Manque de personnel et d’équipements pour un troisième scrutin
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Manque de personnel et d’équipements pour un troisième scrutin

La commission centrale électorale fait aussi face à de sérieuses difficultés budgétaires après les deux dernières élections

La président de la Commission centrale électorale Orly Adas lors d'une conférence de presse à la Knesset le 5 décembre 2019.(Olivier Fitoussi/Flash90)
La président de la Commission centrale électorale Orly Adas lors d'une conférence de presse à la Knesset le 5 décembre 2019.(Olivier Fitoussi/Flash90)

Jeudi, la directrice de la Commission centrale électorale a prévenu que la commission n’est actuellement pas prête face à l’éventualité d’un troisième scrutin en moins d’un an, alors que cette option semble de plus en plus probable.

« Nous n’avons pas le personnel, les bureaux et les équipements. Les réserves sont vides. Voilà la situation actuelle », a déclaré Orly lors d’une conférence de presse organisée à la Knesset.

Elle a déclaré que la commission faisait face à de sérieuses difficultés budgétaires après les deux dernières élections.

« Nous n’avons pas de professionnels qui connaissent bien le travail électoral », a-t-elle déclaré.

Adas, qui plus tôt ce mois-ci a fait savoir que la date la plus proche possible pour tenir un troisième scrutin était le 25 février, a expliqué qu’il n’était pas possible de procéder à un nouveau vote avant parce que les partis ont besoin de temps pour former des listes électorales et la Cour suprême doit statuer pour savoir si des candidats ont le droit de concourir ou non.

« On ne peut pas réduire ces périodes », a-t-elle souligné.

A titre d’illustration : Un homme vote dans un bureau de vote à Jérusalem lors des élections à la Knesset, le 17 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La commission aura surement besoin d’un nouveau président, après que le juge de la Cour suprême Hanan Melcer a prévenu le mois dernier qu’il n’y avait « aucune chance » qu’il occupe ce poste pour la troisième fois de suite.

Selon la loi israélienne, le chef de la commission centrale électorale doit être un membre de la Cour suprême choisi par les autres juges. Aucun autre juge de la plus haut institution juridique israélienne n’a exprimé publiquement de l’intérêt pour occuper le poste.

Deux scrutins, en avril et en septembre, n’ont pas permis la formation d’un gouvernement élu – une première dans l’histoire politique israélienne. La Knesset a maintenant jusqu’à la date butoir du 11 décembre pour qu’au moins 61 élus acceptent de former un gouvernement, ou le Parlement sera dissous et une troisième élection aura lieu.

Ni le Likud de Netanyahu ni Kakhol lavan de Benny Gantz n’ont réussi à former un gouvernement, même si tous les deux affirment vouloir éviter un troisième scrutin.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)

Ces derniers jours, des articles de presse ont indiqué que le Likud cherchait à passer un accord d’unité qui laisserait Netanyahu au poste de Premier ministre pendant six mois, puis Gantz prendrait ensuite le pouvoir. Mais Kakhol lavan a exprimé des inquiétudes que Netanyahu rechigne à quitter le pouvoir, après avoir profité de ce laps de temps afin d’obtenir l’immunité dans des affaires criminelles qui le visent.

Un article de presse de mardi dévoilait les détails d’un large accord qui verrait Netanyahu rester au poste de Premier ministre pendant trois ou six mois, et donnerait à Kakhol lavan plusieurs ministères importants. Les deux partis soutiendraient l’annexion de la Vallée du Jourdain en Cisjordanie. Un certain nombre de points de désaccord laissent penser que l’accord potentiel est loin d’être validé, a expliqué la Treizième chaîne.

Cette impasse politique sans précédent a entraîné la première contestation sérieuse de Netanyahu au sein de son parti depuis qu’il a pris la tête du Likud après Ariel Sharon à la fin 2005. Le Comité central du Likud doit se réunir dimanche pour lancer le processus d’organisation des primaires du parti, ont fait savoir des officiels.

Le mois dernier, le Procureur général Avichai Mandelblit a annoncé qu’il engageait des poursuites criminelles, dont corruption, fraude et abus de confiance, contre Netanyahu dans trois enquêtes.

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