Les start-upers étrangers ne se mêlent pas de politique au DLD Tel Aviv
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Les start-upers étrangers ne se mêlent pas de politique au DLD Tel Aviv

La conférence annuelle des startups fait le plein de visiteurs israéliens et étrangers en quête d'un "nouvel avenir, avec une technologie dynamique"

Tel Aviv DLD, une conférence annuelle de startup, a été lancée le 18 septembre, pour la neuvième fois. Plus de 100 délégations venues du monde entier participent à l'événement avec environ 4000 invités. 
(Guy Yechiely)
Tel Aviv DLD, une conférence annuelle de startup, a été lancée le 18 septembre, pour la neuvième fois. Plus de 100 délégations venues du monde entier participent à l'événement avec environ 4000 invités. (Guy Yechiely)

Mercredi, alors que les Israéliens se sont réveillés groggy et dans l’incertitude quant au nom de leur futur Premier ministre, les affaires continuaient comme si de rien n’était lors de l’événement annuel de startup à Tel Aviv.

Des investisseurs, des entrepreneurs et des visiteurs ont discuté, pris des bains de soleil et de selfies à l’espace Hatachana au sud de Tel Aviv, où a lieu le « DLD Tel Aviv Innovation Festival ». Ils n’étaient pas perturbés par le drame politique qui se déroule autour d’eux. Les visiteurs se pressaient, y compris un groupe de soldats fraîchement recrutés, pour faire la queue afin d’obtenir leur billet d’entrée, ils tournaient autour de stands et écoutaient des discours, tous à la recherche de l’énergie créatrice que peut offrir la Startup Nation en pleine effervescence. Les entrepreneurs, aussi bien israéliens qu’étrangers, étaient occupés à élargir leur réseau et à créer des partenariats pour développer leurs technologies.

« Il y a beaucoup d’étrangers ici, constate Raphael Moszynski, le fondateur et PDG de Blitz Motors, une entreprise qui développe des motos électriques rapides pour le marché de l’entreprise. « C’est ce qui a permis à tout le monde de rester concentré sur l’événement en lui-même et pas sur les élections », selon lui.

Raphael Moszynski, le fondateur et PDG de Blitz Motors, à DLD Tel Aviv le 18 septembre 2019 (Shoshanna Solomon / Times of Israël)

Selinay Flitz Perlak, la co-fondatrice turque et responsable en chef des opérations de l’entreprise Bluedot Technologies Inc. basée aux Etats-Unis, est en Israël afin d’attirer l’attention des investisseurs sur sa firme, explique-t-elle. Celle-ci a développé une application mobile qui permet aux utilisateurs de partager leur station de charge électrique avec d’autres – à cette étape pour les voitures et, à l’avenir, pour les scooters et autres véhicules électriques.

« Nous sommes comme Airbnb pour les chargeurs », s’amuse-t-elle. Elle est en Israël avec son collègue turc Ferhat Babacan, le co-fondateur et PDG de l’entreprise, dans le cadre d’une délégation d’une fondation entrepreneuriale turque dont le but est de lever des fonds et d’apprendre du marché israélien, où les « scooters sont en plein développement », explique-t-elle.

Selinay Parlak, gauche, et Ferhat Babacan, co-fondateurs de Bluedot Technologies Inc. au Salon de l’innovation DLD le 18 septembre 2019 (Shoshanna Solomon / Times of Israël)

Elle a dit avoir entendu parler des élections. Elle est certaine qu’Israël est face à « un nouvel avenir, avec une technologie dynamique ».

DLD Tel Aviv a commencé lundi et continuera jusqu’à jeudi, avec plus de 100 délégations en provenance du monde entier et 4 000 participants dont des entrepreneurs, des investisseurs et des officiels de géants de la technologie comme Google, Microsoft, Amazon et Facebook. L’événement accueille également une conférence annuelle sur le numérique qui constitue un moment fort du salon.

Les organisateurs de DLD ont dit qu’ils attendaient plus de 8 000 participants à la conférence et plus de 20 000 participants aux événements du week-end. L’événement inclut la conférence, mais aussi des dizaines de rencontres, d’ateliers et d’événements liés à la technologie à travers la ville.

Des visiteurs à DLD Tel Aviv; le 18 septembre 2019 (Shoshanna Solomon / Times of Israël)

Mariangel Hernandez a fait le voyage depuis l’équateur pour présenter son entreprise aux investisseurs afin de développer davantage sa technologie. Appelée 2sellmore, la startup a développé un logiciel qui utilise l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle pour aider des entreprises à analyser des données et à proposer des nouvelles idées de services et de produits pour des clients – « dont les clients ne savent pas qu’ils ont besoin », relate-t-elle. Elle recherche maintenant des investisseurs pour « lancer mondialement le produit. Israël est le bon endroit pour cela ».

Quand on l’a interrogée sur l’embarras politique dans lequel se trouve la Startup Nation en ce moment, elle a haussé des épaules. « En Équateur, nous disons que la politique est alpargatas. Cela signifie que la chaussure gauche est la même que la chaussure droite ».

Mariangel Hernandez, de l’Equateur, est le PDG de 2sellmore, à DLD Tel Aviv; le 18 septembre 2019 (Shoshanna Solomon / Times of Israël)

Mais Kaari Kink, originaire de Finlande, constate que ses amis israéliens « sont enthousiastes à l’idée de changer le paysage politique ». Ils veulent vraiment se débarrasser de Netanyahu, « qui est comme un dictateur », dit-elle.

Elle est en Israël pour présenter sa startup Triumf Health aux investisseurs. L’entreprise développe des logiciels éducatifs pour les enfants atteints de maladies chroniques, comme le cancer, l’asthme ou le diabète, afin de les aider à mieux connaître leur maladie, à identifier et à surmonter des difficultés psychologiques qu’ils peuvent développer à cause de leur pathologie. Ces problèmes passent souvent au second plan alors que les familles et les médecins s’occupent de la maladie, mais pas de ses répercussions psychologiques, selon elle.

Une délégation de responsables de startup et d’incubateurs venue d’Italie s’amuse du paysage politique d’Israël, avec ses petits partis et leurs exigences pour entrer dans des coalitions, qui ressemble à l’arène politique italienne selon eux.

Claudio Pasqualucci, de l’Italian Trade Agency, à DLD Tel Aviv; le 18 septembre 2019 (Shoshanna Solomon / Times of Israël)

« Vous êtes comme en Italie, où il n’y a jamais de vainqueur très clair », a déclaré Pietro Miconi, le PDG de Hibye, un réseau local qui connecte des gens avec des intérêts en commun à travers des « activités personnelles ».

« Contrairement à d’autres réseaux sociaux », qui ont tendance à isoler et à « aliéner les utilisateurs » d’après lui, Hibye permet des relations plus personnelles pour ceux qui veulent partager un café, un taxi, ou même une conversation sur les élections.

Claudio Pasqualucci de l’Italian Trade Agency soutenue par le gouvernement a conduit une délégation de 10 startups en Israël parce que c’est la « Startup Nation par excellence », a-t-il dit. Israël et l’Italie peuvent développer des collaborations fructueuses en matière de technologie, selon lui, et les Italiens sont aussi ici pour apprendre d’Israël sur la création d’un écosystème de technologie croissant. « Je m’intéresse à ce qui se passe politiquement ici », assure-t-il. « Mais je préfère ne pas m’y impliquer. Nous avons nos propres problèmes ».

Cosimo Calciano, également italien, est en Israël pour trouver des investisseurs et développer une coopération avec des entreprises israéliennes. Sa startup, Revotree srl, a développé une technologie d’agriculture de précision pour l’irrigation automatique et pour aider des fermes de petite et moyenne taille à déterminer l’irrigation optimale pour leurs champs à un coût relativement bas. Les trois appareils que l’entreprise propose sont un capteur mesurant l’humidité du sol, une station de mesure météorologique pour quantifier les précipitations, l’humidité, le vent et les températures, et un système d’irrigation autonome contrôlable depuis un téléphone. Le prix de l’ensemble des appareils a été fixé à 315 euros, avec un jeu d’appareils nécessaire par hectare de terrain, explique-t-il.

Il confie qu’il n’a pas envie de parler en vitesse de la situation politique en Israël et qu’il ne souhaite pas la commenter.

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