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Liban: Nabih Berri réélu à la tête du Parlement pour un septième mandat consécutif

Allié du Hezbollah et en poste depuis 30 ans, il a été reconduit pour 4 ans, bien que le groupe terroriste et ses alliés aient perdu la majorité au Parlement lors de législatives

Le président du parlement libanais Nabih Berri lors d'un entretien avec l'Associated Press à Beyrouth, au Liban, le 11 mai 2018 (Crédit : AP/Hussein Malla)
Le président du parlement libanais Nabih Berri lors d'un entretien avec l'Associated Press à Beyrouth, au Liban, le 11 mai 2018 (Crédit : AP/Hussein Malla)

Les députés de la nouvelle Assemblée du Liban ont réélu mardi le président sortant du Parlement, Nabih Berri, allié du puissant mouvement chiite terroriste du Hezbollah, pour un septième mandat consécutif, confirmant son statut de figure politique traditionnelle inamovible.

M. Berri, 84 ans et en poste depuis 30 ans, a été reconduit pour quatre ans, bien que le Hezbollah et ses alliés aient perdu la majorité au Parlement lors de législatives marquées par une percée des candidats indépendants.

Il a obtenu 65 voix (sur 128), contre 98 voix lors des dernières élections en 2018. Il y a eu 23 bulletins blancs et 40 votes nuls.

Des députés ont exprimé leur objection à sa réélection en écrivant des slogans sur les bulletins de vote.

« Justice pour les victimes de l’explosion de Beyrouth », ont inscrit certains députés, faisant référence à l’explosion au port de la capitale en 2020 qui a fait plus de 200 morts.

Plusieurs autres bulletins de vote comportaient le nom de « Lokman Slim », militant et intellectuel critique du Hezbollah, retrouvé assassiné dans sa voiture en février 2021.

Incontesté sur la scène politique, M. Berri a remporté le scrutin alors que le Liban est frappé par la pire crise socio-économique de son histoire. Celle-ci est imputée par une grande partie de la population, des organisations internationales et des pays étrangers à la corruption et l’inertie de la classe dirigeante, inchangée depuis des décennies et dont M. Berri fait partie.

M. Berri présidera un Parlement très fragmenté, laissant craindre de nouvelles impasses comme celles qui ont paralysé la vie politique libanaise pendant des décennies.

La nouvelle Assemblée aura pour tâche de faire adopter des réformes attendues depuis longtemps pour endiguer la crise financière qui a plongé la plupart des Libanais dans la pauvreté.

Le Liban est régi par un système complexe de partage des pouvoirs entre les différentes communautés religieuses: le président est nécessairement chrétien, le Premier ministre musulman sunnite et le président du Parlement musulman chiite.

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