Marvin Miller va (enfin) être intronisé au Temple de la renommée du baseball
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Marvin Miller va (enfin) être intronisé au Temple de la renommée du baseball

Le syndicaliste juif avait notamment lancé l'ère de la free agency ; Mais une controverse a vu le jour car la cérémonie, retardée, aura lieu le jour de Rosh HaShana

Cette photo d'archive du 16 juillet 1981 montre le leader du syndicat du baseball américain, Marvin Miller, s'adressant aux journalistes après avoir rejeté une proposition visant à mettre fin à une grève du baseball, à New York. (Crédit : AP Photo/Howard, File)
Cette photo d'archive du 16 juillet 1981 montre le leader du syndicat du baseball américain, Marvin Miller, s'adressant aux journalistes après avoir rejeté une proposition visant à mettre fin à une grève du baseball, à New York. (Crédit : AP Photo/Howard, File)

Il a fallu plusieurs tentatives, mais Marvin Miller, le chef juif pendant un bon moment de l’Association des joueurs de la Major League Baseball (MLB), qui a changé le sport en transformant le syndicat des joueurs américains en une puissance, sera finalement intronisé au Temple de la renommée du baseball.

Il y a un hic : la cérémonie d’intronisation, retardée par la pandémie, doit avoir lieu le jour de Rosh HaShana.

Le Hall of Fame de Cooperstown, à New York, a annoncé le mois dernier que la cérémonie d’intronisation serait déplacée de son créneau habituel de juillet au 8 septembre, soit le deuxième jour de Rosh HaShana cette année. Aucune raison n’a été donnée explicitement, mais un communiqué du 9 juin suggérait que ce changement avait été fait dans l’espoir qu’il serait plus sûr d’organiser une cérémonie en personne dès septembre, alors que la pandémie de coronavirus s’atténue.

« La planification continue d’être adaptée aux directives établies par les Centres de contrôle des maladies et l’État de New York », indiquait le communiqué, retiré depuis du site Web du Hall of Fame.

Dans une chronique publiée la semaine dernière sur Religion News Service, le rabbin Joshua Hammerman, du Temple Beth El de Stamford, dans le Connecticut, a déclaré que le calendrier était un « scandale » et a dénoncé le silence des Juifs américains sur cette question.

« Le baseball avait le choix entre de nombreuses dates, mais il a opté pour l’un des trois jours les plus sacrés de l’année juive pour cette consécration sacrée », a écrit M. Hammerman.

Les joueurs et les fans de baseball ont longtemps plaidé pour l’intronisation de Miller, décédé en 2012 à 95 ans, au Hall of Fame en raison de sa profonde influence sur le jeu.

Sur cette photo d’archives du samedi 13 mars 1976, Marvin Miller, directeur exécutif de l’association des joueurs de baseball, tient une conférence de presse à Saint-Pétersbourg, en Floride, sous le regard du lanceur Tom Seaver des Mets de New York, à l’arrière gauche, et de Reggie Smith des Cardinals de Saint-Louis. (Crédit : AP Photo/File)

Miller a grandi à Flatbush, Brooklyn, en supportant les Dodgers. Il a travaillé pour d’autres syndicats, notamment les Métallurgistes unis, avant de travailler dans le baseball. À la tête de la MLBPA [Major League Baseball Players Association / syndicat des joueurs de la Ligue majeure de baseball] de 1966 à 1982, il a utilisé des tactiques musclées, telles que des procès et des grèves, pour faire échouer la « clause de réserve », vieille d’un siècle, qui liait les joueurs à une équipe. Cette décision a marqué le début de l’ère de la free agency [situation d’un athlète qui n’est pas sous contrat et qui peut mettre ses services aux enchères et signer un contrat avec l’équipe qui lui  offre le plus d’argent].

Lorsque Miller a commencé, le salaire minimum dans la MLB était de 7 000 dollars par an ; à sa mort, il était de 480 000 dollars.

Lorsque Miller a pris sa retraite en 1982, Peter Seitz, l’arbitre qui a statué en faveur des joueurs dans l’affaire de la clause de réserve, a déclaré au New York Times que Miller était « le Moïse qui avait conduit les enfants d’Israël du baseball hors de la terre de servitude ».

Miller a été inscrit pour la première fois sur le bulletin de vote du Hall of Fame en 2003, mais jusqu’en 2020, il n’a pas atteint le ratio de 75 % des votes requis par le panel. Les critiques du Hall of Fame ont attribué cette longue attente au ressentiment persistant des propriétaires, qui ont leur mot à dire dans le vote.

M. Hammerman a fait remarquer que le Hall of Fame avait publié sur son site Internet un article faisant l’éloge de Sandy Koufax, le lanceur des Dodgers de Los Angeles qui, lors d’une série mondiale en 1965, s’était abstenu de jouer pour respecter Yom Kippour.

« Que ferait Sandy Koufax de cette erreur involontaire de la Major League Baseball ? » dit Hammerman. « Que devraient faire les Juifs ? Si nous admettons qu’un match des World Series ne peut pas être facilement déplacé de son perchoir naturel d’octobre, la cérémonie du Hall of Fame, qui se déroule généralement en juillet, pourrait très certainement être fixée à un autre jour que le 8 septembre. »

Derek Jeter, l’arrêt-court des New York Yankees, Ted Simmons, le receveur des St. Louis Cardinals, et Larry Walker, le voltigeur des Colorado Rockies, rejoindront Miller sur la liste des intronisés de 2020. Miller sera le cinquième juif à être intronisé au Temple de la renommée – les joueurs Koufax, Hank Greenberg et Lou Boudreau, ainsi que le propriétaire des Pirates de Pittsburgh, Barney Dreyfuss, l’ont précédé.

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