Livni fustige Shaked, qui « terrorise » la Haute cour
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Livni fustige Shaked, qui « terrorise » la Haute cour

La cheffe de l'opposition a accusé la ministre de la Justice de nuire à la démocratie dans le cadre de la loi sur l'État-nation

La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni assiste à une réunion de faction à la Knesset t le 21 mai 2018. (Miriam Alster/FLASH90)
La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni assiste à une réunion de faction à la Knesset t le 21 mai 2018. (Miriam Alster/FLASH90)

La responsable de l’opposition Tzipi Livni a vivement critiqué mardi la ministre de la Justice Ayelet Shaked qui, selon elle, « terrorise » la cour suprême israélienne et « nuit au système démocratique entier ».

Livni, ancienne ministre de la Justice elle-même, a critiqué Shaked pour avoir mis en garde dimanche contre un « séisme » si la Haute-cour devait rejeter la loi controversée sur l’Etat-nation, qui est accusée par certains d’être discriminatoire contre les minorités non-juives.

« Un ministre de la Justice qui pense que la démocratie signifie le règne de la majorité, que la majorité peut faire ce qu’elle veut et que si la cour intervient, il y aura une guerre entre les autorités différentes nuit au système démocratique dans son ensemblef », a dit Livni à la radio militaire.

« Si demain, ce gouvernement adopte une loi disant que je n’ai pas le droit de voter, j’attends de la cour suprême israélienne qu’elle défende mon droit », a-t-elle ajouté. « Contrairement à la ministre de la Justice, je ne suis pas en lutte contre la cour ».

S’adressant à Shaked, Livni a conclu : « Vous ne terroriserez pas la cour ».

Le 2 août 2018, le ministre de la Justice, Ayelet Shaked, s’est rendu au palais de la Cour suprême à Jérusalem (Marc Israel Sellem / Flash90)

Livni est récemment devenue la cheffe de l’opposition après le départ du député Isaac Herzog qui a quitté son poste et la Knesset pour devenir le nouveau chef de l’Agence juive pour Israël.

Pendant des mois, Shaked et le président du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, ont tenté de faire avancer une législation limitant largement le pouvoir de rejet de la Haute-cour, mais le texte n’a pas fait beaucoup de progrès malgré le soutien apporté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dimanche, Shaked a indiqué à la radio militaire qu’elle ne pensait pas que les hauts-magistrats avaient le pouvoir de renverser sur des bases constitutionnelles la législation sur l’Etat-nation dans la mesure où elle a été adoptée en tant que Loi fondamentale, qui sous-tend le système de la justice israélienne.

« Une telle initiative entraînerait un séisme entre les différentes autorités », a expliqué Shaked au micro de la station de radio lorsqu’elle a été interrogée sur une possible intervention judiciaire sur le texte.

Quatre plaintes ont été déposées auprès de la Haute-cour depuis que la loi a été adoptée le 19 juillet, demandant son rejet par la justice pour discrimination.

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