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L’Université du Wisconsin s’excuse pour le graffiti « Le sionisme est un génocide »

D’autres messages, vus sur le campus, disent « Le sionisme est un racisme », évoquant des organisations « sionistes » au sein de l’université, avec « du sang sur les mains »

Graffitis haineux dirigés contre des organisations étudiantes 'sionistes' sur le campus de l’Université du Wisconsin, le jour de la rentrée, en septembre 2022. (Capture d’écran/WKOW, utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur le droit d’auteur)
Graffitis haineux dirigés contre des organisations étudiantes 'sionistes' sur le campus de l’Université du Wisconsin, le jour de la rentrée, en septembre 2022. (Capture d’écran/WKOW, utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur le droit d’auteur)

Les administrateurs de l’Université du Wisconsin-Madison ont présenté des excuses à leurs étudiants juifs après la découverte de graffitis contre des organisations étudiantes « sionistes » autour du campus, en cette semaine de rentrée.

Les responsables de l’université ont qualifié ces graffitis d’antisémites. Ils ont déclaré ignorer l’identité de leurs auteurs.

Selon des informations et images diffusées par l’American Jewish Committee (AJC), certains graffitis disent « Le sionisme est un racisme » ou encore « Le sionisme est un génocide », évoquant des organisations « sionistes » au sein de l’université « avec du sang sur les mains ».

« Ces propos sont clairement antisémites : ils attribuent certains actes ou croyances à des groupes d’étudiants juifs », ont déclaré mercredi lori Reesor, vice-chancelière de l’UW, et LaVar J. Charleston, responsable des questions de diversité, dans un communiqué commun.

« Nous disons à nos étudiants juifs ainsi qu’à l’ensemble des personnes affectées par ces graffitis combien nous sommes désolés de l’impact que cela a eu sur votre premier jour de classe à l’UW », ont poursuivi Reesor et Charleston. « Nous avons à cœur que chaque étudiant se sente à sa place sur le campus, et ce genre de message nuit à notre aspiration. »

L’université compte plus de 4 000 étudiants juifs, selon UW Hillel.

Le président de la Fondation Hillel de l’université, Greg Steinberger, a déclaré à Madison.com que ces messages de haine plaçaient « la rentrée sous des auspices pénibles et effrayants » et que les étudiants juifs « étaient pris pour cible en raison de leurs intérêts, dans un acte de haine conçu pour blesser et faire du tort ».

Il a appelé les administrateurs à enquêter sérieusement afin d’identifier les auteurs des graffitis.

Steinberger n’a pas répondu à une demande de commentaire de la Jewish Telegraphic Agency.

Dans leur déclaration, les administrateurs de l’UW ont rappelé que les graffitis étaient, à titre général, protégés par la liberté d’expression sur le campus, mais que pour autant « ce n’était pas parce que quelque chose n’était pas interdit que c’était nécessairement une bonne idée ».

Une organisation juive a écrit le nom de son compte Instagram à côté de certains graffitis, s’affirmant « fièrement pro-Israël ».

Ces dernières années, le débat au sein des campus à propos d’Israël ou de l’antisémitisme a eu tendance à se traduire par des attaques contre des organisations étudiantes juives. Des militants pro-palestiniens à l’Université Tufts et dans la région de Boston, s’en sont pris à des organisations juives libérales et des organisations pro-israéliennes ont, sur certains campus, été montrées du doigt, dénoncées comme « sionistes » et, à ce titre, vouées à l’ostracisme.

Les dernières controverses en date sur les campus ont, par exemple, porté sur le refus du gouvernement étudiant de l’Université Duke de reconnaître le bien-fondé d’organisations pro-israéliennes et, à l’Université d’État de l’Ohio, sur la prise de distance envers Israël.

Des groupes de surveillance juridiques se sont impliqués dans les deux cas afin de faire pression sur les administrateurs du campus.

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