Juifs et musulmans saluent la victoire de Macron
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Dernière info: Face-à-face tendu entre militants d’extrême gauche et policiers à Paris

Macron élu président en l’emportant largement sur Le Pen

Participation en forte baisse ; Une dizaine de médias se disent "interdits" de soirée électorale FN ; Piratage de données, pour lequel la justice a ouvert une enquête ; 50.000 membres des forces de l'ordre mobilisés

Les partisans d'Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre, à Paris, après la victoire de leur candidat à l'élection présidentielle française, le 7 mai 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)
Les partisans d'Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre, à Paris, après la victoire de leur candidat à l'élection présidentielle française, le 7 mai 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en battant largement la candidate d’extrême droite Marine Le Pen lors d’un second tour marqué par une forte abstention, mais de nombreux défis attendent cet homme jeune à l’ascension fulgurante, à commencer par l’obtention d’une majorité à l’Assemblée.

Le candidat d’En Marche!, 39 ans, va devenir le huitième président de la Ve République, le plus jeune de l’Histoire, en obtenant entre 65 et 66,1% des voix face à Marine Le Pen (33,9% à 35%), selon les premières estimations dimanche soir. Les deux dirigeants ont eu un échange téléphonique « bref » et « cordial », selon l’entourage du vainqueur

« Une nouvelle page s’ouvre », « celle de l’espoir et de la confiance retrouvés », a affirmé le président élu dans une déclaration à l’AFP.

Malgré la nette défaite, Marine Le Pen s’est réjouie de son « résultat historique et massif ». Selon les sondeurs, elle devrait totaliser plus de 10 millions de voix, dépassant largement son précédent record du premier tour (plus de 7,6 millions de voix). Son père Jean-Marie Le Pen, lui, n’avait quasiment pas progressé face à Jacques Chirac entre les deux tours en 2002 (17,79%).

Le second tour a été marqué par la plus forte abstention depuis 1969 (plus de 25% selon les sondeurs). Contrairement à 2002 où la présence du Front national avait mobilisé, la participation recule nettement par rapport au 1er tour (22,23%).

Les blancs et nuls approchent les 9% des inscrits (plus de 4,2 millions), un record pour une présidentielle.

Le Times of Israël en français a suivi pour vous les élections.

Des médias boycottent la soirée électorale du FN en solidarité avec des médias refusés

Une dizaine de médias ont dénoncé dimanche une « interdiction » d’assister à la soirée électorale FN de second tour de la présidentielle, entraînant un « boycott » en « solidarité » de Libération et des Inrocks.

Sur Twitter, des journalistes des sites d’information en ligne Buzzfeed, Mediapart, Les Jours, Rue89, StreetPress, Politico, Bondy Blog, Explicite, Brut, Konbini mais aussi de l’hebdomadaire Politis ou de l’émission Quotidien présentée sur TMC par Yann Barthès, ont indiqué s’être fait refuser l’accréditation par le parti d’extrême droite.

Lors du premier tour, Mediapart, Quotidien et un journaliste de Marianne, récent co-auteur d’un livre-enquête sur Marine Le Pen, s’étaient déjà vu refuser l’accès à la soirée électorale d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

« Par solidarité pour nos confrères, la rédaction de Libération, qui ne sait pas à l’heure où nous écrivons ces lignes si elle est touchée par cette mesure, a décidé de ne pas se rendre à la soirée organisée par le parti d’extrême droite. Ces mesures anti-démocratiques et contraires à la liberté d’informer doivent cesser, comme l’intimidation des journalistes dans les meetings », a annoncé dans un article Johan Hufnagel, directeur adjoint de Libération.

« En guise de solidarité, nous boycottons également la soirée électorale du FN », a annoncé l’hebdomadaire Les Inrocks sur Twitter.

Les sociétés de journalistes de près d’une quarantaine de médias, dont l’AFP, ont signé une pétition pendant l’entre-deux-tours, qui proteste contre la décision du Front national de « choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen » et dénonce « une entrave à la liberté » d’informer.

Contacté par l’AFP, le FN n’avait à 17H00 pas encore expliqué les raisons de ce refus.

Participation en baisse

Les Français semblent s’être moins mobilisés dimanche qu’au premier tour pour choisir leur nouveau président entre le novice en politique Emmanuel Macron et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, avec une participation en baisse de 4 points en fin d’après-midi.

À 17H00, deux heures avant la fermeture des premiers bureaux, la participation atteignait 65,30 %, moins qu’au premier tour (69,42 %) et qu’au second tour de 2012 à la même heure (71,96 %).

C’est le taux le plus faible depuis 1969.

– AFP

L’abstention totale sur la journée était évaluée entre 26 % et 27 %

Ce second tour, au terme d’une campagne inédite et électrique, pourrait être marqué par une abstention historiquement haute.

L’abstention totale sur la journée était évaluée entre 26% et 27%, selon des estimations des instituts de sondage. Elle avait atteint 22,23% au premier tour.

– AFP

Piratage de l’équipe Macron : une enquête judiciaire ouverte

Le parquet de Paris a ouvert une enquête vendredi soir à la suite de la diffusion sur internet de milliers de documents internes de l’équipe d’Emmanuel Macron, a-t-on appris dimanche de source proche du dossier.

L’enquête, ouverte pour « accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données » et « atteinte au secret des correspondances », a été confiée à la Brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (Befti), a précisé cette source.

L’équipe de campagne d’Emmanuel Macron avait dénoncé vendredi une « action de piratage massive et coordonnée » après la diffusion « sur les réseaux sociaux » d’informations « internes » comme des courriels ou des « documents comptables », y voyant une « opération de déstabilisation » à l’avant-veille du second tour de la présidentielle.

« On savait qu’il y aurait ces risques-là durant la campagne présidentielle, puisque ça s’était produit ailleurs », avait déclaré samedi le président François Hollande, dans une allusion au piratage d’e-mails dont avait été victime l’équipe de campagne d’Hillary Clinton aux Etats-Unis.

« Rien ne sera laissé sans réponse », avait aussi assuré le chef de l’Etat.

Le président français François Hollande s'adresse à la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : John Moore/Getty Images/AFP)
Le président français François Hollande s’adresse à la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : John Moore/Getty Images/AFP)

Les bureaux de vote ont commencé à fermer

Les premiers résultats officiels de cette élection qui a focalisé l’attention mondiale sont attendus vers 18H00 GMT et les militants de deux camps ont commencé à affluer dans les quartiers-généraux des deux camps.

Gil Taïeb, candidat d’En Marche ! dans les Hauts de Seine ?

Sur Twitter, le journaliste Frédéric Haziza se fait l’écho de bruits de couloir : Gil Taïeb pourrait être investi par le mouvement En Marche ! dans la 5e circonscription des Hauts de Seine, connue pour avoir été représentée par Patrick Balkany, actuel maire de Levallois-Perret.

Gil Taieb (g) et Roger Cukierman sortant de l'Élysée, en juillet 2014 (Crédit : AFP)
Gil Taieb (g) et Roger Cukierman sortant de l’Élysée, en juillet 2014 (Crédit : AFP)

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Hollande appelle son successeur à s’appuyer sur les acquis de son quinquennat

François Hollande a voté dimanche dans son ancien fief électoral de Tulle, pour le second tour de la présidentielle, appelant les Français à être au rendez-vous du scrutin et son successeur à s’appuyer sur « les acquis » de son quinquennat « pour continuer la marche ».

Le chef de l’Etat, de retour à Paris dans la soirée, devait assister à l’annonce du résultat en compagnie des membres de son gouvernement, à l’Elysée.

« A chaque fois que je vote, c’est une émotion », avait-il confié avant de glisser son bulletin dans l’urne à Tulle.

« C’est toujours un acte important, significatif, lourd de conséquences, voilà pourquoi il faut voter », a-t-il dit, entouré d’une nuée de photographes et caméramans.

Mais il a aussi appelé son successeur à agir « dans la poursuite de ce qui a été accompli, des acquis qui ont été obtenus durant tout ce quinquennat ».

« C’est cet acquis-là que je laisse au pays et mon successeur aura avec sa propre vision, ses propres propositions, à continuer la marche », a insisté François Hollande.

Alors qu’on lui demandait à quoi il allait penser à 20H00, quand le visage du vainqueur apparaîtrait sur les écrans de télévison, il a répondu : « Sur le plan personnel, je vais penser à tout ce que j’ai accompli, à ces instants passés à l’Elysée, tous ces bonheurs de servir la France qui m’ont été donnés, les sacrifices aussi qui ont été faits », a-t-il égréné, un brin nostalgique.

« Je penserai aussi à ma mère, parce qu’elle n’était plus là quand j’ai été élu Président et ce que j’ai fait, je l’ai fait aussi pour qu’elle soit fière », a aussi confié M. Hollande, visiblement ému.

François Hollande a annoncé que dès le 9 juin – « en pleines législatives » – il serait de retour à Tulle pour la cérémonie des Pendus, qui commémore le massacre de 99 hommes, pendus en 1944 par les soldats allemands de la division SS Das Reich.

– AFP

50.000 policiers et gendarmes mobilisés

Plus de 50.000 policiers, gendarmes et militaires de l’opération Sentinelle, dont 12.000 en agglomération parisienne, seront de nouveau déployés en France pour assurer la sécurité dimanche, à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle.

« Comme lors du premier tour de scrutin, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront engagés dimanche, aux côtés des militaires de l’opération Sentinelle et des polices municipales, pour assurer la sécurité aux abords des bureaux de vote et pour intervenir immédiatement en cas d’incident », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Le ministre « Matthias Fekl rappelle que des consignes claires et précises ont été données aux préfets pour que le scrutin puisse se dérouler, sur l’ensemble du territoire, dans des conditions de sécurité maximales », a-t-il ajouté.

« Plus de 12.000 policiers et militaires » seront mobilisés sur l’agglomération parisienne dont 5.000 effectifs spécifiquement dédiés à la sécurisation du scrutin et à la garantie de l’ordre public, a précisé la préfecture de police dans un communiqué.

Matthias Fekl lors d'une interview sur la chaîne France 24 (Crédit : capture d’écran youtube/France 24)
Matthias Fekl lors d’une interview sur la chaîne France 24 (Crédit : capture d’écran youtube/France 24)

« Nos forces de l’ordre seront également particulièrement mobilisées pour assurer la sécurisation des célébrations, rassemblements et manifestations qui se dérouleront à l’issue de la divulgation des résultats », selon Pierre-Henry Brandet.

Une cellule de suivi sera, comme lors du premier tour, activée dans les locaux du ministère de l’Intérieur, place Beauvau, « de manière à adapter en permanence les dispositifs de sécurité et prévenir et contenir les éventuels troubles à l’ordre public qui pourraient survenir », a précisé M. Brandet.

La préfecture de police de Paris mobilisera « un dispositif de sécurisation renforcée par la mise à disposition d’unités de forces mobiles pré-positionnées sur le territoire de l’agglomération ».

Des arrêtés d’interdiction de séjour ciblés seront également pris par le préfet de Police Michel Delpuech.

– AFP

Emmanuel Macron élu président face à Marine Le Pen

Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République avec 65,5 % à 66,1 % des voix face à Marine Le Pen (33,9 % à 34,5 %), selon les estimations des instituts de sondages Ifop et Harris Interactive.

Le candidat d’En Marche!, 39 ans, devient le 8e président de la Ve République avec une victoire très nette sur la candidate du Front national, 48 ans.

Les partisans de Macron commencent à affluer au Louvre, ceux de Le Pen à Vincennes

Les partisans d’Emmanuel Macron commençaient à affluer dimanche soir peu avant 20H00 sur l’esplanade du Louvre, dans le centre de Paris, sous un ciel gris, pour y entendre le résultat du second tour de la présidentielle, opposant leur candidat à Marine Le Pen.

Pendant ce temps, des militants et cadres du Front national se réunissaient au Chalet du lac, dans le bois de Vincennes, lieu de la soirée de Marine Le Pen. Une quinzaine de médias ont dénoncé une « interdiction » d’assister à la soirée électorale, entraînant un « boycott » par « solidarité » des quotidiens Libération, le Monde et l’Humanité notamment. Le parti a invoqué un « manque de place ».

Au Louvre, où quelque 1.800 journalistes ont été accrédités pour suivre la soirée électorale de M. Macron, des centaines d’entre eux étaient coincés rue de Rivoli devant l’accueil presse par la police, rentrant au compte-gouttes, sous haute sécurité.

Quant aux sympathisants, ils étaient des milliers parqués à proximité d’une entrée ouverte à 19H00. Les premiers à entrer se mettaient à courir en criant : « Macron, président ! »

Ils étaient rapidement fouillés par des agents de sécurité visiblement débordés par l’affluence.

Aussitôt entrés, les « helpers », les volontaires du camp Macron (150 au total), distribuaient des t-shirts et des sacs en tissu « Ensemble, la France ! » à un public très jeune. Mais aussi des drapeaux tricolores (stock de 20.000).

David, un « helper », prédisait « une bonne soirée ». Des rumeurs annonçaient que le groupe Magic System se produirait en concert sur la scène.

La foule sur l'esplanade du Louvre à Paris, après la victoire d'Emmanuel Macron, le 7 mai 2017 (Crédit : Capture d’écran TF1)
La foule sur l’esplanade du Louvre à Paris, après la victoire d’Emmanuel Macron, le 7 mai 2017 (Crédit : Capture d’écran TF1)

Echange téléphonique « bref » et « cordial » entre Macron et Le Pen

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont eu un échange téléphonique « bref » et « cordial » dimanche soir, a indiqué l’entourage du nouveau président de la République.

Cet échange a eu lieu à 19H50, peu avant l’officialisation des résultats, a-t-on précisé de même source.

Florian Philippot a indiqué que Marine Le Pen a félicité son rival.

Quel Premier ministre ?

Un ou une fidèle ayant rallié En Marche! dès ses débuts ? Une figure centriste telle Jean-Louis Borloo ayant fait ses offres de service ? Une prise de guerre à droite pour semer la zizanie chez LR en vue des législatives ? Plusieurs options sont sur la table.

De son côté, le gouvernement devrait, selon les dires de M. Macron, comporter une quinzaine de ministres mêlant politiques et figures de la « société civile », et un nombre non défini de secrétaires d’Etat.

Parmi les premières mesures annoncées figurent le dépôt d’une loi sur la « moralisation politique ». M. Macron souhaite par ailleurs « dès l’été » réformer le droit du travail par ordonnances, ce qui suscite d’ores et déjà l’opposition du PS, du PCF et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Au sein d’En Marche!, « toutes les investitures » pour les législatives doivent intervenir cette semaine, avec force place laissée au « renouvellement ». Les partisans de M. Macron tablent sur la « cohérence » des électeurs pour fournir au nouveau président une majorité absolue. Plusieurs figures à droite (Christian Estrosi) ou à gauche (Manuel Valls) ont d’ores et déjà signalé leur disponibilité.

Principal parti de l’Assemblée sortante mais balayé de la présidentielle avec les 6% récoltés par Benoît Hamon, le PS est en grand danger, pris en tenaille entre MM. Macron et Mélenchon. « La gauche de gouvernement (…) doit apporter sa contribution à la réussite du pays et du quinquennat qui commence », a réagi dès 20H00 le Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Absente du second tour pour la première fois depuis 1958 après l’élimination de François Fillon, la droite tentera d’imposer à M. Macron une cohabitation, avec François Baroin comme meneur de campagne. Le vice-président des Républicains Laurent Wauquiez a évoqué dimanche soir « un président élu sans envie ni enthousiasme ».

Le Front national, qui n’a que deux élus sortants dans l’Assemblée, vise a minima l’obtention d’un groupe parlementaire.

– AFP

Philippot : le FN est « la première force d’opposition à Monsieur Macron »

Le Front national apparaît comme « la première force d’opposition à Monsieur Macron », a estimé dimanche son vice-président, Florian Philippot, après la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle devant Marine Le Pen.

M. Philippot lui a toutefois souhaité « bonne chance » pour redresser un pays qui « va mal », a-t-il déclaré à TF1.

Florian Philippot lors de la présentation du programme présidentiel du FN, à Paris, le 19 novembre 2011. (Crédit : Gauthier Bouchet/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Florian Philippot lors de la présentation du programme présidentiel du FN, à Paris, le 19 novembre 2011. (Crédit : Gauthier Bouchet/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Ferrand : « La moitié du chemin a été faite »

Le secrétaire général d’En Marche ! Richard Ferrand a estimé dimanche que « la moitié du chemin » avait été faite après la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle, appelant à se tourner, pour la seconde étape, vers les élections législatives.

« Ce soir, avec l’élection ample d’Emmanuel Macron, la moitié du chemin a été faite, dans le sens que c’est la première étape du déblocage de notre société », a déclaré Ferrand sur TF1.

Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d'En Marche !, à Paris, le 18 avril 2017. (Crédit : Joël Saget/AFP)
Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche !, à Paris, le 18 avril 2017. (Crédit : Joël Saget/AFP)

Mais « pour que l’on puisse agir, il va falloir que l’on puisse constituer une majorité à l’Assemblée nationale » », a-t-il ajouté, en précisant la bannière sous laquelle les candidats aux législatives du mouvement allaient se présenter : « La République En Marche ».

Selon le député du Finistère, « tout reste à faire » même si « la démarche d’Emmanuel Macron, entamée voilà plus d’un an, a rencontré les faveurs des Français, et de façon extrêmement ample ».

« Le chantier du rassemblement des Françaises et des Français va s’ouvrir très rapidement et ce sera la première tâche à laquelle le président Macron va vouloir s’atteler », a conclu Ferrand.

– AFP

Le président Hollande a « félicité chaleureusement » Macron pour son élection

Le président français François Hollande a « félicité chaleureusement » dimanche soir son futur successeur et ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron, pour sa « large victoire » face à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, a annoncé l’Élysée.

« J’ai appelé ce soir Emmanuel Macron pour le féliciter chaleureusement pour son élection à la présidence de la République », a déclaré le chef de l’État sortant, cité dans un communiqué du palais présidentiel.

Juifs et musulmans saluent la victoire de Macron

Le Grand rabbin de France a salué dimanche la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle, se réjouissant du « triomphe des valeurs républicaines », alors que la Mosquée de Paris y voyait un signe d' »unité » face « aux menaces de division ».

Le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, « se réjouit du triomphe des valeurs républicaines et salue les Français qui se sont largement mobilisés pour faire barrage à l’extrême droite », dans un communiqué à l’AFP.

« Bien conscient toutefois que de nombreux suffrages se sont portés sur la candidate du Front National » Marine Le Pen, il appelle les responsables politiques « à prendre en considération, avec gravité, le cri de désespoir et de colère des électeurs » en vue des législatives.

Haim Korsia à l'antenne de RCJ (Crédit : capture d'écran YouTube)
Haim Korsia à l’antenne de RCJ (Crédit : capture d’écran YouTube)

La Grande mosquée de Paris a de son côté salué la « brillante élection » de M. Macron et « l’élan national qui l’a plébiscité ».

Elle y voit « le signe d’une France réconciliée avec toutes ses composantes spirituelles et religieuses pour répondre dans l’unité aux menaces de division qui pèsent sur la nation ».

C’est aussi le signe, pour les musulmans français, « d’une nette espérance dans une vision du vivre-ensemble rassemblée autour des valeurs républicaines humanistes, patriotes, démocratiques et laïques », ajoute-t-elle dans un communiqué.

Berlin salue une bonne nouvelle pour l’Europe

Angela Merkel salue l’élection d’Emmanuel Macron, une bonne nouvelle pour l’Europe, et son chef de la diplomatie l’a exhortée à aider le futur président en relâchant la pression sur l’orthodoxie budgétaire.

« Félicitations. Votre victoire est une victoire pour une Europe forte et unie et pour l’amitié franco-allemande », a indiqué le porte-parole de la chancelière allemande, Steffen Seibert, sur son compte twitter.

Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a lui vu dans le succès du candidat centriste, face à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, le signe que « la France a été, est et reste au centre et au coeur de l’Europe ».

Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, à Yad Vashem, à Jérusalem, le jour de Yom HaShoah, le 24 avril 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)
Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, à Yad Vashem, à Jérusalem, le jour de Yom HaShoah, le 24 avril 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

Mais Gabriel, qui est membre du parti social-démocrate, a dans le même temps lancé une pique à la chancelière conservatrice et à son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, en les appelant à réellement aider Emmanuel Macron au plan européen.

« La victoire d’Emmanuel Macron porte en elle un devoir pour nous en Allemagne car il faut que Macron réussisse. S’il échoue, Madame Le Pen sera présidente dans cinq ans et l’Europe disparaîtra », a dit Gabriel.

« Pour cela des réformes sont nécessaires en France, Emmanuel Macron le sait », a ajouté le ministre des Affaires étrangères, mais « nous autres Allemands devons le soutenir, lorsqu’on mène des réformes, on ne doit pas se voir contraint à une politique d’austérité ».

– AFP

Plus de 4,2 millions de blancs et nuls, environ 9% des inscrits, un record

Selon plusieurs instituts de sondages, entre 8,8% (Ipsos-Stéria) et 9% (Elabe) des inscrits, soit environ 12% des votants et plus de 4,2 millions d’électeurs ont choisi un bulletin blanc ou nul.

Dans le détail, il y aura selon Kantar Sofres 8,4% de blancs et 3,6% de nuls parmi les votants.

C’est un record pour une élection présidentielle, le précédent record en pourcentage des votants datant du second tour de 1969, où 6,42% des votants avaient refusé de choisir entre deux candidats de droite, Georges Pompidou et Alain Poher.

Les blancs et nuls sont aussi près de deux fois plus nombreux qu’en 2012 où 2,15 millions de personnes (5,82% des votants) n’avaient pas voulu trancher entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

En 1995, ils avaient été 6,0% des votants dans ce cas.

C’est seulement depuis la loi de 2014 que les bulletins blancs et nuls sont comptabilisés séparément dans les résultats officiels du ministère de l’Intérieur, ce qui empêche de faire des comparaisons historiques pour les seuls bulletins blancs.

Selon un sondage Ipsos-Stéria pour France Télévisions, Radio France, LCP/Public Sénat, France24, Le Point et Le Monde sur les motivations du vote, 51% de ceux qui ont voté blanc ont refusé de choisir entre deux candidats, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qu’ils « rejettent totalement ».

Pour 39% d’entre eux, ce vote ne manifeste pas un rejet mais « aucun ne correspond à leurs idées ». Enfin pour 10%, un vote ne servait à rien, la victoire d’Emmanuel Macron étant certaine.

La participation et les votes blancs et nuls étaient un des enjeux de ce second tour dont étaient absents, pour la première fois sous la Ve République, les deux grands partis traditionnels, de gauche et de droite, éliminés le 23 avril.

L’association pour la reconnaissance du vote blanc milite pour que les bulletins blancs soient comptabilisés parmi les exprimés, ce qui ferait mécaniquement baisser le score du président élu.

– AFP

Les députés israéliens saluent la victoire de Macron

Plusieurs députés israéliens ont salué dès dimanche soir la victoire d’Emmanuel Macron face à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen dans la présidentielle française.

« Félicitations à Emmanuel Macron, président de la lumière à la française », a écrit sur Twitter Tzipi Livni, numéro deux de l’Union sioniste.

Amir Peretz, député du même groupe parlementaire et candidat à la tête du Parti travailliste, a lui aussi félicité Macron sur Twitter, indiquant que le résultat est « une grande victoire pour la France et la démocratie. »

Il a ajouté qu’il s’agissait d’une « défaire importante du fascisme, de l’antisémitisme et du populisme vide. Meilleurs voeux au nouveau président de la France.

Citant les résultats montrant que Macron a obtenu environ 65 % du vote, Rachel Azaria, députée de Koulanou, a demandé sur Twitter « comment sonne un soupir de soulagement ? »

Un bureau de campagne de Macron vandalisé par des graffitis antisémites

Un bureau de la campagne d’Emmanuel Macron a été vandalisé vendredi soir par des graffitis antisémites, a annoncé L’éveil Normand. Macron n’est pas juif, mais est cependant considéré comme un partisan d’Israël.

L’attaque a eu lieu moins de deux jours avant l’ouverture des bureaux de vote dimanche.

Parmi les insultes inscrites au marqueur rouge à l’entrée du bureau, on pouvait notamment lire « Israël = Mossad de Rothschild », en référence à la riche famille juive ainsi qu’à la banque qui est l’ancien employeur de Macron, « sioniste » et « les 20 extraits les plus choquants du Talmud ».

Jean-Marie Le Pen : « Il faut rester fidèle aux fondamentaux du Front national »

« Je pense qu’il faut rester fidèle (…) aux fondamentaux du Front national », a déclaré dimanche sur RTL le président d’honneur du parti Jean-Marie Le Pen, interrogé sur la volonté de sa fille Marine Le Pen d’en engager une « transformation profonde ».

« Ce sont les fondamentaux du Front national qui ont permis à ce mouvement d’être le seul qui a été créé au XXe siècle et qui s’est perpétué, aucun autre », a affirmé Jean-Marie Le Pen, après la défaite de sa fille au second tour de l’élection présidentielle face à Emmanuel Macron (En Marche!).

L’euro grimpe face au dollar après la victoire de Macron

L’euro grimpait face au dollar lundi sur le marché des changes en Asie, à 1,1010 contre 1,0998 dollar, en réaction à la victoire du centriste pro-européen Emmanuel Macron à la présidence française.

La victoire de M. Macron face à la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen était vue comme favorable au cours de l’euro car levant une incertitude pesant sur l’avenir de la devise européenne.

Le président du Crif félicite Macron

« J’ai adressé mes félicitations à @EmmanuelMacron pour sa victoire sans appel ! Tout commence maintenant #Presidentielle2017, » a écrit Francis Kalifat.

La Maison Blanche salue la victoire de Macron

« Nous félicitons le président élu Macron et le peuple de la France pour leur élection présidentielle. Nous sommes impatients de travailler avec le nouveau président et de poursuivre notre étroite coopération avec le gouvernement français, » a écrit dans un communiqué la Maison Blanche.

Face-à-face tendu entre militants d’extrême gauche et policiers à Paris

Une centaine de manifestants d’extrême gauche, rassemblés dans le nord-est de Paris pour protester contre l’élection présidentielle, faisaient face en début de soirée à de nombreux policiers qui les ont encerclés après avoir fait usage de gaz lacrymogène, selon des journalistes de l’AFP.

Dans un climat tendu, aux cris de « Tout le monde déteste la police », de jeunes hommes pour la plupart, vêtus de noir, cagoulés ou bas du visage dissimulé par des foulards, ont notamment jeté quelques projectiles.

Ils avaient tenté de quitter le quartier populaire de Ménilmontant peu avant 21 heures mais la plupart d’entre eux ont rapidement été bloqués par les forces de l’ordre, à proximité de ce carrefour.

Au moins l’un d’entre eux a été interpellé, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les policiers s’apprêtaient à procéder à des contrôles, notamment pour vérifier si certains font partie des 69 personnes visées par un arrêté d’interdiction de séjour pris par le préfet de police, a précisé la préfecture de police.

– AFP

Netanyahu félicite Macron

« Je félicite Emmanuel Macron pour son élection en tant que président de la France. Je me réjouis de travailler avec le président Macron et d’affronter à ses côtés les défis communs auxquels sont confrontées nos deux démocraties. L’une des plus grandes menaces qui pèse sur le monde d’aujourd’hui et qui sévit à Paris, à Jérusalem et dans de nombreuses villes dans le monde, est le terrorisme islamique. La France et Israël sont de vieux alliés et je suis convaincu que nous continuerons à approfondir nos relations, » peut-on lire dans un communiqué du bureau du Premier ministre.

Marine Le Pen assurée de dépasser le record historique de suffrages du FN au second tour

Marine Le Pen, candidate FN au second tour de la présidentielle, a battu dimanche avec 8,9 millions de voix le record historique de suffrages jamais enregistré par le parti d’extrême droite pour un scrutin, selon une totalisation nationale encore partielle du ministère de l’Intérieur à 22H19.

Avec 7,7 millions de voix au premier tour de la présidentielle dimanche 23 avril, la présidente du FN avait déjà battu le précédent record frontiste, 6,8 millions de voix, qui datait du second tour des régionales 2015.

Macron au Louvre : ce soir, la France l’a emporté

Le président élu Emmanuel Macron est arrivé dimanche soir peu après 22H30, au son de « L’Ode à la joie » de Beethoven, l’hymne européen, dans la cour du Louvre à Paris, où l’attendaient des milliers de ses partisans.

« L’Europe et le monde nous regardent, » déclare Macron à la foule réunie. « Vous avez choisi l’audace. »

Les électeurs de Marine le Pen « ont exprimé une colère, un désarroi, parfois des convictions. Je les respecte », a assuré M. Macron lors d’un discours dans la cour du Louvre, face à ses partisans. Mais « je ferai tout pour que dans les cinq prochaines années, ils n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes », a-t-il ajouté.

« La tâche est immense et imposera de continuer à être audacieux », a promis le président élu aux milliers de personnes réunies pour célébrer sa victoire face à la candidate du FN Marine Le Pen.

Elu président de la République face à Marine Le Pen, M. Macron a traversé la cour, seul, le visage grave, pour se diriger à la tribune où il a été accueilli par des applaudissements nourris.

« C’est un symbole d’espoir, c’est la jeunesse. C’est comme Obama il y a huit ans : ça sera le quinquennat de l’espoir », assure Jean-Luc Songtia, 36 ans, chauffeur de VTC, devant la célèbre pyramide de verre du Louvre, alors que son champion de 39 ans vient d’être déclaré gagnant face à la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen.

« On a gagné ! », « Macron président ! », entonne la foule électrisée, parsemée de tee-shirts jaunes frappés du sigle du mouvement « En marche », fondé par Emmanuel Macron il y a quelques mois, tandis que l’on distribue des drapeaux français et européens.

« Je suis très heureux! ». A l’annonce des résultats, Antoine, 23 ans, exulte mais refuse de siffler Marine Le Pen lorsque la candidate du Front National apparaît sur l’écran géant : « Macron a dit ‘Ne les sifflez pas’ « .

Depuis son QG dans le sud de Paris, M. Macron a pris la parole dimanche soir peu après l’annonce de sa victoire et a dit entendre « tous les citoyens » et a souligné sa responsabilité « d’apaiser les peurs, de nous faire renouer avec l’optimisme ».

Au Louvre, où l’on attendait le président élu, Christiane Trouvé, 64 ans, salue un « discours très digne », mais Yannick Terme, 21 ans, est un peu déçu. Il a « l’impression qu’il n’a fait que lire » et espère que c’est « parce qu’il était ému ».

Faten Ali, 23 ans qui vient du Yemen et a demandé l’asile en France, a, elle, les larmes aux yeux. « Je suis étrangère… Je suis très rassurée ».

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Juifs et musulmans saluent la victoire de Macron

Le Grand rabbin de France a salué dimanche la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle, se réjouissant du « triomphe des valeurs républicaines », alors que la Mosquée de Paris y voyait un signe d' »unité » face « aux menaces de division ».

Le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, « se réjouit du triomphe des valeurs républicaines et salue les Français qui se sont largement mobilisés pour faire barrage à l’extrême droite », dans un communiqué à l’AFP.

« Bien conscient toutefois que de nombreux suffrages se sont portés sur la candidate du Front National » Marine Le Pen, il appelle les responsables politiques « à prendre en considération, avec gravité, le cri de désespoir et de colère des électeurs » en vue des législatives.

Haim Korsia à l'antenne de RCJ (Crédit : capture d'écran YouTube)
Haim Korsia à l’antenne de RCJ (Crédit : capture d’écran YouTube)

La Grande mosquée de Paris a de son côté salué la « brillante élection » de M. Macron et « l’élan national qui l’a plébiscité ».

Elle y voit « le signe d’une France réconciliée avec toutes ses composantes spirituelles et religieuses pour répondre dans l’unité aux menaces de division qui pèsent sur la nation ».

C’est aussi le signe, pour les musulmans français, « d’une nette espérance dans une vision du vivre-ensemble rassemblée autour des valeurs républicaines humanistes, patriotes, démocratiques et laïques », ajoute-t-elle dans un communiqué.