Massacre des JO de Munich : Une veuve salue l’hommage aux victimes à Tokyo
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Massacre des JO de Munich : Une veuve salue l’hommage aux victimes à Tokyo

Quelques jours après la cérémonie en l'honneur des victimes israéliennes de l'attentat de 1972, l'envoyée israélienne a demandé au monde de se dresser contre le terrorisme

Ankie Spitzer s'exprime lors d'une cérémonie en hommage aux victimes du massacre des J.O. de Munich, survenu en 1972le er août 2021. (Capture d'écran : Facebook)
Ankie Spitzer s'exprime lors d'une cérémonie en hommage aux victimes du massacre des J.O. de Munich, survenu en 1972le er août 2021. (Capture d'écran : Facebook)

Une cérémonie officielle a eu lieu dimanche à Tokyo en hommage aux 11 athlètes israéliens qui avaient été assassinés pendant les Jeux olympiques de Munich en 1972, quelques jours après la cérémonie d’ouverture des Olympiades japonaises qui a compris, pour la toute première fois, une commémoration officielle des victimes mortes lors de l’attentat terroriste qui avait été commis il y a presque 50 ans.

La cérémonie qui a eu lieu à l’ambassade israélienne au Japon, dimanche, a rassemblé les athlètes israéliens participant aux J.O de Tokyo, les membres des familles des victimes ainsi que le président du Comité olympique international.

« Même si 49 années se sont déjà écoulées, la tragédie est encore gravée dans notre mémoire collective et elle y restera », a déclaré l’ambassadrice israélienne au Japon, Yaffa Ben-Ari. « Le souvenir de nos victimes n’est pas seulement un rappel fait aux responsables de l’État d’Israël de l’impératif de s’occuper des vies des Juifs, mais aussi un rappel, pour tous les responsables du monde, que pour lutter contre le mal, nous devons tous nous rassembler et condamner le terrorisme ».

Ankie Spitzer, veuve d’André Spitzer, entraîneur de l’équipe israélienne d’escrime assassiné pendant l’attentat, a remercié avec force le président du Comité olympique international Thomas Bach pour le geste réalisé en hommage aux défunts pendant la cérémonie d’ouverture, le qualifiant de « moment glorieux » ayant permis « d’enfin réaliser que nos onze disparus bien-aimés sont reconnus comme des membres à part entière de la famille olympique et qu’ils ne sont plus ignorés parce que Juifs et Israéliens ».

« Il suffit parfois d’un homme pour faire la différence », a-t-elle ajouté après avoir fait une action de grâce émue, Shechiyanu, au tout début de son discours.

« Les blessures profondes qui nous ont été infligées lors des Jeux olympiques de Munich ne guériront jamais mais la vie est différente aujourd’hui – elle est plus brillante et plus porteuse d’espoir », a-t-elle continué.

Les 11 victimes israéliennes des Jeux olympiques de Munich.

Bach a déclaré à la cérémonie que « nous savons qu’aucune cérémonie, aucun souvenir ne pourront remplir le vide laissé par ces vies prises avec tant de violence. Par ces actes de commémoration, nous avons voulu honorer la mémoire des disparus et tenter également d’apaiser les blessures du passé ».

Pendant la cérémonie d’ouverture, le 23 juillet, des hommages ont été rendus aux personnes décédées pendant la pandémie et à travers toute l’Histoire des Jeux olympiques. La délégation israélienne qui avait été tuée au cours des JO de Munich a été spécifiquement mentionnée. Une minute de silence a eu lieu dans le stade, ainsi qu’un spectacle chorégraphique en l’honneur des défunts.

« Nous nous souvenons en particulier de ceux qui ont perdu la vie pendant les Jeux olympiques », a déclaré l’annonceur. « Un groupe occupe une place particulièrement forte dans nos souvenirs : celui des membres de la délégation israélienne aux Jeux olympiques de Munich, en 1972. »

Lors de cet attentat, onze athlètes israéliens avaient été assassinés par le groupe terroriste palestinien Septembre noir. Deux Israéliens avaient été tués dans le village olympique et l’organisation palestinienne avait kidnappé neuf autres personnes, réclamant la libération de centaines de prisonniers palestiniens ainsi que celle de deux éminents militants ouest-allemands de gauche.

Après une tentative des forces de sécurité allemande de récupérer les otages – une opération qui avait avorté – les Palestiniens avaient retourné leurs armes contre les Israéliens. Il n’y avait eu aucun survivant.

Les onze victimes avaient été David Berger, Zeev Friedman, Yoseff Gutfreund, Moshe Weinberg, Yoseff Romano, Mark Slavin, Eliezer Halfin, Yakov Springer, Andre Spitzer, Amitzur Shapira et Kehat Shorr. Leurs histoires individuelles sont à découvrir en anglais sur ce post de blog de 2014.

Ils devaient participer, entre autres, à des épreuves de lutte, d’escrime, d’haltérophilie et d’athlétisme.

Cela fait des années que les familles des victimes de Munich se battent pour une plus grande reconnaissance de leurs défunts de la part du Comité olympique international (CIO). Ce dernier avait été critiqué pour son refus de faire une minute de silence en hommage aux victimes israéliennes lors de l’ouverture des Jeux olympiques de Londres, en 2012, quarante ans après l’attaque.

Spitzer et une autre veuve, Ilana Romano, ont assisté à la cérémonie d’ouverture.

« Justice est enfin rendue à nos maris, à nos fils et à nos pères assassinés à Munich », ont commenté les deux femmes dans un communiqué conjoint. « Nous avons traversé 49 années de combat et nous n’avons jamais renoncé. Il nous est impossible de retenir nos larmes. C’est le moment que nous attendions depuis si longtemps », ont-elles ajouté.

Ankie Spitzer et Ilana Romano, veuves d’André Spitzer et de Yoseff Romano, victimes de l’attentat de Munich en 1972, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, le 23 juillet 2021. (Autorisation)

En 2016, une cérémonie de commémoration avait eu lieu pour la toute première fois lors des J.O de Rio (mais pas pendant la cérémonie d’ouverture) lorsque l’Allemand Bach était déjà président du Comité olympique international.

Alors que deux veuves de victimes et plusieurs membres de l’équipe étaient présents, Bach avait alors déclaré que le massacre de Munich avait été « non seulement une attaque contre nos camarades des Jeux, mais aussi une agression contre les valeurs que le village olympique défend ».

Ilana Romano, au centre, et Ankie Spitzer, à droite, veuves d’athlètes tués pendant l’attentat des J.O de Munich en 1972, lors d’une cérémonie en hommage aux défunts, avant les Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro, au Brésil, le 3 août 2016. (Crédit : AP Photo/Edgard Garrido, Pool)

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