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L’Unrwa déplore des aides étrangères « insuffisantes »

L'agence pour l'aide aux réfugiés Palestiniens controversée a annoncé avoir obtenu mardi des promesses de dons totalisant 614 millions de dollars

Le Commissaire général de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, prend la parole lors d'une conférence de presse au siège de l'UNRWA à Gaza, le 26 novembre 2020. (AP Photo / Adel Hana)
Le Commissaire général de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, prend la parole lors d'une conférence de presse au siège de l'UNRWA à Gaza, le 26 novembre 2020. (AP Photo / Adel Hana)

L’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés Palestiniens (Unrwa) controversée a annoncé avoir obtenu mardi des promesses de dons totalisant 614 millions de dollars, très en-deçà des besoins de financement de l’organisation controversée, qui peine à boucler son budget annuel.

Israël, présent à la conférence et représenté par le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej, prévoyait de pousser les pays à accroître l’aide versée aux Palestiniens.

« Au cours de nos réunions, dans les prochains jours, le message que nous allons transmettre aux pays-donateurs sera d’apporter davantage d’aides aux Palestiniens. Les négligences, au cours des dernières années, ont entraîné une crise financière qui ne menace pas seulement l’Autorité palestinienne mais toute la région », avait dit Frej lors d’un entretien téléphonique avec le Times of Israel.

« Israël et l’Autorité palestinienne ne forment qu’une seule et même unité économique. Pas de faveur accordée à une partie au détriment de l’autre ici – c’est favorable aux deux. Une Autorité palestinienne forte bénéficiera à Israël », avait ajouté Frej, qui est membre du parti du Meretz de gauche.

Issawi Frej, député du Meretz, durant une réunion de la commission des Affaires économiques à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Lors de sa conférence annuelle des donateurs, organisée à Bruxelles, « huit Etats membres (de l’agence) ont annoncé des promesses cumulant plus de 614 millions de dollars, via des accords pluriannuels nouveaux ou renouvelés, courant sur des périodes de deux à cinq ans », a précisé l’Unrwa dans un communiqué.

Pour autant, ces fonds restent « insuffisants » : « La combinaison de ces annonces et des promesses existantes, si elles se concrétisent entièrement, n’équivaudrait qu’à 40 % des besoins du budget de base de l’agence pour 2022 », a-t-elle regretté.

Pour ses trois activités principales – éducation, santé et protection sociale -, l’Unrwa avait annoncé début octobre chercher à obtenir 800 millions de dollars par an.

Et en dépit de contributions supplémentaires de fin d’année s’élevant à 38 millions de dollars, l’organisation a toujours besoin de trouver 60 millions de dollars pour boucler son budget 2021, au risque de devoir cesser certains programmes.

« L’Unrwa continue de subir des manques de fonds catastrophiques et répétés, qui menacent d’accroître la vulnérabilité de son personnel et des millions de personnes qu’elle aide, en les privant des besoins de première nécessité », ont averti dans une déclaration commune le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi et son homologue suédoise Anne Linde, co-présidents de la conférence.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, lors d’une conférence de presse à Berlin, le 10 mars 2021. (Kay Nietfeld/Pool/AFP)

Ils ont appelé mardi « la communauté internationale à réformer structurellement le modèle de financement de l’agence », notamment avec des engagements de longue durée.

L’objectif avancé des 800 millions de dollars doit permettre de garder ouvertes les quelque 700 écoles gérées par l’organisme onusien, où sont scolarisés 550 000 enfants, comme les centres de santé et continuer à fournir une protection sociale aux réfugiés palestiniens, avait précisé début octobre le commissaire général de l’Unrwa, Philippe Lazzarini.

A ces 800 millions de dollars, s’ajoute la nécessité de fonds pour l’aide humanitaire assurée par l’agence, estimés pour 2022 à un demi-million de dollars, avait ajouté le responsable.

« Nous continuons aujourd’hui à nous battre, à courir après du cash » et « je ne sais jamais à l’avance si je vais être en mesure de payer les salaires des quelque 28.000 employés » de l’Unrwa, avait-t-il déploré.

L’Unrwa fournit une aide à plus de cinq millions de réfugiés palestiniens enregistrés auprès d’elle, dans les Territoires palestiniens, en Jordanie et au Liban.

En août, l’UNRWA avait annoncé avoir ouvert une enquête sur les allégations d’antisémitisme et de parti pris anti-israélien portées contre dix de ses employés à travers le Moyen-Orient. UN Watch – un groupe pro-israélien qui surveille les activités de l’ONU – avait alors publié un rapport alléguant que 22 membres du personnel de l’UNRWA s’étaient livrés à des incitations à la haine en ligne

Le Parlement européen, l’un des trois organes législatifs de l’Union européenne (UE), a présenté en septembre un amendement qui conditionne le versement de plus de 23 millions de dollars de fonds européens à l’UNRWA, sous réserve d’une modification des manuels scolaires de l’Autorité palestinienne (AP), faisant trop souvent l’objet d’incitation à la violence.

Sous l’administration de l’ancien président américain Donald Trump, Washington a largement réduit le financement de l’Autorité palestinienne et de l’UNRWA.

Mais l’administration Biden a relancé le financement de l’agence, ajoutant 150 millions de dollars d’aide économique, tout en insistant sur le fait qu’elle pousserait à des réformes au sein de l’agence et ne tolérerait aucun parti pris anti-israélien.

Israël a longtemps fait pression pour la fermeture de l’UNRWA, arguant que l’Agence contribue à perpétuer le conflit avec les Palestiniens puisqu’il confère le statut de réfugié aux descendants des personnes initialement déplacées à l’époque de la guerre d’indépendance d’Israël.

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