Liberman recommande Gantz ; Rivlin convoque ce dernier et Netanyahu
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Liberman recommande Gantz ; Rivlin convoque ce dernier et Netanyahu

Le président n'a pas attendu le délai imparti jusqu'à mardi pour envoyer une lettre aux chefs des deux premiers partis pour se rencontrer dans la soirée

Avigdor Liberman (à gauche), dirigeant de Yisrael Beytenu, et le président Reuven Rivlin se rencontrent à la résidence du président à Jérusalem, le 13 novembre 2019. (Mark Neiman/GPO)
Avigdor Liberman (à gauche), dirigeant de Yisrael Beytenu, et le président Reuven Rivlin se rencontrent à la résidence du président à Jérusalem, le 13 novembre 2019. (Mark Neiman/GPO)

Le dirigeant d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a recommandé dimanche le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, au poste de Premier ministre lors d’une réunion avec le président israélien Reuven Rivlin.

Liberman a en effet dit au président qu’il soutenait un gouvernement d’urgence nationale, « parce que nous sommes dans une situation d’urgence » à cause du coronavirus.

Le chef d’Yisrael Beytenu a déclaré que « la chose la plus sensée est un gouvernement des deux plus grands partis… Ils auront au moins un filet de sécurité d’un parti, Yisrael Beytenu, avec sept sièges. Ils peuvent éviter toute la sordide affaire de la formation d’une coalition ».

Rivlin a envoyé une lettre à Benjamin Netanyahu et Benny Gantz leur demandant de tenir une « réunion urgente » pour discuter de « la possibilité de créer un gouvernement immédiatement », selon son bureau.

La réunion devrait avoir lieu à la résidence de Rivlin et sera fermée à la presse. On ne sait pas exactement si Netanyahu et Gantz ont accepté de venir à la réunion, ni quand exactement elle aura lieu.

Gantz a obtenu le soutien de la Liste arabe unie (15 sièges), qui l’ont unanimement recommandé auprès de Rivlin. Dans le passé, Liberman, avait refusé de participer à un gouvernement soutenu par les partis arabes israéliens.

Le chef du Shas, Aryeh Deri, a déclaré plus tôt à Rivlin qu’il recommandait Netanyahu pour être le prochain Premier ministre, plaidant pour les efforts visant à former un gouvernement d’unité large ou un gouvernement d’urgence à court terme comme le veut Netanyahu. Deri a fait valoir qu’il n’y a « aucune chance » de former un gouvernement minoritaire dirigé par Gantz, citant des discussions avec « des personnes très importantes » du parti centriste.

Ayelet Shaked du parti de droite Yamina a aussi indiqué sans surprise au président que les six députés de sa faction recommandent le chef du Likud, citant son expérience et celle de son bloc religieux de droite comme la meilleure chance qu’Israël ait pour s’en sortir de la crise, ajoutant que son parti ne fera pas partie de la même coalition que la Liste arabe unie. « La Liste arabe unie comprend des personnes qui soutiennent bruyamment le terrorisme et qui, à mes yeux, n’ont pas besoin d’être à la Knesset », a-t-elle souligné.

En pleines tractations pour former un gouvernement après les élections du 2 mars, Netanyahu et son rival Benny Gantz se sont mutuellement accusés dimanche d’entraver la formation d’un cabinet d’urgence destiné à gérer la pandémie dans le pays où 200 cas de personnes contaminées ont été recensés jusque-là.

Premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à être mis en examen en cours de mandat, M. Netanyahu est inculpé pour corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires. Il clame son innocence et se dit victime d’une « chasse aux sorcières ».

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Aux législatives, son parti de droite, le Likud, a légèrement devancé la formation centriste Kakhol lavan de Gantz, mais il lui manque trois voix pour atteindre le seuil de 61 députés, requis pour être chargé de former un gouvernement par le président Reuven Rivlin, qui rencontre dimanche tous les chefs de partis élus au Parlement devant lui faire part de leur candidat favori et qui avait normalement jusqu’à mardi pour désigner la personne chargée de former le prochain gouvernement.

A l’issue des précédentes élections d’avril et septembre 2019, Gantz avait refusé d’entrer dans un gouvernement dirigé par M. Netanyahu à cause de ses inculpations.

Si Gantz a accepté de « discuter de la mise en place d’un gouvernement d’urgence », il a depuis appelé Netanyahu à négocier directement avec lui plutôt que de passer par des intermédiaires.

« Celui qui veut l’union (…) n’envoie pas ‘une proposition de (gouvernement) d’urgence-union’ à la presse mais envoie son équipe de négociateurs pour discuter », a-t-il écrit sur Twitter.

« Arrêtez d’être dans le refus et le cynisme (…) et venez me rencontrer maintenant », a rétorqué Netanyahu. « Nous perdons du temps. »

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