Liberman conditionne l’aide à Gaza aux visites de la Croix-Rouge aux prisonniers
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Liberman conditionne l’aide à Gaza aux visites de la Croix-Rouge aux prisonniers

Le ministre de la Défense attribue la détérioration de la situation humanitaire de la bande de Gaza à la rivalité entre l'Autorité palestinienne et les dirigeants du Hamas

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, à gauche, rencontre des officiers supérieurs du Commandement sud de Tsahal, dont le chef de Tsahal Eizenkot, au centre, et le général de division Herzl Halevi, le 12 juin 2018. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, à gauche, rencontre des officiers supérieurs du Commandement sud de Tsahal, dont le chef de Tsahal Eizenkot, au centre, et le général de division Herzl Halevi, le 12 juin 2018. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a conditionné mardi l’augmentation de l’aide humanitaire pour la bande de Gaza à l’octroi par le Hamas de l’accès de la Croix-Rouge aux Israéliens détenus dans l’enclave palestinienne.

« Nous demandons le geste humanitaire le plus évident et le plus humain – au moins permettre à la Croix-Rouge de voir nos captifs et nos soldats tombés au champ d’honneur », a déclaré M. Liberman. « Après cela, il sera beaucoup plus facile, non pas nécessairement de parvenir à une « hudna » (cessez-le-feu) à long terme, mais d’apporter une aide humanitaire aux habitants de Gaza ».

Deux Israéliens – Avera Mengistu et Hisham al-Sayed – et les dépouilles de deux soldats tombés au combat – Oron Shaul et Hadar Goldin – seraient détenus par l’organisation terroriste dans la bande de Gaza.

Le Hamas a refusé d’autoriser les associations humanitaires à les voir, en violation du droit international.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu (Crédit : Flash90/The Times of Israël)

Les parents de Goldin ont mené une campagne appelant le gouvernement à adopter une ligne plus dure à l’égard de Gaza jusqu’à ce que les prisonniers et les dépouilles soient rendus.

M. Liberman a tenu ces propos lors d’une visite à la périphérie de Gaza, au cours de laquelle il a rencontré des officiers supérieurs de l’armée au sujet de la situation sécuritaire dans la bande de Gaza, qui a été particulièrement tendue ces derniers mois.

Des manifestants palestiniens lors d’affrontements avec les forces israéliennes près de la frontière entre Gaza et Israël, à l’est de Gaza City, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Depuis le 30 mars, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés le long de la clôture de sécurité de Gaza chaque semaine pour des manifestations souvent violentes, qui ont parfois inclus des attaques armées directes contre des soldats israéliens de l’autre côté de la frontière. Les responsables du Hamas ont déclaré que le but de ces émeutes frontalières est de franchir la barrière de sécurité et d’entrer sur le territoire israélien. En réponse, les soldats de Tsahal ont utilisé des gaz lacrymogènes et des tirs réels contre les émeutiers. Plus de 120 Palestiniens ont été tués au cours de cette semaine et des milliers d’autres ont été blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Nombre d’entre eux étaient des membres reconnus de groupes terroristes.

Le mois dernier, une importante flambée de violences a également eu lieu le long de la frontière de Gaza, des organisations terroristes de la bande de Gaza lançant quelque 200 obus de mortier et roquettes sur le sud d’Israël. En réponse, l’aviation israélienne a bombardé plus de 65 cibles dans l’enclave côtière.

Deux Palestiniens font voler un cerf-volant incendiaire de la bande de Gaza vers le territoire israélien lors de manifestations de masse le long de la clôture de sécurité le 8 juin 2018. (Armée israélienne)

Le ministre de la Défense a également commenté le phénomène récurrent des Palestiniens faisant voler des cerfs-volants et des ballons d’hélium chargés de matériel en feu et d’engins incendiaires en territoire israélien. Ces incendies criminels aériens quotidiens ont déjà brûlé des milliers d’hectares de terres agricoles, de forêts et de parcs, selon des responsables israéliens.

« Nous réussissons à abattre les deux tiers des cerfs-volants et des ballons, malgré la hausse du recours à cette arme par le Hamas », a déclaré M. Liberman, faisant référence à un programme de drone militaire qui a intercepté des centaines d’engins enflammés entrants.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, (au centre-droite), rencontre des officiers supérieurs du Commandement sud de Tsahal, dont le chef d’état major Gadi Eizenkot (au centre) et le général Herzl Halevi (à droite), le 12 juin 2018. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

« Nous sommes en train de trouver une solution pour l’autre tiers qui continue d’être lancé », a déclaré M. Liberman.

Il a averti les Palestiniens utilisant ces cerfs-volants et ballons incendiaires qu’Israël ne tolérerait pas cette situation plus longtemps.

« Ils tirent trop la corde, et cette corde finira par céder », a précisé Liberman.

Le ministre de la Défense a accusé l’organisation terroriste d’avoir dérobé de l’hélium destiné aux hôpitaux de Gaza pour le fonctionnement des appareils d’IRM afin de faire voler les ballons incendiaires.

Ballons incendiaires lancés en Israël depuis la bande de Gaza en mai 2018. (Capture d’écran : Quds news)

« Le Hamas exploite les services médicaux de la bande de Gaza de la manière la plus odieuse et cynique qui soit », a déclaré M. Liberman.

« Au lieu que l’hélium aille aux malades qui en ont besoin pour l’IRM, [le Hamas] l’utilise pour des ballons afin de mettre le feu aux champs de la région », a-t-il expliqué.

Le ministre de la Défense a appelé les habitants de la bande de Gaza à faire pression sur le Hamas pour qu’il libère les prisonniers israéliens et mette fin à ses activités terroristes.

« Résidents de Gaza, vous êtes effectivement devenus prisonniers du régime du Hamas. Vous pouvez construire un avenir meilleur pour vos enfants, vous pouvez obtenir toute l’aide humanitaire, économique et civile – mais d’abord chassez le régime du Hamas », a-t-il dit.

« Nous réitérons notre appel et vous demandons de faire pression sur les dirigeants du Hamas pour qu’ils rendent les prisonniers et les soldats tombés au champ d’honneur. Cela garantira une aide humanitaire et économique à tous les résidents de Gaza. A mon grand désarroi, tant que le régime du Hamas continuera, les chances de coexistence, de partenariat et d’un avenir meilleur pour les habitants de Gaza ne se concrétiseront tout simplement pas », a-t-il ajouté.

Des familles palestiniennes se sont rassemblées sur la plage, pendant une coupure de courant, pour briser le jeûne du Ramadan, à Gaza Ville, le 31 mai 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Alors que les ministres israéliens et les responsables de la défense discutent de l’avenir de la bande de Gaza et de ses conditions humanitaires, Liberman et les hauts gradés de Tsahal se sont retrouvés en opposition.

Les responsables militaires israéliens ont demandé à Israël d’améliorer la situation à Gaza en fournissant une aide supplémentaire et d’autres avantages à l’enclave côtière soumise au blocus.

M. Liberman a déclaré qu’il ne pensait pas que cela aurait un impact réel sur la situation en matière de sécurité.

« Celui qui pense que l’amélioration des conditions de vie des civils et de la situation humanitaire à Gaza empêchera les cerfs-volants et les incendies a tort et induit en erreur [les gens] », a déclaré M. Liberman la semaine dernière.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse aux dirigeants palestiniens dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 14 mai 2018. (ABBAS MOMANI/AFP)

Mardi, le ministre de la Défense a imputé les mauvaises conditions de vie à Gaza à l’Autorité palestinienne et à son président Mahmoud Abbas, également connu sous le nom d’Abou Mazen.

Le Hamas a pris le contrôle de Gaza aux mains de l’Autorité palestinienne en 2007 lors d’un violent coup d’État.

Depuis lors, l’AP s’est engagée dans un conflit avec le Hamas et utilise le pouvoir qu’elle détient sur Gaza – principalement sous forme d’argent des impôts – afin d’exercer une pression sur son rival.

L’Autorité palestinienne a réduit les versements de salaires aux fonctionnaires basés à Gaza. Il a également refusé de payer l’électricité de l’enclave côtière, tout comme le Hamas, laissant les habitants de Gaza dans l’obscurité pendant plusieurs heures de la journée.

« Ce que je n’entends pas de la part des médias ou des personnalités publiques en Israël, c’est qui est responsable, qui a fait que la situation se détériore. Je vous rappellerai que malgré la fête du Ramadan, malgré tout, Abu Mazen a à peine payé la moitié des salaires d’avril, sans parler de mai et sans parler des coupes qu’il continue de faire dans le système social, le système de santé pour les habitants de Gaza », a indiqué M. Liberman.

« Et pourtant, c’est lui qui se présente à la Cour pénale internationale, au Conseil de sécurité de l’ONU, à l’Assemblée générale de l’ONU pour condamner Israël. La personne qui ruine cette situation et qui essaie de jouer des deux côtés est d’abord et avant tout Abu Mazen », a-t-il conclu.

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