L’Iran dément livrer des armes au Hezbollah
Rechercher

L’Iran dément livrer des armes au Hezbollah

Un responsable iranien à l’ONU critique les accusations “infondées” faites mardi par Israël, et affirme que l’Etat juif est un état terroriste

Gholam Hossein Dehghani, ambassadeur adjoint de l'Iran auprès des Nations unies. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Gholam Hossein Dehghani, ambassadeur adjoint de l'Iran auprès des Nations unies. (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’ambassadeur iranien adjoint auprès des Nations unies, Gholam Hossein Dehghani, a démenti l’accusation d’Israël devant l’ONU, selon laquelle l’Iran sponsorise le terrorisme, et a déclaré que ces charges étaient « absurdes et hypocrites », selon un média iranien officiel.

Mardi, Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, a envoyé une lettre aux membres du Conseil de sécurité, prévenant que l’Iran utilisait des vols commerciaux vers le Liban et la Syrie pour envoyer des armes à son intermédiaire libanais, le Hezbollah.

Citant des informations récoltées par les renseignements israéliens, Danon a déclaré que l’Iran transmettait des armes au Hezbollah « en utilisant des compagnies aériennes comme ‘Mahan Air’, pour fournir au Hezbollah la capacité d’améliorer son arsenal de missiles. Les armes et matériels liés sont empaquetés dans des valises par la force Quds en Iran, et transférés directement aux agents du Hezbollah. »

Les armes sont soit transférées directement au Hezbollah par « des vols commerciaux de Beyrouth », ou envoyées par avion à Damas puis transférées par voie terrestre au groupe terroriste libanais, a affirmé Danon.

Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)
Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

Dehghani a déclaré que la lettre de Danon « contient une pluie d’accusations infondées et non prouvées qui sont soulevées contre mon pays sans une once de preuve, comme d’habitude ». Il a ajouté que « cela équivaut à porter de nombreuses accusations contre un état membre des Nations unies. »

Dehghani a également répliqué contre Israël, disant qu’il « est absurde et hypocrite pour le représentant d’un régime qui occupe le territoire d’autres peuples depuis des décennies, et nie chaque droit fondamental du peuple palestinien, notamment son droit à l’auto-détermination, d’accuser à l’occasion mon pays de violer le droit international. »

Il a également accusé Israël d’être lui-même engagé dans le terrorisme, puisqu’il a « depuis longtemps été engagé dans le ciblage terroriste et indiscriminé des civils palestiniens, dont des femmes et des enfants, dans leur propre pays, et dans des assassinats ciblés terroristes d’individus dans de nombreuses régions du monde. »

Il a ajouté qu’Israël était responsable du « bombardement de zones résidentielles, de la destruction d’écoles et d’hôpitaux, de la démolition de maisons, de la confiscation de logements, et de la violation de la sainteté de sanctuaires religieux. »

L’Iran est le patron du Hezbollah. Il a participé à la mise en place du groupe au début des années 1980 et a depuis fourni au Hezbollah des armes et l’a aidé à financer ses programmes sociaux dans le sud du Liban. Il a également utilisé le groupe pour mener des attaques terroristes contre des cibles américaines et israéliennes.

Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)
Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l’ayatollah
Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)

A la demande de l’Iran, le Hezbollah s’est profondément impliqué dans la guerre civile syrienne, où il combat dans une alliance chiite aux côtés des forces iraniennes, du régime d’Assad et des milices irakiennes, principalement contre les rebelles sunnites.

Israël aurait mené de nombreuses frappes aériennes en Syrie depuis le début de la guerre civile, pour tenter d’arrêter le trafic d’armes sophistiquées destinées au Hezbollah, mais ne s’est, à part ça, pas impliqué dans le conflit mortel dans lequel s’enlise le pays.

En septembre, les géants de l’aviation Airbus et Boeing ont reçu la permission de l’administration du président américain Barack Obama de vendre des avions à l’Iran.

Ces accords d’une valeur potentielle de 50 milliards de dollars font suite à la levée des sanctions contre l’Iran dans le cadre de l’accord nucléaire signé en juillet 2015.

Des agences ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...