Ministère de la Santé néerlandais : des circonciseurs juifs enfreignent la loi
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Ministère de la Santé néerlandais : des circonciseurs juifs enfreignent la loi

Deux mohalim réputés ne disposant pas de diplômes médicaux vont être entendus par une équipe d'enquête gouvernementale

Illustration : cérémonie de circoncision. (Crédit : yoglimogli, iStock by Getty Images))
Illustration : cérémonie de circoncision. (Crédit : yoglimogli, iStock by Getty Images))

AMSTERDAM (JTA) — Certains des circonciseurs les plus demandés des Pays-Bas enfreignent la loi, a indiqué le Ministère de la Santé néerlandais.

La déclaration faite au micro de la chaîne NOS jeudi était liée à des révélations portant sur deux circonciseurs juifs, ou mohalim, qui réalisent souvent la procédure mais sans qualification ni diplôme médical. Les Pays-Bas disposent d’une poignée de mohalim, et certains des plus populaires ne sont pas reconnus comme des professionnels de santé.

Le reportage de la chaîne s’intéressait à Herman Loonstein, un célèbre avocat qui a pratiqué quelque 2 000 circoncisions, et Meir Villegas Henríquez, qui seront tous les deux entendus par une équipe d’enquête du ministère de la Santé en conséquence, aurait indiqué le ministère de la Santé d’après NOS.

« Il n’est pas correct que quiconque puisse réaliser des circoncisions parce que cette pratique relève de liberté religieuse ou parce qu’on sait le faire », a déclaré le porte-parole. « Bien sûr, nous tiendrons responsables ceux qui enfreignent la loi. Nous allons nous entretenir avec M. Loonstein. »

Jaap Sijmons, maître de conférence en droit médical, a expliqué à NOS que la loi interdisait à toute personne non répertoriée comme professionnel de santé de pratiquer toute opération, y compris la circoncision. Cependant, cela semble relever d’un certaine interprétation de la loi puisque celle-ci n’interdit pas explicitement de telles pratiques. Elle ne fait qu’établir une liste de professionnels autorisés à réaliser ce type d’opérations invasives. Et les circonciseurs n’y figurent pas.

Aux Pays-Bas, le ministère de la Santé peut décider de directives interdisant certaines pratiques. Mais elles peuvent être contestées devant un tribunal, où un juge est chargé d’interpréter la loi.

M. Loonstein, qui n’a jamais fait l’objet de plaintes à la suite de circoncisions, d’après le reportage, a fait savoir à NOS qu’il ne reconnaissait pas l’autorité du ministère en ce qui concerne la circoncision juive, ou brit milah.

« S’il me contactent, je leur demanderais quelle est leur responsabilité vs-à-vis de moi. Je n’ai rien à voir avec l’enquête du ministère de la Santé », a-t-il assuré à NOS.

La Société royale néerlandaise pour la promotion de la médecine, l’organisation professionnelle des médecins des Pays-Bas, avait appelé à l’interdiction de la circoncision non médicale des jeunes garçons en 2010, estimant qu’elle suscitait des risques inutiles et contrevenait aux droits des patients mineurs.

En 2013, l’Académie américaine de pédiatrie avait jugé que « les bienfaits de la circoncision sur les nouveaux-nés étaient supérieurs aux risques, mais les bienfaits ne sont pas suffisamment importants pour recommander la circoncision universelle des nouveaux-nés ».

En Europe de l’Ouest, les militants du bien-être des enfants, et d’autres opposés à l’immigration, défendent l’interdiction de la circoncision, mais aucun pays ne l’a adoptée. Plusieurs pays ont voté l’interdiction de la production de viande halal et casher.

En 2012, un tribunal allemand a jugé que la circoncision non médicale des enfants relevait de la maltraitance, à la suite de quoi le Parlement avait adopté une loi autorisant explicitement la pratique.

L’année suivante, en Norvège, un débat sur la question avait conduit au vote d’une loi obligeant la présence d’un médecin à chaque circoncision. La Suède avait adopté des lois similaires quelques années auparavant.

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