L’OCDE prévient que la bulle immobilière israélienne pourrait éclater
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L’OCDE prévient que la bulle immobilière israélienne pourrait éclater

Le gouvernement doit augmenter les dépenses publiques pour l'infrastructure et l'éducation afin de réduire la pauvreté des Arabes israéliens et des juifs ultra-orthodoxes

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Un chantier de construction de nouveaux immeubles d'appartements à Beit Shemesh le 21 février 2017. (Yaakov Lederman/Flash90)
Un chantier de construction de nouveaux immeubles d'appartements à Beit Shemesh le 21 février 2017. (Yaakov Lederman/Flash90)

L’organisation économique internationale de l’OCDE a averti que la bulle immobilière d’Israël pourrait connaître une correction « sévère » dans l’année à venir, mais a prédit la poursuite d’une croissance élevée pour l’Etat juif dans son étude économique annuelle dimanche.

L’étude, qui a été présentée à Jérusalem par Alvaro Pereira, économiste en chef par intérim de l’Organisation de coopération et de développement économiques, Shai Babad, directeur général du ministère israélien des Finances, et Yoel Naveh, économiste en chef d’Israël, a décrit la performance de l’économie israélienne comme étant « remarquable », avec une croissance annuelle moyenne de 3,3 % depuis 2012, un faible taux de chômage et une politique macroéconomique vigoureuse.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon (à gauche) avec l’économiste en chef par intérim de l’OCDE Alvaro Pereira, 11 mars 2018 (Bureau du porte-parole du ministère des Finances)

« L’économie israélienne a connu une croissance plus rapide et plus régulière que toute autre économie de l’OCDE au cours des 15 dernières années », a déclaré M. Pereira. Le chômage est à des niveaux historiquement bas, et l’augmentation du nombre de personnes ayant un emploi a eu un impact significatif sur la convergence continue des niveaux de vie en Israël avec ceux des économies les plus avancées.

Dans le même temps, l’enquête a mis en évidence plusieurs points faibles de l’économie israélienne que le gouvernement devrait prendre en compte s’il souhaite maintenir sa croissance, y compris le fait que les prix des logements ont explosé sous l’effet des loyers élevés.

Les auteurs de l’enquête ont indiqué qu’il y avait de fortes chances qu’une correction « sévère » des prix des logements ait lieu, ce qui pourrait avoir un effet négatif sur l’économie dans son ensemble.

« Si les prix des maisons devaient chuter brusquement, renversant une partie de l’appréciation des dix dernières années, la consommation privée souffrirait du fait de l’effet de richesse économique. Cela aurait des effets néfastes sur le marché du travail, ce qui nuirait à la capacité des emprunteurs de rembourser leurs dettes hypothécaires et pourrait entraîner une nouvelle baisse du prix des maisons », ont écrit les auteurs.

Israël a connu une flambée des prix de l’immobilier au cours des 15 dernières années, que le gouvernement a tenté d’endiguer tout en empêchant le marché immobilier de connaître une chute brutale et soudaine. Bien que les analystes ont fait état d’un plafonnement des prix au cours des dernières années, certains craignent encore que le marché pourrait éclater, ce qui entraînerait une récession.

Le rapport a également constaté que la pauvreté reste élevée, en particulier parmi les Arabes israéliens et les juifs ultra-orthodoxes, qui constitueront la moitié de la population d’ici 2060.

« Compte tenu du taux élevé de fécondité des femmes haredi, qui devrait rester largement inchangé, la part de cette communauté dans la population totale triplerait au cours des 45 à 50 prochaines années, la part totale des Arabes israéliens et des Haredim passant d’un tiers à la moitié au cours de cette période. »

L’enquête a montré que les résultats relativement faibles obtenus par Israël aux tests PISA de l’OCDE sur l’évaluation des étudiants et le financement médiocre de l’éducation et des infrastructures étaient révélateurs de menaces pour la prospérité future d’Israël, ce qui porte à croire que l’amélioration du recouvrement des impôts pourrait contribuer à résoudre ces problèmes.

« La faiblesse des dépenses publiques consacrées à l’éducation et aux infrastructures limite la capacité du gouvernement à réduire les disparités socioéconomiques importantes et à soutenir la croissance. Des dépenses supplémentaires doivent être engagées. Le recouvrement de l’impôt pourrait être amélioré, et il existe un certain nombre d’exonérations fiscales inefficaces », peut-on lire dans le rapport.

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