L’UE demande l’arrêt des plans de construction israéliens à Jérusalem-Est
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L’UE demande l’arrêt des plans de construction israéliens à Jérusalem-Est

Le bloc a exprimé sa "grave préoccupation" avec l'approbation, au sein de l'Etat juif, de 800 logements en Cisjordanie ; Jérusalem presse l'UE de se concentrer sur l'Iran

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Une vue de l'implantation de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est. Un observatoire des implantations a indiqué dimanche qu'Israël allait faire construire des centaines de logements, un projet qui menace de couper les parties de la ville revendiquée par les Palestiniens de Cisjordanie. Une photo prise le 15 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Une vue de l'implantation de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est. Un observatoire des implantations a indiqué dimanche qu'Israël allait faire construire des centaines de logements, un projet qui menace de couper les parties de la ville revendiquée par les Palestiniens de Cisjordanie. Une photo prise le 15 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

L’Union européenne a fait part de sa « grave préoccupation » dans la journée de mardi concernant des plans de construction de nouveaux logements en Cisjordanie qui viennent d’être approuvés par Israël. Le bloc a aussi vivement recommandé à Jérusalem d’abandonner définitivement l’idée de la construction d’un nouveau quartier juif à Jérusalem-Est.

Israël a donné le feu vert à la construction de 780 logements dans les implantations de Cisjordanie dimanche, soit trois jours avant l’investiture du président-élu américain Joe Biden, comme l’avait promis, la semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cette initiative a été condamnée à la fois par l’Union européenne et par les Nations unies.

Lors d’une rencontre avec la directrice-générale adjointe pour l’Europe au sein du ministère des Affaires étrangères, Anna Azari, les représentants de 17 nations européennes – avec parmi elles l’Allemagne, le Royaume-Uni, et la France – ont condamné mardi ces plans de construction en Cisjordanie, réclamant aussi qu’Israël « abandonne définitivement les procédures d’appel d’offres » qui ont été lancées pour la création du quartier Givat HaMatos à Jérusalem-Est.

Azari a répondu que Givat HaMatos faisait partie de Jérusalem et que traiter les constructions au sein de la capitale israélienne comme s’il s’agissait d’élargir des implantations était « sans justification, pour le dire avec diplomatie », a dit le ministère des Affaires étrangères au Times of Israel.

Azari a également exprimé sa déception face à la réaction tiède de certains de ses homologues européens à la décision prise par l’Iran d’enrichir de l’uranium à 20 %.

Un tribunal de Jérusalem a, la semaine dernière stoppé la vente de 1 257 logements dans le quartier Givat HaMatos après une plainte déposée par les Palestiniens, qui ont affirmé que le processus d’achat mis en place pour l’acquisition de ces logements était discriminatoire à leur encontre.

La cour a toutefois permis aux appels d’offres de reprendre mardi, selon l’organisation de gauche Ir Amim qui avait aidé à déposer la plainte.

Caravanes dans le quartier de Givat Hamatos de Jérusalem, 5 juillet 2020. (Autorisation : Lior Mizrahi/Flash90)

Une audience consacrée à la plainte d’Ir Amim aura lieu le 27 mai, a fait savoir le groupe de défense des droits. Selon les documents déposés auprès du tribunal, 501 logements – soit environ 40 % des appartements de Givat Hamatos – sont vendus dans le cadre d’un nouveau programme du gouvernement israélien subventionnant un logement à coût abordable pour les jeunes familles. Mais seuls les citoyens israéliens sont éligibles à ce programme et, selon la loi israélienne, les Palestiniens de Jérusalem-Est sont définis comme étant des résidents permanents mais pas comme des citoyens de l’Etat juif.

S’il était construit, Givat Hamatos deviendrait le premier nouveau quartier juif de Jérusalem-Est en deux décennies. L’emplacement de ce quartier a suscité des inquiétudes, certains groupes de gauche estimant qu’il rendrait plus difficile l’établissement d’une capitale palestinienne adjacente à Jérusalem dans le cadre d’un accord de paix.

Le plan de construction de Givat Hamatos avait été avancé pour la première fois en 2012, entraînant une large condamnation de la part de la communauté internationale. Il avait été reporté à plusieurs reprises pendant près de huit ans.

Le représentant de l’UE auprès des Palestiniens Sven Kühn von Burgsdorff pendant une visite dans le quartier controversé de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est, le 16 novembre 2020. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Dimanche, quelques jours avant l’investiture de Joe Biden, l’Administration civile a annoncé que la construction de 780 logements avait été approuvée dans les implantations, un grand nombre situés dans les profondeurs de la Cisjordanie.

Dans un communiqué émis cette semaine, l’UE a souligné encore une fois que son positionnement était que « les implantations sont illégales au regard du droit international ».

« Ces initiatives sont aussi contre-productives au vu des événements positifs qu’ont constitué les accords de normalisation conclus entre Israël et un certain nombre d’Etats arabes », a continué le communiqué.

Des manifestants portant le drapeau israélien interviennent lors d’une conférence de presse de responsables de l’Union européenne en visite sur le site de construction de Givat Hamatos à Jérusalem-Est, le 16 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

La plus grande partie de la communauté internationale considère les constructions dans les implantations comme une violation du droit international. En 2019, pourtant – un retournement historique – le département d’Etat américain a déclaré avoir conclu que « l’établissement des implantations civiles israéliennes en Cisjordanie n’est pas, en soi, contradictoire avec la loi internationale ». Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo était devenu, au mois de novembre, le premier haut-diplomate américain à se rendre dans une implantation de Cisjordanie.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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