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Mise en garde de l’Ukraine contre le pèlerinage d’Ouman cet automne

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré "prématuré" de prendre une quelconque décision, mais des ultra-orthodoxes assurent que le rassemblement aura bien lieu

Rassemblement de Juifs dans la rue près du tombeau de Rabbi Nachman de Breslov à Uman, à la veille de la fête juive de Rosh Hashanah, le 6 septembre 2021. (Crédit : Flash90)
Rassemblement de Juifs dans la rue près du tombeau de Rabbi Nachman de Breslov à Uman, à la veille de la fête juive de Rosh Hashanah, le 6 septembre 2021. (Crédit : Flash90)

En raison de l’invasion russe, l’Ukraine a mis en garde jeudi les Israéliens contre les voyages pour le pèlerinage annuel sur la tombe du rabbin Nachman de Breslov, à Ouman, pour Rosh Hashanah.

L’ambassade d’Ukraine a publié un communiqué expliquant qu’en raison de la guerre, les touristes ne seraient pas autorisés à entrer dans le pays et que les célébrations du Nouvel An juif, qui tombe cette année à la fin du mois de septembre, étaient « incertaines ».

L’ambassadeur ukrainien en Israël, Evgueni Korniychuk, a expliqué aux médias ultra-orthodoxes que son pays « ne pouvait garantir la sécurité des pèlerins » en raison de l’offensive russe, demandant à la communauté ultra-orthodoxe de « prier pour la victoire de l’Ukraine ».

« Nous espérons que ces prières seront entendues et que l’Ukraine pourra à nouveau accueillir les visiteurs israéliens, et en particulier les Juifs désireux de se recueillir sur la tombe des justes », a-t-il ajouté.

Rabbi Nachman était une sommité du 18e siècle, fondateur du mouvement hassidique Bratslav. La ville d’Ouman, où se trouve la tombe du rabbin, reçoit en temps normal quelque 30 000 visiteurs, en majorité venus d’Israël, pour la fête de Rosh Hashanah, mais également des pèlerins originaires d’autres communautés juives de par le monde.

Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a déclaré jeudi au Times of Israel qu’il était « un peu prématuré » de prendre des décisions sur la question.

L’ambassadeur d’Ukraine en Israël, Yevgen Korniychuk, lors d’une déclaration à la presse sur l’invasion russe en Ukraine, à Tel Aviv, le 7 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Nous avons encore le temps – regardez, Rosh Hashanah est dans deux mois, donc nous avons encore du temps. Bien sûr, cela va dépendre de circonstances qui nous échappent : le conflit sera-t-il encore actif, comment les Ukrainiens percevront la question ? », a précisé Nahshon.

En dépit de la guerre, de nombreux membres de la communauté ultra-orthodoxe espèrent qu’une solution pourra être trouvée et que les célébrations auront effectivement lieu.

Natan Ben-Nun, président de l’Union Bratslav à Ouman, a déclaré à la radio de l’armée que « beaucoup de choses pouvaient changer d’ici les Grandes Fêtes » et que les préparatifs se poursuivaient en vue de la célébration.

« Je ne m’attends pas à ce que beaucoup de pèlerins fassent le déplacement, mais j’espère me tromper », a déclaré Ben-Nun.

Shlomi Elisha, chef adjoint de la division ukrainienne de United Hatzalah, a également assuré au quotidien Israel Hayom que des dispositions étaient prises en vue de l’accueil de pèlerins au moment de Rosh Hashanah, et que la communauté juive d’Ouman prenait des dispositions pour organiser le pèlerinage.

« Ouman est très loin de la ligne de front et la vie continue ici comme avant, à l’exception du couvre-feu nocturne », a expliqué Elisha, ajoutant que 150 à 200 personnes venaient chaque samedi se recueillir sur la tombe.

Des gardes-frontières ukrainiens bloquent la route des pèlerins juifs à la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine, en Biélorussie, le 15 septembre 2020. (Crédit : TUT.by via AP)

Au-delà des problèmes de sécurité, les voyages en Ukraine sont difficiles sur le plan logistique car il n’y a pas de vols commerciaux vers le pays. Le seul moyen de venir en Ukraine est de passer par la frontière terrestre, en train ou en bus. La frontière moldave est l’itinéraire le plus rapide vers Ouman.

Même au plus fort des restrictions de voyage pendant la pandémie, en 2020 et malgré les mises en garde du ministère de la Santé, des pèlerins ultra-orthodoxes ont tenté de se rendre en Ukraine. Des milliers d’Israéliens se sont rués en Ukraine, en septembre dernier, avant que Kiev ne ferme ses frontières de crainte d’une reprise de la pandémie. Certains ont tenté de contourner l’obstacle en passant par la Biélorussie mais en ont été empêchés par les autorités locales.

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