des Bédouins al-Bidar.
Selon des militants, cette communauté d’éleveurs comptait à l’origine environ 120 familles qui y vivaient depuis des décennies. Les familles avaient commencé à fuir en masse, ce mois-ci, après que des extrémistes juifs ont établi en décembre une nouvelle implantation à moins de 500 mètres du hameau – à proximité des pâturages de la communauté bédouine, selon le groupe israélien de gauche BTselem.
Des militants israéliens et palestiniens ont régulièrement signalé des cas de partisans du mouvement pro-implantations qui ont agressé des bergers et des militants, vandalisé des biens et amené leur propre bétail paître à Ras Ein al-Auja et dans d’autres communautés pastorales bédouines de Cisjordanie.
Dans une vidéo qui a été diffusée aujourd’hui par al-Bidar, un partisan du mouvement pro-implantations pousse une militante israélienne, déjà âgée, au sol, apparemment sans provocation préalable, au sein de la communauté bédouine de Shakara, au sud de Naplouse.
Hier, un père et son fils originaires d’un avant-poste de la vallée du Jourdain ont accosté un berger bédouin alors qu’il emmenait son bétail paître dans un champ situé à proximité du campement de Farsiyya, selon Jordan Valley Activists, un groupe israélien qui accompagne les bergers bédouins dans la région.
Des images qui ont été partagées avec le Times of Israel montrent que l’extrémiste juif, d’un certain âge, était armé et qu’il portait un uniforme de l’armée israélienne.
Un porte-parole du groupe a affirmé que les partisans du mouvement pro-implantations ont agressé deux militants qui filmaient l’incident et qu’ils leur ont également volé leurs téléphones, dont au moins un a été retrouvé plus tard dans le champ.
Le porte-parole a partagé des photos de l’un des militants qui présentait des ecchymoses au dos et au visage après que les extrémistes juifs l’ont frappé à coups de pied, lui cassant un doigt. Ils l’auraient aussi mis en joue avec une arme. L’activiste a été transporté à l’hôpital, a déclaré le porte-parole, ajoutant que la police était arrivée sur les lieux par la suite.
Il est difficile de dire si la police a procédé à des arrestations.
La police et l’armée israélienne n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.