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Knesset: Liberman sirote un thé et semble impassible face à une employée en sanglots

Une femme a été chahutée à plusieurs reprises par le ministre adjoint des Finances alors qu'elle tentait de témoigner sur le sort des enseignants indépendants

Le ministre des Finances Avigdor Liberman sirotant impassiblement son thé, alors qu'une femme pleure pendant son témoignage devant la commission des Affaires économiques de la Knesset, le 15 février 2022. (Capture d'écran/Knesset TV)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman sirotant impassiblement son thé, alors qu'une femme pleure pendant son témoignage devant la commission des Affaires économiques de la Knesset, le 15 février 2022. (Capture d'écran/Knesset TV)

Le ministre des Finances Avigdor Liberman a semblé rester indifférent, sirotant impassiblement son thé, alors qu’une femme en sanglots témoignait devant lui lors d’un débat sur le sort des travailleurs indépendants et des propriétaires d’entreprises touchés par les conséquences du variant du coronavirus Omicron à la commission des Affaires économiques de la Knesset mardi.

Zameret Avivi, qui représente un groupe d’enseignants indépendants et qui a participé à la réunion pour témoigner de leur quotidien, a été poussée aux larmes par le vice-ministre des Finances Abir Kara, qui lui a dit qu’elle ne « représentait personne » lorsqu’elle s’est présentée. Il l’a, à plusieurs reprises, chahutée et a essayé de la faire taire.

Avivi a accusé Kara – qui est, de façon ironique, entré en politique en étant à la tête d’un mouvement de protestation représentant des propriétaires d’entreprises indépendants et des travailleurs indépendants israéliens – de « violence contre une femme ». Elle a affirmé qu’il les empêchait d’assister à des réunions avec le ministère des Finances et de « régler ses comptes au détriment de la [main-d’œuvre] indépendante ».

Lorsqu’il lui a été demandé si elle voulait interrompre son témoignage jusqu’à ce qu’elle puisse se ressaisir, elle a refusé et s’est tournée vers Liberman en affirmant qu’elle voulait « que le ministre des Finances sache qu’il (Kara) ne nous laisse délibérément pas parler ou assister à des réunions ».

Alors qu’elle se tournait vers Liberman, les caméras se sont concentrées sur le ministre des Finances, qui sirotait impassiblement sa tasse de thé, restant apparemment insensible aux propos d’Avivi.

À ce stade, Kara, qui continuait de l’interrompre, s’est fait expulser de la réunion. On ignore pourquoi Kara s’est montré si hostile envers Avivi.

Zameret Avivi témoigne devant la commission des Affaires économiques de la Knesset, le 15 février 2022. (Capture d’écran/Knesset TV)

Avivi a ensuite plaidé auprès de Liberman pour obtenir de l’aide, notant que les enseignants indépendants, qui n’étaient pas membres de syndicats, étaient au chômage depuis des mois, quand les écoles ont été fermées en raison du coronavirus.

« Jusqu’en juin 2021, les gens pouvaient respirer, parce que nous recevions des subventions du ministère [des Finances] et du gouvernement précédent », a-t-elle déclaré, faisant référence à la décision de Liberman l’année dernière de suspendre toutes les subventions aux propriétaires d’entreprise et aux travailleurs indépendants touchés par le COVID.

« On nous avait promis un gouvernement de changement – mais où est le changement ? », a-t-elle dit en pleurant.

« Qui a le pouvoir ? », a-t-elle demandé en désignant Liberman. « C’est vous, vous contrôlez l’argent, notre argent. Nous avons payé des impôts toute notre vie. Maintenant, nous devrions mendier comme si nous étions pauvres ? »

« Vous créez de l’anxiété parmi les travailleurs indépendants avec vos déclarations… Nous n’avons aucune sécurité financière. Pourquoi êtes-vous si cruel ?… Ouvre votre cœur », a-t-elle ajouté.

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Posted by ‎העמותה למפעילי החוגים במסגרות החינוך‎ on Tuesday, February 15, 2022

Liberman a juré plus tard de « ne laisser personne sur la touche », mais a déclaré que le gouvernement ne pouvait pas faire grand-chose.

« Quiconque a besoin d’aide l’obtiendra », a-t-il déclaré. « Les réalisations de ce gouvernement changent les choses. Nous sommes arrivés à une situation complètement différente en menant un changement global, par rapport au gouvernement précédent. »

« Nous ne pouvons pas changer toutes les injustices qui se sont produites entre 1948 et aujourd’hui en huit mois », a-t-il déclaré, vantant les réalisations socio-économiques menées par le gouvernement.

Il a déclaré que le ministère des Finances présentera un plan visant à fournir aux travailleurs indépendants en Israël un filet de sécurité financière qui sera mis en œuvre d’ici quelques semaines.

Mais malgré ses promesses, l’incident vient s’ajouter aux déboires cumulés de Liberman, alors que les données publiées mardi par le Bureau central des statistiques indiquent une nouvelle hausse des prix des biens de consommation et des logements en Israël au cours des 12 derniers mois.

De nouveaux immeubles à côté de petites maisons plus anciennes, dans la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 2 septembre 2019. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

D’après les données, l’indice des prix à la consommation, qui mesure le prix d’un panier moyen de biens de consommation, a augmenté de 0,2 % en janvier et de 3,1 % au cours de la dernière année.

Les prix des logements ont marqué une augmentation plus spectaculaire — 11,3 % en 12 mois.

Pour tenter de freiner les hausses de prix, qui ont rendu encore plus évidentes les difficultés économiques provoquées par la pandémie, le gouvernement a présenté un plan visant à lutter contre la hausse du coût de la vie. Les grandes lignes du plan ont cependant été critiquées, accusées de ne profiter qu’à quelques-uns, tout en ignorant complètement la classe moyenne en difficulté et certaines communautés.

Aryeh Deri, chef du Shas, parti d’opposition haredi, a qualifié le plan de « charade destinée à réduire la pression publique », arguant qu’il « comprend des mesures déroutantes destinées à ne profiter qu’aux ‘bonnes familles’ – aggravant la discrimination continue et le préjudice intentionnel contre les communautés périphériques ».

Le député Michael Biton (Kakhol lavan), président de la commission des Affaires économiques de la Knesset, a déclaré la semaine dernière que le plan ne protégeait pas les petites entreprises ou les travailleurs indépendants qui ont subi de lourdes pertes financières pendant la pandémie de COVID.

« Vous ne pouvez pas aider uniquement les salariés, et pas eux », a-t-il déclaré.

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