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L’essayiste d’extrême-droite Soral condamné à 3 mois ferme en Suisse pour homophobie

Il a déjà été condamné à une vingtaine de reprises en France, en grande partie pour des infractions de provocation à la haine, diffamation et injure antisémite

Alain Soral s'adresse aux journalistes à son arrivée au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (Crédit : LOIC VENANCE / AFP)
Alain Soral s'adresse aux journalistes à son arrivée au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (Crédit : LOIC VENANCE / AFP)

L’essayiste français d’extrême droite Alain Soral a été condamné en Suisse à trois mois de prison ferme pour des attaques homophobes, a-t-on appris auprès de la partie plaignante.

M. Soral -de son vrai nom Alain Bonnet- peut faire appel de cette décision, révélée par la Tribune de Genève, le quotidien pour lequel travaille la plaignante.

Le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier, a estimé que « les propos tenus par le prévenu sont profondément homophobes et incitent à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle de la plaignante et, plus généralement, des personnes homosexuelles », selon un extrait de l’ordonnance pénale rendue lundi, obtenu par l’AFP.

La journaliste Cathy Macherel avait déposé plainte après la diffusion d’une vidéo dans laquelle Alain Soral l’insultait.

M. Soral, 63 ans, réagissait à un article que la journaliste avait consacré l’été dernier à l’essayiste et à ses activités notamment à Genève, a expliqué Mme Macherel à l’AFP.

M. Soral avait traité Mme Macherel de « grosse lesbienne » et de « militante queer » un terme qu’il veut synonyme de « désaxé ».

« M. Soral a souvent vanté la ‘tranquillité suisse’. Il apprend aujourd’hui qu’il y a des lois, dans notre pays, qui permettent de punir de tels agissements », a-t-elle confié à la Tribune de Genève.

M. Soral doit payer aussi 1.500 francs suisses (soit environ la même somme en euros) de jours-amende et les frais de procédure se montant à 1.950 francs suisses, précise le quotidien.

L’avocat de la plaignante, Me Etienne Campiche, a souligné dans un entretien avec l’AFP qu' »en Suisse il y a des limites à ce que l’on peut dire et il est important de montrer aux gens qui ne respectent pas ces limites qu’il y a des conséquences ».

« La liberté d’expression c’est essentiel, mais le respect de l’être humain, dans toute sa pluralité, aussi », a-t-il ajouté.

Contacté par courriel par l’AFP, le défenseur de M. Soral, Me Pascal Junod, n’avait pas donné suite dans l’immédiat.

La pénalisation de l’homophobie est récente en Suisse et a été entérinée début 2020 par un référendum populaire.

La votation a permis d’élargir une législation déjà existante en matière de lutte contre les discriminations et appels à la haine raciale ou religieuse, en l’étendant à l’orientation sexuelle.

Si Alain Soral décide de faire opposition -une procédure qui peut se faire par simple courrier dans un délai d’une dizaine de jours- il est probable que l’on aille au procès devant le tribunal de police de Lausanne et ce sera alors à un juge de se prononcer.

Alain Soral a déjà été condamné à une vingtaine de reprises en France, en grande partie pour des infractions de provocation à la haine, diffamation et injure antisémite.

En mai 2021, il a été condamné en appel à quatre mois de prison en semi-liberté pour provocation à la haine à raison de la religion, après avoir imputé aux juifs l’incendie de Notre-Dame de Paris.

Plus récemment, en février de cette année, l’essayiste d’extrême droite a été débouté par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) qu’il avait saisie après sa condamnation pour la publication en 2016 sur son site internet d’un dessin négationniste.

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