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Explications

L’Europe détourne le regard face aux réseaux du Hamas et du Hezbollah sur son territoire – experts

Selon les analystes, les groupes terroristes peuvent opérer largement sans encombre, dirigeant des organisations caritatives, recrutant des soutiens - et les moyens légaux permettant de les arrêter sont rares

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'exprimant lors d'un débat sur les attaques terroristes du Hamas contre Israël et la situation humanitaire à Gaza, au Parlement européen, à Strasbourg, France, le 18 octobre 2023. (Crédit : Frederick Florin/AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'exprimant lors d'un débat sur les attaques terroristes du Hamas contre Israël et la situation humanitaire à Gaza, au Parlement européen, à Strasbourg, France, le 18 octobre 2023. (Crédit : Frederick Florin/AFP)

Une planque d’armements a été découverte sous un pin dans le sud de la Bulgarie, la semaine dernière. Des armes liées à quatre membres présumés du Hamas qui avaient été arrêtés en Allemagne et aux Pays-Bas, au mois de décembre dernier, et qui étaient soupçonnés de préparer un attentat contre des cibles juives en Europe, selon le magazine allemand Der Spiegel.

Au même mois de décembre, sept personnes liées au Hamas avaient été appréhendées pour des charges similaires au Danemark.

Des arrestations qui ont mis en lumière les activités, souvent négligées, des groupes terroristes jihadistes anti-israéliens sur le sol européen et qui soulèvent des questions sur leurs réseaux d’influence et sur leurs opérations en Occident.

« Cela fait environ 30 ans que le Hamas est implanté en Europe. C’est un secret de Polichinelle », commente Lorenzo Vidino, directeur du programme consacré à l’extrémisme au sein de l’Université George Washington. « Mais les enquêtes ont hélas raté leur but dans leur majorité ».

Les investigations portant sur des personnalités de premier plan du Hamas ont été « une catastrophe totale », note le chercheur, les pays européens préférant allouer leurs ressources limitées à ce qu’ils considèrent comme des menaces plus directes faites à leur sécurité.

Le vétéran des services de renseignement israéliens, Danny Citrowicz, fait des observations similaires en ce qui concerne le Hezbollah. Il met en garde contre toute sous-estimation du réseau du groupe terroriste chiite qui, dit-il, ne cesse de se développer sur le sol européen.

« En Europe, on considère que les principales menaces terroristes émanent des groupes sunnites comme al-Qaïda et l’État islamique. On ne les voit pas agir contre le radicalisme chiite », déclare Citrowicz, chercheur à la fois au sein de l’Institut d’études sécuritaires national et à l’Atlantic Council. « Les Européens pensent qu’il y a actuellement de plus gros poissons à pêcher ».

Un policier montant la garde le 21 janvier 2015 devant le magasin Hyper Cacher à Paris où quatre Juifs ont été assassinés par Amédy Coulibaly, le 9 janvier 2015. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Des opérations « visibles » et « moins visibles »

Vidino est un expert des réseaux européens et nord-américains des Frères musulmans, le mouvement islamiste tentaculaire et transnational d’où est né le Hamas.

Concernant ses activités en Europe, le Hamas suit le modèle des Frères musulmans, explique-t-il. Un modèle qui est basé sur deux cercles : un cercle « intérieur » et un cercle « extérieur ».

« Le cercle extérieur est composé d’un vaste réseau de ‘compagnons de route’ qui soutiennent la cause », déclare-t-il, faisant référence aux individus qui, de leur propre aveu, éprouvent une sympathie idéologique à l’égard de l’agenda du Hamas – activistes locaux, intellectuels et politiciens.

« Le ‘cercle intérieur’, très secret, très resserré, très élitiste, est constitué d’une vingtaine de Palestiniens qui entretiennent des liens de longue haleine avec le Hamas, des liens familiers », ajoute-t-il. « Il s’agit de personnalités très charismatiques qui mènent des opérations depuis longtemps dans ces pays européens, d’individus qui sont bien établis et qui, la plupart du temps, ont obtenu l’asile politique ».

La duplicité du Hamas est également évidente dans le type d’activités menées par ce dernier. Il y a un travail de diplomatie publique « visible » et il y en a un autre, « moins visible », qui est principalement réalisé sous couvert d’organisations caritatives. Vidino a co-publié un rapport très détaillé sur le sujet au mois de décembre qui s’intitulait « S’attaquer au financement du Hamas en Occident ».

De manière inquiétante, la face cachée des activités illicites du Hamas sur le sol européen, ces derniers temps, semble aussi avoir compris la planification d’attentats contre des cibles juives et israéliennes, comme les arrestations qui ont eu lieu au mois de décembre ont pu le révéler.

Des militants et partisans pro-palestiniens à Londres lancent des torches de fumée, agitent des drapeaux et brandissent des pancartes lors d’une manifestation contre Israël au milieu des combats entre l’État juif et les terroristes palestiniens à Gaza, le 15 mai 2021 (Crédit : Tolga Akmen / AFP)

L’arme de la propagande

L’aspect légal de la présence du Hamas, un aspect qui est aussi plus visible, se trouve dans l’organisation d’événements publics, de rassemblements annuels ou de manifestations qui ont augmenté de manière spectaculaire en fréquence depuis le 7 octobre, dit Vidino.

« Il ne se présente pas sous le nom du Hamas, bien sûr », ajoute-t-il, notant que le groupe terroriste est hors-la-loi dans toute l’Union européenne. « Il se donne des noms différents – la Conférence des Palestiniens à l’étranger, les Palestiniens de (nom du pays), les Étudiants palestiniens à l’étranger et ainsi de suite ».

« Mais quand vous creusez un petit peu, vous découvrez l’identité des gens qui se trouvent à l’origine de ces associations et les liens que ces gens entretiennent dans les territoires palestiniens. En réalité, c’est toujours le même petit groupe de 20 à 25 personnes. La propagande, les modèles adoptés sur les réseaux sociaux, ce sont ceux du Hamas. Et ce sont des similarités ouvertes, tous à fait visibles et très identifiables », note Vidino.

« C’est une tactique typique des Frères musulmans », continue-t-il. « Ils arrivent avec un million de noms différents pour leurs organisations et ce, pour deux raisons : D’abord, ils veulent donner l’impression que leur mouvement est large de manière à ce que lorsqu’ils organiseront un événement public, il y aura 50 organisations qui y participeront. De la même façon, s’ils publient une lettre, il y aura 50 groupes signataires. Ensuite, si l’un de ces groupes doit faire l’objet d’une dissolution ou d’une interdiction de la part des forces de l’ordre, il en restera d’autres ».

Ces différentes branches de propagande ciblent les communautés musulmanes locales dans les pays européens, pour amener ces dernières à soutenir la cause. Elles servent également à exercer des pressions auprès de la société civile et des politiciens européens et à sensibiliser l’opinion publique par le biais de lettres ouvertes écrites dans les journaux, d’événements de dialogue interconfessionnel, etc…

Une nouvelle ONG suspecte en Belgique

La présence du Hamas, en Europe, s’est principalement implantée à l’Ouest du vieux continent, selon Vidino. Dans de grands pays comme le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie ainsi que dans de plus petits États comme les Pays-Bas, l’Autriche et la Belgique.

La Belgique, en particulier, est connue pour être un haut lieu du terrorisme jihadiste européen.

Le député belge Michael Freilich est le seul membre juif du parlement fédéral. Dans un entretien accordé au Times of Israel récemment, il s’est souvenu qu’au mois de janvier, il avait soumis une demande parlementaire au ministre de la Justice du pays, Paul Van Tigchelt, l’interpellant au sujet d’un groupe de pression qui vient d’être établi à Bruxelles : l’EUPAC — Conseil palestino-européen pour les Relations politiques.

Freilich dit avoir été interpelé en constatant que, parmi les noms des membres du Conseil d’administration de cette organisation, il y avait celui de Majed Al-Zeer, un homme qui est accusé par les autorités allemandes d’être « le représentant du Hamas en Allemagne » et un contact de premier plan du groupe terroriste en Europe, selon Der Spiegel.

Majed Al-Zeer. (Capture d’écran : YouTube ; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Al-Zeer est connu pour avoir été proche du leader du Hamas, Ismail Haniyeh, qui l’avait ouvertement félicité à une occasion pour avoir obtenu, au nom de l’une de ses ONG, le Centre pour le retour palestinien (PRC), un statut consultatif aux Nations unies. Le PRC avait démenti tout lien avec le Hamas.

Al-Zeer et Haniyeh étaient également apparus sur une photo non-datée, l’un à côté de l’autre lors d’un événement.

Après avoir vécu au Royaume-Uni et en Allemagne, Al-Zeer avait été impliqué dans la création de l’EUPAC à Bruxelles, au mois de mai 2022. L’ONG dit avoir pour objectif de « sensibiliser » à la cause palestinienne avec « des acteurs de l’arène européenne » par le biais de conférences, de séminaires, de campagnes et d’interventions auprès des médias, dit son site internet.

En réponse à la demande de Freilich portant sur les activités, sur le sol belge, d’un homme qui, selon l’Allemagne, serait un membre de premier plan du Hamas, le ministre belge de la Justice a refusé de révéler si une enquête avait été ouverte, reconnaissant – au grand désarroi de Freilich – que les services de sécurité belges « savent que le Hamas est actif en Belgique par le biais de différentes associations, qui se concentrent sur des activités de lobbying et de collecte de fonds ».

La police sur les lieux d’une attaque au couteau à Bruxelles, le 10 novembre 2022. (Crédit : AP/Sylvain Plazy)

« Ces activités de lobbying visent à préserver l’image du Hamas, souvent sous couvert de soutien à la cause palestinienne. Aucun message extrémiste survenant d’une organisation liée au Hamas n’a jusqu’à présent été signalé en Belgique », a indiqué le ministère de la Justice dans sa réponse.

Une stratégie de laissez-faire, de la part du gouvernement belge, qui laisse Freilich perplexe.

« Mais pourquoi en est-on arrivé à se dire – après avoir admis que le Hamas est actif dans le pays – qu’on va le laisser mener ses opérations parce qu’en Belgique, il ne fait rien d’extrémiste ? Et le gouvernement indique que le Hamas vient de lancer une collecte de fonds – ce qui est supposé être illégal pour une telle organisation. Tout cela n’a aucun sens pour moi », s’exclame-t-il.

Le député belge Michael Freilich en visite à Jérusalem, février 2020. (Autorisation)

Difficile à poursuivre en justice

Vidino estime que les responsables des forces de l’ordre, dans les pays européens, connaissent depuis longtemps l’identité de ces membres du Hamas mais qu’ils paraissent être dans l’incapacité d’investir les ressources nécessaires pour les poursuivre – ou qu’ils n’en ont simplement pas la volonté.

« Nous avons examiné les enquêtes qui ont été menées sur les réseaux de financement du Hamas en Occident, au cours des 25 à 30 dernières années, et nous avons découvert que ça a été une catastrophe totale. Les enquêtes ont été vaines dans la grande majorité des cas », fait-il remarquer.

« Il y a eu des investigations lancées sur certaines de ces personnalités de premier plan. Elles ont parfois été arrêtées, puis inculpées, mais cela n’a jamais débouché sur rien – sauf dans des rares exceptions », continue Vidino qui mentionne l’arrestation d’un membre du Hamas et de sa fille, au mois de juin dernier, qui étaient soupçonnés d’avoir transmis la somme de cinq millions d’euros au groupe terroriste.

« Le principal problème, c’est que le Hamas n’est pas une véritable priorité pour la police européenne. Les forces de sécurité n’ont que des ressources limitées. Un pays comme la Belgique investira plutôt ses ressources dans la traque des membres de l’État islamique qui posent une menace plus directe », poursuit-il (c’est la Belgique qui a compté le plus grand nombre de combattants de l’État islamique per capita en Europe.)

De plus, lancer des procédures judiciaires à l’encontre de chefs du Hamas présumés à l’étranger peut avoir des conséquences déplaisantes.

« On va vous accuser d’islamophobie et on va lancer des campagnes, sans parler des soutiens politiques de ces gens, de leurs ‘compagnons de route’ et de leurs autres ‘idiots utiles’, » déplore Vidino qui prend pour exemple l’ancien leader du parti britannique du Labour, Jeremy Corbyn, qui avait évoqué ses « amis » du Hamas et du Hezbollah.

L’ancien leader du parti Labour Jeremy Corbyn, au milieu des manifestants, des pancartes et des drapeaux, pendant la « Marche nationale pour la Palestine » dans le centre de Londres, le 11 novembre 2023. (Crédit : Henry Nicholls/AFP)

Le Hamas est très doué s’agissant de forger des alliances opportunistes avec tous ceux qui seront susceptibles de faire avancer ses intérêts, note le chercheur.

« Il travaille avec des gens à des degrés d’intensité différents. Il travaillera avec d’autres islamistes si c’est nécessaire. Mais lorsqu’il organise des événements – des manifestations ou même des collectes de fonds – il n’a aucun problème à le faire avec la gauche politique parce qu’elle amène avec elle de nombreuses personnes ».

Des obstacles juridiques pour bloquer l’argent

Si l’approche des services de sécurité et de renseignement européens à l’égard du Hamas peut être en train de changer au lendemain du 7 octobre, au vu du degré des menaces d’attaques sur le sol du vieux continent, des obstacles juridiques continuent à entraver le démantèlement des réseaux.

« Un grand nombre des activités du Hamas relèvent du domaine public. Mouvements de protestation, campagnes sur les réseaux sociaux, pages ouvertes sur Facebook… Toute cette mobilisation n’est pas illégale, c’est du ressort de la liberté d’expression », déclare Vidino.

« Même en ce qui concerne le financement de ces groupes terroristes, un grand nombre de dossiers étudiés par la justice, dans le passé, n’ont pas eu de suite parce que le parcours emprunté par l’argent est toujours dur à prouver », ajoute-t-il. « D’abord, dans de nombreux cas, l’argent est envoyé en liquide : c’est très difficile de le traquer. Et dans d’autres cas, eux aussi nombreux, les fonds sont envoyés à des institutions comme des écoles, des hôpitaux, des orphelinats qui sont tous placés sous le contrôle du Hamas. Mais cela reste tout autant compliqué de le prouver ».

« La coopération des pays européens avec Israël s’est considérablement améliorée mais en fin de compte, le diable se niche dans les détails », indique-t-il. « Il faut avoir entre les mains des preuves qui seront prises en compte devant un tribunal, il faut prouver la chaîne de responsabilité. Si les Israéliens arrivent avec des documents découverts au cours d’un raid effectué dans une mosquée à Gaza, un avocat de la défense, devant des juges suédois, pourra affirmer que ces preuves ont été fabriquées de toute pièce par Israël ».

Photo d’illustration : Des liquidités confisquées à une organisation caritative liée au Hamas à Jérusalem-Est, en février 2022. (Crédit : Police israélienne)

L’Europe est aussi un terreau fertile pour les opérations du groupe terroriste libanais du Hezbollah, une organisation aussi soutenue par l’Iran, en particulier s’agissant de la collecte de ressources financières.

« Le Hezbollah n’a fait que se développer en tant qu’organisation ; il a des salaires à payer, des allocations à verser aux familles et aux veuves de ses combattants, etc… Il y a une limite sur le montant total d’aide financière que le Hezbollah peut obtenir de la part de l’Iran et ainsi, le groupe procède à de nombreuses collectes de fonds à l’étranger – et c’est le cas notamment en Europe », déclare Danny Citrinowicz, spécialiste des questions relatives au groupe terroriste libanais.

Selon une évaluation réalisée en 2018 par le département d’État, l’Iran fournit au Hezbollah au moins 700 millions de dollars par an. Toutefois, l’économie iranienne est actuellement dans une situation catastrophique, frappée par les sanctions, dépendante des prix du gaz et du pétrole qui ne font que fluctuer. Pour s’assurer un afflux de liquidités indépendamment de Téhéran, le Hezbollah s’est construit un réseau mondial étonnamment sophistiqué de trafic de stupéfiants et de blanchiment d’argent.

Le chef du groupe terroriste chiite libanais, Hassan Nasrallah, rencontrant le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, dans un lieu non divulgué au Liban, le 10 février 2024. (Crédit : Bureau des médias du Hezbollah/AFP)

Dans une déclaration faite en 2017 devant la Chambre des représentants, une déclaration qui avait été citée par le Washington Institute, un agent spécial de la DEA avait décrit l’un de ces réseaux : « La cocaïne a été transportée depuis l’Amérique du sud jusqu’en Afrique ; elle a été vendue en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient ; l’argent a ensuite été amené à Beyrouth et placé dans des bureaux de change par le biais de la Lebanese Canadian Bank ; les fonds ont été envoyés pour acheter des véhicules d’occasion dans des entreprises aux États-Unis ; les voitures ont été amenées pour être revendues en Afrique et une grande partie de ces profits, selon les responsables, sont allés au Hezbollah ».

L’Europe sert de pôle majeur de collecte de fonds pour le groupe libanais, pas seulement par ses activités illicites mais également par le biais de ses organisations caritatives qui opèrent comme autant de sociétés-écrans – suivant ainsi le même modèle que celui du Hamas. Par exemple, en 2014, l’Allemagne avait mise hors la loi une ONG, le « projet des enfants orphelins du Liban », après avoir découvert les liens entretenus par cette dernière avec le groupe terroriste.

Des agents de police sortent les documents découverts lors d’une perquisition réalisée à la mosquée Al-Irschad de Berlin, le 30 avril 2020. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

Un modus operandi changeant

Le Hezbollah avait mené des activités terroristes en Europe, dans le passé. En 2012, un membre du Hezbollah de nationalité franco-libanaise avait perpétré un attentat contre des touristes israéliens à Burgas, en Bulgarie, qui avait fait six morts. En 2015, la police avait découvert qu’un membre du Hezbollah avait accumulé huit tonnes de matériaux servant à fabriquer des bombes dans son domicile de Chypre; Il prévoyait d’attaquer des cibles israéliennes sur l’île.

Mais aujourd’hui, le modus operandi du groupe terroriste a changé et ce dernier préfère ne pas se faire remarquer. Sa présence en Europe est devenue, en conséquence, beaucoup plus insidieuse.

Le mouvement a pénétré certaines congrégations chiites et endoctriné les fidèles qui ont adopté son idéologie, avec pour intention de s’assurer le soutien de dizaines de milliers de personnes qu’il pourra ensuite utiliser à dessein, selon Citrinowicz.

Ce prosélytisme auprès de ces chiites européens – qui proviennent majoritairement du Liban, de l’Iran, de l’Irak, du Pakistan et de l’Afghanistan – ne vise pas « à leur donner l’arme pour qu’ils aillent ouvrir le feu sur des Israéliens », explique-t-il.

Cet endoctrinement vise davantage à créer des plateformes de soutien qui pourront être activées si nécessaire – par exemple, pour transférer des fonds au Moyen-Orient via des porteurs ou pour louer des maisons, des voitures ou des appartements pour des membres du Hezbollah en provenance du Liban, explique Citrinowicz. Ils peuvent également prendre part aux opérations économiques du groupe terroriste.

« Le Hezbollah et l’Iran ne font pas appel à leurs propres membres pour ce genre d’activité. Quand ils ont besoin de recruter cette main-d’œuvre externe, ils se tournent vers les mosquées et vers les centres religieux où ils ont mené leurs opérations de prosélytisme », ajoute-t-il.

Des officiers de police fouillent la « Mosquée bleue » abritant le Centre islamique de Hambourg, lors de raids en Allemagne sur des liens avec le groupe terroriste Hezbollah, soutenu par l’Iran, à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, le 16 novembre 2023. (Crédit : Axel Heimken / AFP)

Dans certains pays, les forces de sécurité semblent prendre conscience de cette menace. Au mois de novembre, la police allemande a lancé une vaste opération, dans tout le pays, contre les jihadistes chiites, lançant des raids sur 54 sites différents dans le cadre d’investigations qui portaient sur un centre islamique de Hambourg qui était apparemment lié à l’Iran et au Hezbollah.

La menace terroriste chiite reste néanmoins largement sous-estimée en Europe, indique Citrinowicz, alors que les polices concentrent leurs efforts sur les groupes sunnites comme l’EI qui, contrairement au Hezbollah, recrute activement des combattants sur le sol européen.

De plus, alors que l’aile armée du Hezbollah est hors-la-loi dans toute l’Union européenne, sa branche politique est encore légale dans des pays variés comme la France qui tente ainsi de conserver une influence diplomatique sur le Liban, son ancien mandat au Moyen-Orient.

« Mais nous savons qu’il n’y a pas de différence entre l’aile militaire et l’aile politique », note Citrinowicz. « Ce n’est qu’une distinction artificielle ».

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