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Liberman « en paix » avec la décision de ne pas avoir confiné pendant la vague Omicron

Le ministre des Finances a défendu la politique COVID, qui consistait à garder l'économie ouverte : "les voitures n'ont pas été interdites" malgré les accidents mortels

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprime lors d'une conférence du journal israélien "Makor Rishon" au Centre international des congrès de Jérusalem, le 21 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprime lors d'une conférence du journal israélien "Makor Rishon" au Centre international des congrès de Jérusalem, le 21 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Interrogé lundi sur le nombre relativement élevé de décès causés par le variant Omicron, le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré qu’il était « en paix » avec la décision du gouvernement de ne pas imposer de confinement pendant la cinquième vague de la pandémie COVID-19.

S’exprimant lors d’une conférence organisée par l’hebdomadaire Makor Rishon, M. Liberman a salué la politique du gouvernement consistant à « vivre avec » le virus, défendant la décision de ne pas imposer de confinement et de laisser l’économie largement ouverte.

Le bilan de la pandémie en Israël a dépassé la barre de 10 000 morts avec cette cinquième vague, avec près de 1 000 décès enregistrés en un mois.

« Au cours de la première semaine [de notre législature], nous avons mis en avant une politique très différente. J’ai annulé tous les congés non payés. Cela n’a pas été facile », a déclaré M. Liberman.

« Ensuite, j’ai annoncé qu’il n’y aurait plus de confinements, que nous allions apprendre à vivre aux côtés du coronavirus. Je suis complètement en paix avec cela. La vie implique une gestion de risque et il faut savoir prendre des décisions difficiles », a-t-il ajouté.

M. Liberman a fait remarquer que quelques centaines d’Israéliens meurent chaque année dans des accidents de voiture, « et pourtant, nous n’avons pas interdit les voitures ».

Depuis sa prise de fonction en juin dernier, le ministre des Finances a déclaré que ses décisions étaient motivées par des considérations financières et des données concrètes.

Un personnel soignant prélève des échantillons de test d’Israéliens dans un centre de test COVID à Jérusalem, le 9 janvier 2022. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« Lorsque j’ai rejoint le gouvernement, j’ai dit une chose : mes décisions ne seront prises que sur la base de considérations financières et de données concrètes. Il n’y aura pas de décisions populistes, seulement des décisions financières. C’est ainsi que je fonctionne et je pense que nous pouvons en voir les résultats », a-t-il déclaré.

« Dans la finance, comme dans le sport, il y a des chiffres. On vous évalue à travers ces chiffres », a-t-il déclaré.

Les données publiées par le bureau central des statistiques la semaine dernière ont montré que le produit intérieur brut (PIB) d’Israël a fait une impressionnante croissance de 8,1 % en 2021, dépassant les prévisions précédentes et marquant le plus haut taux de croissance financière enregistré en Israël depuis 21 ans.

En outre, les données ont montré que la majeure partie de la croissance financière s’est produite au cours du dernier trimestre de 2021, ce qui, selon M. Liberman, reflète la politique d’ouverture maximale de l’économie, menée par le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett et mise en œuvre en octobre.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman, à gauche, serrant la main du Premier ministre Naftali Bennett lors d’un vote de la Knesset sur le budget de l’État, le 2 septembre 2021 (Olivier Fitoussi/Flash90).

En 2020, à titre de comparaison, alors que le pays était en proie à des confinements répétés et à des restrictions de rassemblement et de déplacement, le PIB d’Israël a reculé de 2,2 %, tandis que le PIB par habitant a diminué de 3,9 %.

« Je suis heureux que le Premier ministre et moi-même soyons sur la même longueur d’onde en ce qui concerne l’économie [du pays]. Nous pouvons être en désaccord sur les questions relatives à la religion et à l’État, mais sur le plan économique, nous sommes d’accord. Cette fois-ci, c’est un gouvernement de droite qui est également de droite sur le plan financier – tant Bennett que Gideon Saar [ministre de la Justice]. En ce sens, c’est vraiment un paradis », a déclaré M. Liberman.

Mais tout le monde n’est pas satisfait de la performance de Liberman.

Alors que Liberman répondait à des questions lors de la conférence de lundi, un membre du mouvement Standing Together, qui milite pour une augmentation du salaire minimum national, l’a interrompu et a crié : « Vous n’êtes pas dans le coup. Comment voulez-vous que nous payions le loyer, comment voulez-vous que nous arrivions à joindre les deux bouts avec une augmentation de 0,54 shekels ? »

L’activiste faisait référence à la réunion du cabinet de la semaine dernière, au cours de laquelle Liberman a proposé un plan visant à augmenter le salaire minimum de 0,54 shekels par heure à court terme, une mesure qui, selon les critiques, ne vise qu’à reporter ou à empêcher une augmentation plus importante.

Le salaire minimum national en Israël est actuellement de 29,12 shekels par heure. La proposition de M. Liberman le porterait à 33 shekels de l’heure d’ici 2025.

D’autres détracteurs, principalement des propriétaires d’entreprises et des travailleurs indépendants touchés par le COVID, ont également critiqué Liberman, en particulier sa décision d’annuler les subventions individuelles pour les travailleurs indépendants touchés par le COVID en juillet dernier.

Au cours d’un débat animé à la Knesset la semaine dernière, Liberman a été accusé par le représentant d’un groupe d’enseignants indépendants de « créer des angoisses » et d’ignorer la situation critique des travailleurs indépendants en Israël.

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