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Les soldats pourront désormais ouvrir le feu sur les voleurs et les trafiquants

L'élargissement des règles d'engagement appuie l'initiative de l'armée visant à réprimer les vols d'armes fréquents sur les bases ou le trafic de stupéfiants transfrontalier

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de Tsahal et de la Garde nationale chypriote participent à un exercice conjoint à la base d'entraînement de l'armée israélienne de Tzeelim, dans le sud d'Israël, le 25 octobre 2017. (Armée israélienne)
Des soldats de Tsahal et de la Garde nationale chypriote participent à un exercice conjoint à la base d'entraînement de l'armée israélienne de Tzeelim, dans le sud d'Israël, le 25 octobre 2017. (Armée israélienne)

L’armée israélienne a révisé dimanche ses règles d’engagement qui permettront dorénavant aux soldats d’ouvrir le feu plus facilement sur les voleurs et trafiquants présumés, une initiative prise pour réprimer les crimes, ont annoncé les militaires.

Ainsi, les troupes pourront utiliser leur arme à feu dans les cas de vols d’armes et de munitions sur les bases militaires, dans les cas d’effraction sur ces mêmes bases ou dans les zones de tirs et lors des tentatives de trafic observées le long de la frontière entre l’État juif et l’Égypte, a fait savoir Tsahal.

Dans le passé, dans de telles circonstances, les soldats ne pouvaient ouvrir le feu que si leur vie était en danger immédiat – ce que savaient généralement les criminels.

Les nouvelles règles d’engagement ne sont pas une carte blanche offerte pour tirer sur toute personne entrant accidentellement dans une zone de tir, mais elles veulent plutôt offrir aux soldats l’option de pouvoir utiliser leur arme à feu dans les cas où cette éventualité est justifiée.

Ce changement a été décidé à l’issue d’un réexamen des directives jusqu’alors mises en place suite à des années de critiques internes et publiques des règles d’engagement, a précisé l’armée.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, s’exprime lors d’une cérémonie au siège de l’armée à la Kirya, à Tel Aviv, le 18 juin 2020. (Armée israélienne)

Ces nouvelles recommandations ont été soumises au chef d’État-major de l’armée Aviv Kohavi, qui les a ratifiées.

« Les règles d’engagement se coordonnent à une évaluation, jour après jour, de la situation et des défis opérationnels. Ces dernières semaines, l’armée israélienne a œuvré à mettre en vigueur ces changements et à mettre également en place les changements nécessaires dans les programmes de formation, afin que les soldats puissent être informés sur les bases militaires, et ce dès aujourd’hui, des nouvelles règles, conformément à la région dans laquelle ils opèrent », a dit Tsahal.

Le Premier ministre Naftali Bennett a salué cette initiative, affirmant qu’elle offrait aux soldats « la capacité de se défendre et de nous défendre. Nous continuons à lutter contre le crime pour restaurer la sécurité ».

Les trois additions aux règles d’engagement – vol d’armement, entrée par effraction sur les bases militaires et trafic – correspondent à trois problématiques auxquelles les soldats ont été largement confrontés, ces dernières années.

Cela fait en effet très longtemps que des vols sont enregistrés dans des bases militaires, dans le sud d’Israël et particulièrement dans la base de formation de Tzeelim, ce qui offre à des cambrioleurs potentiels la possibilité de se saisir non seulement des équipements militaires, mais aussi des effets personnels des milliers de réservistes qui traversent ses portes pour des entraînements.

Dans les zones de tirs, où les équipements sont plus facilement laissés sans surveillance, les vols sont aussi réguliers ainsi que d’autres types de
crimes. Au fil des années, un certain nombre d’opérations de culture de marijuana ont été mises à jour dans ces zones largement non-peuplées.

Les armes et les munitions volées sur les bases et dans les zones de tirs contribueraient à aggraver le problème national de circulation des armes illégales et en particulier dans la communauté arabe israélienne.

Cela fait des années que la frontière israélo-égyptienne, pour sa part, est un lieu de trafic – en particulier pour la marijuana mais aussi pour d’autres. Au début de la semaine dernière, les militaires ont déjoué une tentative de trafic de stupéfiants pour un montant de cinq millions de shekels le long de la frontière, saisissant la drogue. Il n’y a eu aucune arrestation.

Les changements survenus dans les règles d’engagement ont été applaudis par les organisations et les politiciens de droite, comme Im Tirzu et le député Bezalel Smotrich, qui critiquent depuis longtemps ce qu’ils considèrent comme des « politiques laxistes » mises en œuvre en Israël à l’encontre des criminels.

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