Israël en guerre - Jour 138

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Maurice Lévy dénonce l’isolement dans lequel se retrouvent les Juifs de France

L’homme d’affaires estime que, depuis le 7 octobre, "la plupart des Français juifs se sentent abandonnés, dans une forme d’insécurité physique et psychologique"

Maurice Lévy au Forum économique mondial, en 2008. (Crédit : World Economic Forum/CC-BY-SA, Wikimedia)
Maurice Lévy au Forum économique mondial, en 2008. (Crédit : World Economic Forum/CC-BY-SA, Wikimedia)

Face à la hausse de l’antisémitisme en France et au faible soutien apporté à Israël par les sociétés occidentales suite aux massacres du 7 octobre, les communautés juives de la diaspora ressentent un lourd isolement et font face à une incompréhension toujours plus forte.

Dans une tribune publiée dans Le Monde le 8 novembre, Maurice Lévy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe, profondément inquiet de ces conséquences liées au conflit en Israël et à Gaza, appelle à « affronter le danger [de l’antisémitisme] à bras-le-corps ».

Il rappelle que, déjà en 2002, il s’inquiétait dans le même journal d’un « antisémitisme nouveau, de plus en plus violent, différent de celui véhiculé par la droite traditionnelle ; un antisémitisme lié au conflit du Proche-Orient et importé dans nos banlieues, ancré dans nos cités, encouragé, voire suscité, par les radicaux islamistes, tandis qu’une gauche extrême et des écologistes au mieux fermaient les yeux et au pire le justifiaient, quand ils n’y participaient pas ».

Selon lui, « de crimes de sang en assassinats terroristes », l’État a pris très au sérieux cette menace, luttant « avec sincérité » contre ces menaces. Mais si les pouvois publics et les médias français ont, dit-il, pris la mesure du danger, il regrette que d’autres l’ignorent encore : « Où sont les penseurs (y en a-t-il encore ?), les ONG qui se qualifient d’humanitaires, les porte-étendards de la devise républicaine, et plus largement la solidarité nationale ? », écrit-il.

« Tout se passe comme si prendre pour cible une partie de la population, la moins aimée, la plus facile à attaquer – ‘Allons, il ne s’agit que des juifs’ –, n’avait aucune incidence sur ce qu’est la nation tout entière, son unité, son avenir. De fait, en cédant au nom du ‘pas de vagues’ et pour atteindre des objectifs électoraux peu glorieux, c’est le socle de notre société que l’on fragilise. »

Par ces propos, Maurice Lévy dénonce ainsi notamment les positions de responsables de la France insoumise, qui ont refusé de condamner clairement les actes terroristes du Hamas du 7 octobre.

Depuis cette date, « la plupart des Français juifs se sentent abandonnés, dans une forme d’insécurité physique et psychologique. Jamais, depuis la Shoah, la communauté juive de France ne s’était sentie aussi isolée », s’inquiète-t-il.

Il regrette que les histoires des quarante Français juifs assassinés le 7 octobre dans le sud d’Israël n’aient pas été largement partagées et ne soient pas connues du grand public, et que les portraits des otages n’aient été affichés que devant un nombre minime de mairies françaises – cela a été le cas à Béziers et Montpellier, tandis que Nice et Mérignac ont affiché des photos des otages sur des panneaux publics. Face à ce manque de soutien, l’homme d’affaires français juif dénonce une « anesthésie coupable, un mutisme sélectif, une indignation à deux vitesses ».

Il appelle en conclusion à une lutte féroce contre l’antisémitisme, estimant que « la cause palestinienne et la cause de la paix valent beaucoup mieux que la barbarie du Hamas, beaucoup mieux que le déferlement de haine antijuive déployée à travers le monde et tout près de nous ».

« Je ne vous demande pas d’adhérer à la politique israélienne, mais de condamner sans appel les exactions du Hamas comme vous savez le faire pour les bombardements de Gaza », indique-t-il.

Menacés par l’Allemagne nazie pendant la guerre, les parents de Maurice Lévy ont fui la France pour le Maroc, où il est né en 1942. Il a reçu en janvier 2008 l’International Leadership Award décerné par l’Anti-Defamation League américaine en récompense de son engagement en faveur de la tolérance et de la diversité. Il a été président du directoire de Publicis Groupe pendant 30 ans, de 1987 à 2017, et a été classé troisième « patron le plus performant » du CAC 40 par le magazine Challenges en 2013. Il a été fait Grand officier de la Légion d’honneur le 14 juillet dernier.

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