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L’Iran se prépare à d’éventuelles attaques étrangères – responsable de la Défense

"Des équipements permettant d'identifier et de surveiller les menaces ont été déployés dans 51 villes", a déclaré le vice-ministre de la Défense, Mehdi Farahi

Dossier : Un missile tiré lors d'un exercice militaire dans un lieu non divulgué en Iran, le 12 octobre 2021. (Crédit : Armée iranienne via AP)
Dossier : Un missile tiré lors d'un exercice militaire dans un lieu non divulgué en Iran, le 12 octobre 2021. (Crédit : Armée iranienne via AP)

L’Iran a déployé des systèmes de défense civile dans des dizaines de villes et de villages pour déjouer une éventuelle attaque, a déclaré samedi un haut responsable iranien, dans un contexte de tensions croissantes avec Israël et les États-Unis.

Les équipements de défense, répartis dans 51 localités, permettront aux forces armées iraniennes « d’identifier et de surveiller les menaces à l’aide d’un logiciel fonctionnant 24 heures sur 24 en fonction du type de menace et de risque », a déclaré le vice-ministre de la Défense, Mehdi Farahi, cité par les médias iraniens, selon Reuters.

« De nos jours, en fonction de la force des pays, les batailles sont devenues plus complexes », a déclaré Farahi.

Il a ajouté que les formes hybrides de guerre – y compris les cyber-attaques, biologiques et radioactives – ont remplacé les guerres classiques, mais n’a pas nommé les pays qui pourraient menacer l’Iran, selon Reuters.

Cité samedi soir par Iribnews, le site de la télévision d’Etat, le vice-ministre de la Défense, le général Mehdi Farahi, a affirmé que son ministère « a équipé 51 villes d’installations et d’équipements nécessaires (…) pour identifier et surveiller toutes sortes de menaces biologiques, radiologiques et chimiques ».

Le système de défense permettra par ailleurs aux forces iraniennes de « fournir et coordonner le matériel nécessaire pour répondre à ces menaces » et protéger la population, toujours selon le général Farahi.

Pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988), le dictateur irakien Saddam Hussein a eu un recours massif aux armes chimiques.

Le 28 juin 1987, la ville iranienne de Sardasht, localité kurde du nord-ouest du pays, a été la cible d’un bombardement irakien au gaz moutarde – la première en zone urbaine – faisant 119 morts et 1 518 blessés.

En mars 2021, à l’occasion de l’anniversaire de cette attaque, l’ancien ministre iranien de la Défense Amir Hatami avait déclaré que son pays devait être prêt à se défendre contre d’éventuelles attaques nucléaires, biologiques et chimiques.

Le 28 août, le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé que l’armée a « reçu l’instruction de se préparer à tous les scénarios » pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme atomique.

Les Israéliens « n’auraient pas le temps de passer à l’acte s’ils décidaient de faire ce genre de choses », avait répliqué le président iranien Ebrahim Raïssi.

L’Iran a accusé Israël de saboter son programme nucléaire et de tuer un certain nombre de ses scientifiques nucléaires, ainsi que de mener des cyber-attaques, dont certaines avec les États-Unis, contre les infrastructures et les sites nucléaires du pays. Il a également accusé Israël d’avoir assassiné plusieurs officiers du Corps des Gardiens de la Révolution islamique au cours des derniers mois.

Israël, quant à lui, pousse depuis longtemps les États-Unis à préparer une offensive militaire contre l’Iran, et le président américain Joe Biden a déclaré en juillet qu’il serait prêt à recourir à la force, si nécessaire, pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire. Le programme nucléaire iranien est considéré comme trop avancé pour être éliminé en une seule frappe et l’étendue des dégâts, qu’une attaque militaire serait en mesure d’occasionner, n’est pas claire.

Dossier : Installation d’enrichissement nucléaire de l’Iran à Natanz, en Iran. (Crédit : AP Photo/Hasan Sarbakhshian)

Samedi, l’Iran a également démenti un récent article selon lequel des avions de chasse F-35 israéliens auraient pénétré dans l’espace aérien iranien à de multiples reprises au cours des deux derniers mois.

« Cette affirmation est similaire à leurs autres affirmations. Une telle chose ne s’est jamais produite car le réseau intelligent de la défense aérienne effectue une surveillance à chaque seconde », a déclaré le commandant des forces de défense aérienne de l’armée iranienne, Alireza Sabahifard, cité par les médias d’État.

Il a ajouté que les systèmes radar iraniens surveillaient jusqu’à des « milliers de kilomètres » de distance, le ciel et les frontières du pays.

« Nos ennemis font parfois des commentaires pour voir notre réaction, mais nous avons démontré notre réaction sur le terrain et nous le referons, si Dieu le veut », a ajouté Sabahifard.

Un F-35i ‘Adir’ lors d’une cérémonie de remise de diplômes aux pilotes, le 6 juillet 2017. (Crédit : Ofer Zidon/Flash90)

Les tensions sont restées élevées au milieu d’un va-et-vient entre les États-Unis et l’Iran via des médiateurs de l’Union européenne, sur un retour potentiel au Plan d’action global conjoint (JCPOA) de 2015, auquel Israël s’oppose farouchement.

Biden tente de relancer l’accord, qui a été abandonné en 2018 par son prédécesseur Donald Trump, qui a déclenché une volée de nouvelles sanctions contre l’État dirigé par des religieux.

L’Union européenne a présenté le 8 août ce qu’elle a appelé un « texte final ». L’Iran y a proposé des modifications – largement acceptées par les Européens – auxquelles les États-Unis ont répondu par l’intermédiaire des médiateurs, affirmant qu’elles n’étaient « pas constructives ».

Dans un autre incident, deux drones de la marine américaine ont été brièvement saisis vendredi par les forces iraniennes en mer Rouge, et ont été rendus sans leurs caméras.

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