Lisbonne et Madrid ont délivré 10 000 passeports à des Séfarades depuis 2015
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Lisbonne et Madrid ont délivré 10 000 passeports à des Séfarades depuis 2015

Le plus grand nombre de candidats vient de Turquie, suivie de l'Amérique latine et d'Israël ; l'Espagne prolonge la période de dépôt des demandes jusqu'en octobre 2019

Sur cette photo prise le mardi 5 mai 2015, une femme juive lit un livre à la principale synagogue juive de Lisbonne. Le Portugal a promulgué en mars une loi pour accorder la citoyenneté aux descendants des Juifs séfarades exilés pendant l'Inquisition il y a 500 ans. (AP Photo/Francisco Seco)
Sur cette photo prise le mardi 5 mai 2015, une femme juive lit un livre à la principale synagogue juive de Lisbonne. Le Portugal a promulgué en mars une loi pour accorder la citoyenneté aux descendants des Juifs séfarades exilés pendant l'Inquisition il y a 500 ans. (AP Photo/Francisco Seco)

Depuis 2015, l’Espagne et le Portugal ont naturalisé à eux deux plus de 10 000 personnes qui ont demandé la citoyenneté en raison de leur ascendance juive, ont indiqué des responsables de ces pays.

Les chiffres officiels ont été publiés la semaine dernière dans le quotidien espagnol El Pais et par l’agence de presse Lusa au Portugal. Les deux médias ont publié des articles sur les effets de lois similaires adoptées séparément par les deux Parlements en 2015, et accordant aux descendants de Juifs séfarades le droit à la naturalisation.

L’Espagne a naturalisé depuis 2015 un total de 8 365 candidats en raison de leur ascendance juive, a rapporté El Pais la semaine dernière.

Toutefois, sur ce nombre, seuls 3 843 ont été naturalisés selon la procédure prévue par la loi de 2015. Les autres l’ont fait par le biais de deux décrets ultérieurs publiés en 2015 et 2016 qui ont éliminé les obstacles qui figuraient dans la loi.

Inquisition espagnole (fin du XVe siècle). Un Juif espagnol devant le Grand Inquisiteur. Illustration de Paul Hardy pour « The Saving of Karl Reichenberg », histoire d’Arthur Page, Londres 1891. « Saving » signifiait mourir et sauver l’âme pour Dieu. Gravure sur bois. (Photo12/UIG via Getty Images via JTA)

L’un d’entre eux était la nécessité de passer un examen de langue espagnole. Les critiques ont dit que c’était injuste pour les candidats âgés, et même pour les candidats qui ont échoué au test alors qu’ils avaient comme langue maternelle le ladino, une langue sépharade semblable à l’espagnol.

La loi prévoyait un délai de trois ans pour présenter une demande, qui aurait pris fin le mois dernier. Mais cette année, l’Espagne a prolongé par décret le délai d’une année supplémentaire, jusqu’en octobre 2019.

Sur les 2 693 demandeurs turcs – de loin le groupe le plus important – seuls 257 ont été naturalisés par la procédure légale, tandis que les autres ont obtenu la citoyenneté par la méthode accélérée établie par décret.

Selon El Pais, le nombre total de candidats latino-américains est de 3 374. Israël, où vivent des millions de Juifs séfarades, arrive en troisième position avec seulement 860 dossiers, suivi par le Maroc avec 599 dossiers. Les États-Unis comptaient 221 candidats pour l’Espagne. Le Royaume-Uni en comptait moins de 80.

En Espagne, 5 682 autres demandes sont encore en cours de traitement.

Au Portugal, un total de 1 713 candidats ont été naturalisés en 2017 sur la base des origines séfarades, selon le rapport Lusa publié la semaine dernière. Ils constituaient le plus grand groupe de non-résidents ayant reçu un passeport portugais cette année-là et près de 10 % du nombre total de personnes ayant obtenu la citoyenneté l’an dernier. Le rapport Lusa ne contient pas de données pour 2018.

En Espagne et au Portugal, les lois de naturalisation des Séfarades ont été présentées comme visant à expier les campagnes de persécution d’État contre les Juifs aux 15e et 16e siècles, connues sous le nom d’Inquisition espagnole et portugaise.

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