L’opposition fustige le nouveau confinement et dénonce un échec gouvernemental
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L’opposition fustige le nouveau confinement et dénonce un échec gouvernemental

Pour Bennett, ces 3 semaines de fermeture porteront un coup dur à de nombreux Israéliens ; un groupe de restauration avertit que certaines enseignes pourraient rester ouvertes

Des chaises à l'extérieur d'un fast-food de Jaffa Street, à Jérusalem, le 17 juillet 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des chaises à l'extérieur d'un fast-food de Jaffa Street, à Jérusalem, le 17 juillet 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les leaders de l’opposition ont critiqué avec force l’approbation par le cabinet, dimanche, d’un confinement de trois semaines pendant les fêtes juives, mettant en garde contre d’importantes conséquences économiques pour le pays et estimant que cette nouvelle fermeture nationale résultait de l’échec gouvernemental à gérer la pandémie de manière appropriée.

Naftali Bennett, dont le parti national-religieux Yamina a connu un essor dans les sondages dans un contexte de critiques de la prise en charge de la crise du COVID-19, a affirmé que ces nouvelles mesures seraient « un coup très dur » porté aux petits entreprises, aux auto-entrepreneurs et aux chômeurs.

« C’est le résultat d’échecs de gestion et d’autorité, des échecs comme l’Etat d’Israël n’en avait jamais connus depuis sa fondation », a-t-il dit dans une déclaration filmée.

Il a également vivement recommandé aux ministres de trouver un plan permettant de lever le confinement.

« J’appelle le Premier ministre à mettre un terme aux querelles. Il n’y a rien de plus important que de reprendre le contrôle du coronavirus, que de guérir l’économie et d’unir la nation », a continué Bennett.

Le chef de Yamina Naftali Bennett s’exprime lors d’une session plénière de la Knesset à Jérusalem, le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon / POOL)

Yair Lapid, le chef de l’opposition, a appelé Netanyahu à présenter ses excuses aux Israéliens et à admettre son échec à gérer la pandémie.

« C’était la moindre des choses qu’il avait à faire ce soir », a-t-il dit. « Il est impossible de régler un problème si on ne reconnaît pas avoir échoué au préalable. Vous avez échoué, démissionnez », a écrit Lapid, numéro un du parti Yesh Atid, sur Twitter.

Moshe Yaalon, du mouvement Yesh Atid-Telem, s’en est également pris à Netanyahu, l’accusant d’avoir agi sur la base de considérations purement politiques en raison de sa mise en examen pour des faits de corruption.

« Netanyahu, qui ne se préoccupe que de lui, est personnellement responsable du chaos et de ces échecs. Il se montre irresponsable en ce qui concerne la santé physique et mentale des citoyens israéliens et manœuvre pour survivre politiquement », a-t-il écrit dans une publication sur Twitter.

Yaalon a semblé faire référence à la décision prise par le Premier ministre, la semaine dernière, d’alléger les restrictions dans les localités présentant les taux d’infection les plus élevés suite à l’opposition féroce aux limitations des maires ultra-orthodoxes.

« Cela fait plus d’une décennie que l’accusé Netanyahu a abandonné l’Etat d’Israël et ses citoyens… Nous en payons aujourd’hui le prix », a ajouté Yaalon, qui a été ministre pour le parti du Likud de Netanyahu de 2009 à 2016.

La police israélienne à l’entrée du quartier de Ramot à Jérusalem, alors qu’Israël a mis en place un couvre-feu nocturne. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon des informations parues dans les médias israéliens, le ministère des Finances estime que le confinement entraînera une perte de 6,5 milliards de shekels pour l’économie. La précédente fermeture du pays, aux mois de mars et avril, avait plongé Israël dans la récession.

« Nous ne savons pas comment dire aux employés que nous allons les mettre en congé pour la deuxième fois, presque tous », s’est exclamé Ram Shoham, manager général adjoint du groupe de restaurants Kampai, devant les caméras de la chaîne publique Kan.

Il a ajouté que « si nous n’obtenons pas de réponses claires sur tout ce qui concerne les indemnisations, alors nous maintiendrons ouverts certains de nos restaurants pour protester contre la prise en charge de la crise par le gouvernement ».

Ces propos viennent s’ajouter aux déclarations d’autres entreprises qui ont juré de braver les ordonnances de confinement, ces derniers jours, affirmant qu’elles ne pourraient pas survivre à une nouvelle fermeture. D’éminentes personnalités des affaires ont averti Netanyahu que cette décision serait désastreuse pour l’économie.

La proposition est hautement controversée parmi le public israélien et de nombreux chefs d’entreprises menacent de ne pas s’y soumettre. Les hôtels sont furieux de devoir annuler des réservations à quelques jours seulement des grandes fêtes – ayant embauché du personnel et fait d’importantes provisions alimentaires et autres pour recevoir leurs clients.

Certains déplorent également une fermeture injustifiable du pays tout entier plutôt que des seules zones dites « rouges », dénonçant un parti-pris politique alors que le gouvernement semble se montrer réticent à singulariser les secteurs ultra-orthodoxes et arabes qui présentent les plus forts taux de contagion.

Des Juifs ultra-orthodoxes sont représentés en train de prier dans une synagogue divisée par des feuilles de plastique dans la ville israélienne religieuse de Bnei Brak, près de Tel Aviv, au milieu des mesures mises en place par les autorités israéliennes pour tenter d’arrêter la propagation de Covid-19, le 7 septembre 2020. (MENAHEM KAHANA / AFP)

Au cours d’une conférence de presse annonçant le nouveau confinement, Netanyahu a reconnu les répercussions économiques d’une telle initiative mais a affirmé qu’elle était toutefois indispensable pour réduire la propagation de l’épidémie. Il s’est également défendu avec force face aux journalistes qui lui demandaient s’il avait le sentiment d’avoir échoué dans sa gestion de la crise du COVID-19.

« Vous dites que c’est un échec », s’est-il insurgé, répétant que « je viens juste de vous montrer comment nous avons su entrer tôt en confinement… rouvrir tôt l’économie… et le fait est qu’il y a des résultats ».

Netanyahu a attribué certaines difficultés à réduire le taux de contagion à la politique et au « populisme », mais a rejeté l’idée d’avoir cédé face à ses alliés politiques.

Benjamin Netanyahu annonce un nouveau confinement en raison du coronavirus, le 13 septembre 2020. (Yoav Dudkevitch / POOL / AFP)

Alors qu’il lui était demandé si le confinement avait été décidé pour gagner du temps et, une fois encore, si son gouvernement avait échoué à prendre en charge la pandémie, il a riposté : « Non, vraiment non. Nous n’avons pas échoué. »

La décision de réimposer un confinement survient alors que l’Etat juif a connu, ces dernières semaines, un nombre record de nouvelles infections et de décès des suites de la maladie.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 1 126 Israéliens ont succombé d’une forme grave de COVID-19 depuis l’apparition dans le pays du coronavirus. 529 personnes – un nombre sans précédent – se trouvent actuellement dans un état critique.

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