Liberman : les activités iraniennes en Syrie ont fortement diminué
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Liberman : les activités iraniennes en Syrie ont fortement diminué

Le ministre de la Défense a ajouté que le travail d’Israël en dehors de ses frontières et le retour de sanctions américaines ont exercé une pression très forte sur Téhéran

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 12 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 12 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)

L’Iran a significativement réduit ses activités militaires et sa présence en Syrie, a déclaré Avidgor Liberman, ministre de la Défense, dans un entretien publié vendredi. Selon lui, la République islamique serait soumise à une très forte pression à cause des actions de l’état juif en dehors de ses frontières, mais aussi des sanctions économiques américaines remises en place contre le régime.

« L’Iran a diminué l’ampleur de son activité en Syrie, a déclaré Liberman au journal Yedioth Ahronoth. Il semblerait que l’Iran ait arrêté ses projets destinés à construire des usines de production de missiles dans le pays déchiré par la guerre civile, a ajouté Liberman.

Le ministre de la Défense a déclaré que l’Iran n’avait cependant pas abandonné l’idée de construire un port ou un aéroport en Syrie, et continuait à discuter avec le régime de Bachar el-Assad pour la création d’avant-postes.

Liberman a mis la diminution de l’activité de l’Iran en Syrie sur le compte du « dur travail quotidien » d’Israël. Israël a frappé des centaines de cibles à l’intérieur de la Syrie afin d’empêcher le transfert d’armes de haute technologie à des groupes terroristes comme le Hezbollah. L’Etat juif s’est engagé dans un travail diplomatique intensif pour faire pression sur les Etats-Unis et la Russie afin de tenir l’Iran à l’écart du pays.

Il a également évoqué la décision de Washington de mai d’abandonner l’accord sur le nucléaire de 2015 qui avait levé des sanctions imposées à l’Iran en échange de l’abandon du programme nucléaire de l’Iran. « Il y a une pression économique forte sur [l’Iran], a-t-il expliqué. Le budget des forces iraniennes au Moyen-Orient était de 2 milliards de dollars, mais aujourd’hui moins d’argent va en Syrie et au Hezbollah ».

Le ministre de la Défense a prédit que l’Iran allait encore réduire ses activités en Syrie après la mise en place de la deuxième phase des sanctions le 4 novembre. Le groupe terroriste libanais du Hezbollah, qui est soutenu par les financements iraniens, ne sera probablement pas « capable d’être présent dans sa forme actuelle », a conclu Liberman.

Les forces gouvernementales syriennes brandissent le drapeau national après avoir repris aux rebelles la ville de Quneitra, le 19 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Youssef KARWASHAN)

Dimanche, l’Iran et la Syrie se sont accordés pour étendre leur défense et coopération militaire, dans ce qui semble une réaction aux tentatives des Etats-Unis et de la Russie de faire partir les troupes iraniennes du pays, ont annoncé des médias contrôlés par les régimes syrien et iranien.

Selon l’agence de presse de l’Iran Tasnim, l’accord de défense a été signé après que le ministre de la Défense Amir Hatami a rencontré Assad et le ministre de la Défense, le général Ali Abdullah Ayoub.

Téhéran a fourni un soutien politique, financier et militaire à Assad alors qu’il combattait dans une guerre civile qui a duré sept ans. Israël a exprimé sa préoccupation que les forces loyales à Téhéran puissent établir une présence permanente en Syrie qui pourrait être utilisée pour attaquer Israël. Au cours des derniers mois, l’état juif a menacé des dizaines de frappes aériennes sur des installations de l’armée iranienne dans le pays déchiré par la guerre.

Alors que la guerre civile semble toucher à sa fin, des officiels aux Etats-Unis et en Russie ont essayé d’empêcher l’Iran de s’implanter militaire en Syrie, particulièrement sur le plateau du Golan, à la demande d’Israël.

La semaine dernière, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, a déclaré à Jérusalem que le président russe Vladimir Poutine avait dit aux Etats-Unis que son pays voudrait que les forces iraniennes quittent la Syrie, mais qu’il ne pouvait pas les forcer à partir.

La plupart des analystes pensent que même avec le soutien américain et russe, il sera presque impossible de forcer l’Iran à quitter la Syrie.

Les deux pays entretiennent des liens très forts depuis des années. L’Iran a envoyé ses forces militaires en Syrie, en insistant sur le fait que ce sont des conseillers, pas des combattants. Les milices soutenues par l’Iran, y compris le groupe terroriste du Hezbollah, ont aussi soutenu les troupes d’Assad dans les combats sur le sol syrien.

Avec l’aide des milices iraniennes et des avions de combat russe, Assad a repris environ deux tiers du pays.

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