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« Les tribulations d’Erwin Blumenfeld », un photographe face à l’histoire, au MahJ

Le musée vient compter l'histoire passionnante et bouleversante du photographe juif allemand, naturalisé américain, à travers près de 180 photos - dont des ensembles jamais exposés

Grande figure du monde de la mode, le photographe Erwin Blumenfeld est exposé au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris, jusqu’au 5 mars 2023.

L’exposition, intitulée « Les Tribulations d’Erwin Blumenfeld, 1930-1950 », met en lumière sa période la plus féconde, tant du point de vue de ses expérimentations artistiques que de la révélation de son talent dans la photographie de mode qui l’amena à travailler pour les plus grands magazines américains – notamment Vogue et Harper’s Bazaar.

L’évènement vise aussi à éclairer sa vision de l’art et sa vie personnelle pendant l’Occupation.

Né le 26 janvier 1897 à Berlin, le photographe juif allemand, naturalisé américain, est mort le 4 juillet 1969 à Rome.

Entre son installation à Paris en 1936 et les débuts de sa carrière américaine, après 1941, l’homme a vu son destin, tant artistique que personnel, être totalement bouleversé.

Alors que sa carrière dans l’effervescence de la capitale française et l’univers de la mode est brutalement interrompue par la défaite de 1940, l’homme se retrouve confronté à l’errance et à l’internement comme « étranger indésirable » dans plusieurs camps français, avant d’obtenir un visa pour les États-Unis.

Embarqué sur le navire Mont Viso, il a encore eu à affronter avec sa famille l’enfermement dans un camp français au Maroc. Après cette période dramatique, il a finalement pu trouver refuge in extremis aux États-Unis, où il a renoué aussitôt avec l’industrie de la mode.

Le mahJ vient ainsi compter cette histoire passionnante et bouleversante, à travers près de 180 photographies – dont des ensembles jamais exposés.

« La période des années 1930 aux années 1950 à laquelle l’exposition est consacrée est aussi celle de la révélation de son talent photographique, le moment d’une expérimentation artistique originale et foisonnante, poursuivie avec la même ferveur de Paris à New York », écrit le musée. « Après des débuts dadaïstes, marqués par des photomontages politiques prémonitoires sur la Seconde Guerre mondiale, Blumenfeld construit une œuvre loin des troubles du temps. Elle s’inspire et prolonge des techniques adoptées notamment par les tenants de la ‘Nouvelle vision’, tant lors de la prise de vue qu’en laboratoire : solarisation, réticulation, surimpression, miroirs et jeux optiques, jeux d’ombres et de lumières forment pour lui une grammaire au service d’une image où la beauté et le nu féminin occupent une place centrale. Il mettra en particulier son génie au service de la photographie de mode, et sera précurseur dès les années 1940 dans le domaine de la couleur, propice à de nouvelles expérimentations. »

« L’exposition suit le cheminement de l’artiste dans des séries, dont sont issues ses photographies les plus célèbres et les plus expérimentales, et les liens qu’il a pu tisser dans ses images avec les maîtres de la peinture ancienne et de l’art moderne », est-il ajouté. « À New York, les magazines Harper’s Bazaar et Vogue, en particulier, seront les supports influents de son talent, déployé dans une libre exploration de formes et de couleurs, toujours sur le portrait et le nu féminin. Le parcours présente également deux reportages inédits, sur une famille gitane aux Saintes-Maries-de-la-Mer, et sur les danses des Amérindiens de Taos au Nouveau Mexique. Faisant le lien entre sa participation au mouvement Dada et son insertion dans l’avant-garde parisienne, la série du ‘Dictateur’ et des têtes de veau trouvera sa place avant les portraits, les travaux sur la sculpture de Maillol, et les expérimentations autour du corps féminin faisant de lui un photographe recherché. »

« Le MahJ a choisi d’approfondir ce que la vie et l’œuvre de Blumenfeld doivent en propre à la culture et au destin des Juifs européens pris dans les tourmentes de la première moitié du XXe siècle », a expliqué Paul Salmona, directeur du musée.

Plusieurs évènements sont organisés dans le cadre de l’exposition, dont des visites guidées avec Cécile Petitet ou Yaële Baranes, conférencières du mahJ. Les prochaines auront lieu le dimanche 8 janvier (11h15-12h45), mercredi 25 janvier (18h15-19h45) et jeudi 16 février (14h15-15h45).

Une conférence intitulée « Un photographe dans l’histoire », animée par Corinne Bensimon, aura lieu le mercredi 11 janvier (19h-20h30), avec la participation d’Ilsen About (EHESS-CNRS), Anne Grynberg (Inalco) et Dorothea Bohnekamp (université Rennes 2).

Des rencontres « Une expo, une œuvre » seront aussi proposées : « Le Dictateur. Prémonitions de la guerre » le jeudi 19 janvier (14h15-15h15), par Nicolas Feuillie, commissaire scientifique de l’exposition, et « Images de la bohème : les Gitans », le mercredi 8 février (18h15-19h15), par Cécile Petitet, conférencière du mahJ.

Plus de détails et les billets pour l’exposition sont disponibles sur le site du musée.

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